45ème SNIM : LES YEUX DANS LE BLEU…

Le soleil était au rendez-vous aujourd’hui en rade de Marseille. Les premières régates de la 45e SNIM se sont courues avec un léger vent de sud. Un round d’observation pour les 150 bateaux inscrits avant des conditions plus musclées annoncées ce week-end. Les Class40 s’apprêtent à passer une nuit en mer autour de Porquerolles, avant un retour dans la citée phocéenne demain en début de matinée.


Les Class40 ont été les premiers à s’élancer dans la rade sud un peu après 15 heures. Direction : Porquerolles. Poussés par un léger vent de secteur sud (5 nœuds), ils ont rapidement glissé vers les îles du Frioul. C’est le skipper de Mistral Loisirs, Thierry Bouchard, qui a passé l’île Maïre largement en tête. Taillés pour la course au large, ces vraies « luges des mers » devraient toucher plus d’air cette nuit et rentrer à Marseille au petit matin.

Chasse à l’air

En rade sud, les concurrents ont couru leur première manche dans des conditions de vent similaires, mettant les nerfs des tacticiens à rude épreuve. « C’est un galop d’entraînement aujourd’hui, un tour de chauffe » résume le président de la Société Nautique, Bernard Amiel. Mais ne nous y trompons pas : les équipages sont là pour gagner. « Certains ont le couteau entre les dents. Je ne donnerai pas de nom ! », s’amuse-t il. Des Open 5.70 jusqu’aux A 31, toutes les unités du rond Sud sont parties à la chasse du moindre souffle d’air, de la plus petite risée. « Le petit temps c’est technique, il faut se creuser la cervelle pour aller chercher de l’air. On peut se faire tuer comme on peut gagner gros », commente Jean-Pierre Bonnet qui est un habitué de la SNIM sur son Selection Le Petit Prince 2. Dans le rond Nord en revanche, malgré des efforts soutenus, le comité de course n’a pas pu lancer de manche faute de vent établi.

Le soleil en tout cas est de la partie. Pour le plus grand bonheur du Belge Philippe Pilate qui navigue sur son Half Tonner Général Tapioca depuis presque 30 ans. « D’habitude on fait le Spi Ouest France à la Trinité sur Mer à Pâques. Mais on voulait notre dose de soleil après un hiver super rude à Bruxelles. On aime bien la lumière de Marseille ».

Dépoussiérer les voiles et les hommes

La SNIM, 45e du nom, ne déroge pas à la règle : mêler sur un même plan d’eau professionnels et amateurs. « Ce mélange créé une émulation » explique le vice-président de la FFV (Fédération Française de Voile) en charge de la voile légère, Jean-Pierre Churet. « Il permet de faire monter le niveau et de faire de la SNIM une régate de haut niveau ». Sébastien Josse, Thierry Péponnet, Kito de Pavant, Marc Emig ou Alain Fédensieu : comme chaque année, des régatiers de haute volée ont répondu présents.

Pour les amateurs, la Semaine Nautique Internationale de Méditerranée signe la fin de l’hiver. « La SNIM c’est le début de la saison. On enlève les toiles d’araignées dans les voiles. On dépoussière les bateaux et les hommes », ironise Antoine Canovas le propriétaire du X 34 Satisfaxion. Les débats sur l’eau devraient se corser ce week-end puisque du vent d’est est annoncé pour demain, avant une bascule de Mistral.

La SNIM c’est aussi…

Des bateaux qui viennent parfois de loin. Joujou Extra 2 a été convoyé de Pornic cet hiver pour participer au circuit méditerranéen. Le propriétaire de cet A 40 RC en avait marre d’avoir froid !

Un chien à bord du Petit Prince 2. Le bien nommé Carbone fait sa 1ère SNIM. Son maître jure qu’il sait donner la patte tribord et bâbord.

Des vestes et des tee-shirts Slam. La marque italienne est partenaire de la 45e SNIM après avoir gagné la Coupe de l’America avec les équipiers du Team américain Oracle, et remporté le Trophée Jules Verne avec Franck Cammas.

Une femme qui préside le Comité de Course IRC Sud. Dominique Bérenger précise qu’elles sont une quinzaine en France à relever le défi.

Un jaugeur de l’IRC, Marc Broquaire qui est déjà monté à bord d’une quarantaine de bateaux pour vérifier notamment le matériel de sécurité. D’autres contrôles inopinés sont prévus pendant la SNIM.