Annonce de l’équipage sélectionné par Franck Cammas pour participer à la Volvo Ocean Race à bord de Groupama 4

Il ya un an, à quelques jours du départ de Groupama 3 pour sa seconde tentative de conquête du Trophée Jules Verne, Groupama annonçait sa participation aux deux prochaines éditions de la Volvo Ocean Race avec Franck Cammas.

« Notre engagement dans la Volvo Ocean Race jusqu’en 2015 traduit la dynamique de développement de notre Groupe qui s’est fortement internationalisé ces 3 dernières années, a commenté Jean Azéma , directeur général de Groupama . Nous avons choisi cette Course autour du monde pour promouvoir notre image et écrire ainsi une nouvelle page de notre histoire commune au plus grand bénéfice de Franck Cammas et de Groupama. Compte tenu de sa longévité sur le circuit, de sa dimension humaine et de son parcours international, la Volvo Ocean Race est à l’image des valeurs de Groupama qui se veut bâtisseur, humaniste et durable .»

Depuis novembre 2009, le Groupama Sailing Team n’a cessé de s’étoffer, de travailler à la conception du futur Groupama 4 mais aussi de naviguer à bord de Groupama 70, vainqueur de la dernière édition du Tour du Monde en équipage avec escales sous le nom d’Ericsson 4.

De son côté, le skipper Groupama s’adjugeait successivement le Trophée Jules Verne et la Route du Rhum à bord de Groupama 3. Un emploi du temps chargé qui ne l’empêchait pas de participer activement à la sélection de l’équipage qui participera à la Volvo Ocean Race.

Premier nommé, l’Irlandais Damian Foxall qui a déjà participé à trois éditions de la Volvo (2001, 2005 et 2008). A 41ans, le plus français des anglophones demeure à Lorient. Vainqueur de la Barcelona World Race avec Jean-Pierre Dick, Damian est très enthousiaste : « Dès le début, je me suis impliqué aux côtés de Franck dans la sélection de l’équipage. Il a fallu définir les expertises que l’on voulait réunir. Le plus grand défi, c’est de travailler en équipe d’une façon efficace, de mener Groupama 4 à 100% sur chacune des neuf étapes avec très peu de temps aux escales. En neuf mois, la fatigue s’accumule. A la fin, l’on sait vraiment que l’on a fait le tour du Monde. »

Damian occupera le poste de barreur, régleur et crew manager.

Selon Franck Cammas : « Quand Damian est sur un projet, celui-ci est souvent gagnant. Il vaut donc mieux l’avoir avec nous plutôt que contre nous ».

A 31 ans, l’Australien Phil Harmer participera à sa troisième édition de la Volvo Ocean Race (2005 et 2008). Phil vit à Hamble au Royaume Uni. « J’ai beaucoup de chance d’être dans le Groupama Sailing Team. Depuis l’appel de Damian avec lequel je naviguais sur Green Dragon, j’ai eu d’autres propositions. Mais je ne veux pas partir. Tout le travail qui est mis en place est fantastique, tant techniquement qu’humainement. A ce jour, aucune équipe ne pourrait faire mieux ».

Phil occupera le poste de barreur, régleur, piano et maître-voilier.

Selon Franck, : « Phil est spécialiste des voiles et de la manoeuvre. Très bon régleur, il est aussi maître-voilier ce qui est une compétence indispensable dans l’équipage ».

Suédois, Magnus Woxen prépare sa cinquième Volvo (1997, 2001, 2005 et 2008). Agé de 39 ans vivant à Stockholm, celui que l’on surnomme Baggy ne manque pas d’humour : « C’est peut-être parce qu’il a trouvé mon français « très bien » que Damian m’a contacté. L’équipe Groupama tire sa force de plus de dix ans d’expérience. Bien sûr, courir la Volvo est nouveau pour eux. Je leur apporte l’expérience de mes quatre Volvo successives. C’est une fusion de compétences ».

Magnus occupera le poste de barreur, régleur et consultant mât.

Selon Franck : « Magnus est un spécialiste de la Volvo Ocean Race. Il maîtrise vraiment ce que l’on connaît le moins de la Volvo Ocean Race. Les discussions et les négociations sont intéressantes avec lui car il a vraiment une autre vision. C’est ce qui fait le charme et la richesse de cet équipage ».

Premier Français sélectionné par Franck, Jean-Luc Nélias est une vieille connaissance puisque ensemble ils ont disputé une transat en double en Figaro. Ce Finistérien de 48 ans a occupé le poste de navigateur sur de nombreux bateaux mais seulement sur une étape de la dernière édition de la Volvo, à bord de Green Dragon : « C’est une course que j’ai beaucoup côtoyée mais qui était difficile d’accès car il n’y avait pas beaucoup de Français à la faire. J’ai postulé plusieurs fois dans des équipes anglo-saxonnes mais sans jamais de succès. Franck m’a très rapidement invité à rejoindre le Groupama Sailing Team à Lorient. C’est beaucoup de travail mais aussi un grand plaisir ».

Jean-Luc occupera le poste de navigateur.

Selon Franck : « Jean-Luc Nélias n’a jamais couru la Volvo mais, comme moi, il rêvait de la faire. Nous venons de remporter la Route du Rhum, lui en tant que routeur. C’est bon signe ».

A 36 ans, Charles Caudrelier est un vieil ami de Franck. Vainqueur de la Solitaire du Figaro et la Transat Jacques Vabre avec Marc Guillemot, il est conscient de ce nouveau challenge qui l’attend : « Je ne serais pas parti avec n’importe quelle équipe car la Volvo est, à mon avis, humainement très difficile. Tout seul sur un bateau autour du Monde, cela fascine les gens mais on n’a que soit à gérer. Quand il y a onze personnes autour du monde et que cela dure un an, c’est très dur ».

Charles occupera le poste de barreur, régleur, navigateur et responsable performance.

Selon Franck : « Je connais Charles depuis très longtemps, on a vécu dans la même maison pendant deux ans ! C’est quelqu’un qui est extrêmement performant comme l’a prouvé sa victoire en Figaro et il est très impliqué dans notre projet ».

Unique marin Français à avoir participé à la Volvo Ocean Race depuis Eric Tabarly en 1993, Sébastien Josse n’a pourtant que 35 ans. Domicilié dans le Morbihan, l’ancien skipper d’ABN AMRO 2 replonge dans l’extrême : « Depuis mes débuts en course au large, j’ai alterné courses en équipage et courses en solitaire. C’est un cycle. Le plus difficile dans une Volvo reste la promiscuité. C’est un peu comme vivre dans une caravane. Pendant deux ans, on est avec les mêmes personnes, avec des sacs, dans des hôtels. 90% de notre temps est consacré à la course et au team et le reste est mis entre parenthèse ».

Sébastien occupera le poste de barreur, régleur et responsable des systèmes embarqués.

Selon Franck : « Sébastien Josse est un des rares Français à avoir skippé un des bateaux de la Volvo Ocean Race dernièrement. C’est une vraie chance de l’avoir dans le Groupama Sailing Team ».

Triple vainqueur du Mini Fastnet, Yann Riou occupera un poste à part à bord de Groupama 4. A 36 ans, ce féru d’électronique et d’informatique sera Media Crew Member : « Le rôle du Media Man consiste essentiellement à prendre des images vidéo, à faire une sélection de plan et un premier montage et à l’envoyer à l’organisation et à l’équipe de communication pour que les images soient diffusées. Plusieurs petits tâches viennent se greffer autour de cela : la préparation de la nourriture – cuistot officiel et les petites tâches ménagères – technicien de surface de l’extrême ».

Yann n’aura donc pas le droit de toucher la moindre écoute, la moindre voile.

Selon Franck : « Il fallait un très bon navigant dans le rôle de media man car il faut savoir vivre à bord et travailler sur ce genre de bateau. Les navigations de Yann à bord des trimarans Groupama et en Mini font de lui le profil adapté ».

A 51 ans, Jacques Caraës est le doyen du bord. Détenteur du Trophée Jules Verne à bord de Groupama, il a aussi couru la Whitbread avec Eric Tabarly en 1993. Il est prêt à remettre son ciré : « Pour l’avoir vécu une fois, cette course fatigue les hommes, physiquement et moralement. Rares sont les équipes qui gardent la même composition tout au long du programme de course. Les remplaçants apportent de la bonne humeur, de la fraicheur et renforcent l’harmonie et la solidarité au sein du team. Les bateaux de la Volvo sont devenus tellement extrêmes que cela ne me déplaît pas de l’éloigner de la plage avant. La course est usante pour tout le monde, y compris le média man. On ne sera pas trop de deux pour s’épauler ».

Jacques sera donc le remplaçant de Yann Riou.

Selon Franck : « Je connais très bien Jacques pour avoir fait plusieurs Jules Verne avec lui, même si un seul est arrivé au bout. C’est quelqu’un d’extrêmement solide, qui a déjà fait plusieurs tours du monde et qui est, en plus, toujours agréable sur un bateau ».

Particularité de cette onzième édition de la Volvo Ocean Race, trois équipiers doivent être âgés de moins de trente ans au moment du départ.

Suédois et tout juste âgé de moins de trente ans, Martin Krite est navigateur professionnel. A ce titre, il a participé à la dernière édition de la Volvo Ocean Race à bord d’Ericsson 3. Mais il est aussi pasteur : « La religion est une partie importante de moi. J’ai une foi personnelle et cela influence ma vie de tous les jours, et pas uniquement quand je suis en mer. Mais je suis dans l’équipe en tant que navigant et non en tant que pasteur. Si l’un des gars souhaite avoir une discussion avec moi à ce propos, je lui répondrai avec plaisir. Mais je n’imposerai pas ma croyance ».

Martin sera numéro 1 et boat captain

Selon Franck : « Martin ne se plaint jamais et est très dur au mal. En tant que Suédois, il n’a pas peur du froid, ni des embruns. Agréable, toujours positif, travailleur et courageux, il fait partie des équipiers de moins de trente ans qui ont de l’expérience ».

Il est rare de voir un bateau engagé dans la Volvo Ocean Race qui n’embarque pas de Néo-Zelandais. Le Groupama Sailing Team n’échappe pas à la règle avec l’arrivée de Brad Marsh, âgé de 27 ans. Membre de l’équipe à terre d’Ericsson, navigant à bord du Class America Team New Zealand lors de Louis Vuitton Trophy, il est très déterminé : « J’étais très enthousiaste de découvrir le côté français de la course au large ainsi que la culture française. La façon de gérer un projet est différente. Vous apportez beaucoup d’importance aux détails, vous êtes très focalisés. C’est très intéressant de voir cela de l’intérieur et d’apprendre aux côtés de gens comme Franck Cammas ».

Brad sera numéro 1 et responsable du gréement.

Selon Franck : « Brad est arrivé récemment dans le Team. Il était dans l’équipe à terre d’Ericsson 3 et n’a donc pas navigué en course. Mais c’est un marin enthousiaste qui va travailler à un poste compliqué et parfois dangereux où il faut du courage et je crois qu’il en a ».

Martin Strömberg sera le troisième suédois du bord. A 28 ans, il a déjà une Volvo Ocean Race à son actif, à bord d’Erisson 3 : « Nous ne parlons pas bien le français mais bien l’anglais. Chose amusante, quand nous sommes tous les trois ensemble sur le pont, les autres ont baptisé cela le « quart IKEA ». Nous avons un réel potentiel de victoire, même si l’équipe n’a jamais fait la Volvo. Certains d’entre-nous l’ont faite plusieurs fois et il y a aussi l’expérience de Franck en multicoque. Au final, cela fait quand même pas mal de tours du monde au compteur. Franck est toujours là pour amener le bateau et l’équipage au maximum. Je trouve cela très plaisant et stimulant ».

Martin sera régleur, piano et voilier.

Selon Franck : « Martin est un grand gabarit et on en a aussi besoin sur le bateau. C’est quelqu’un de très calme et en même temps rigoureux qui fait très bien son travail ».

N’allez pas croire qu’il faille être étranger pour avoir les compétences nécessaires pour régater autour du monde à moins de trente ans. La preuve avec Erwan Israël qui disputera sa première Volvo Ocean Race. Connu sur le circuit Figaro, il découvre le VOR 70 : « Les bateaux sont puissants, poussés en permanence à 100%. Il ne va pas falloir se laisser impressionner par les paquets d’eau sur le pont. Les navigations sont grisantes. La participation d’un bateau français va permettre de former des jeunes Français à la Volvo Ocean Race. Je suis heureux d’en faire partie ».

Erwan sera régleur, barreur et responsables des manoeuvres sur les courses inshores et aussi de la sécurité.

Selon Franck : « Erwan est un excellent régatier. Un jeune aussi et j’espère qu’il va venir faire des étapes. C’est aussi notre rôle de former des Français à la Volvo Ocean Race ».

Last but not least, Sébastien Marsset est un spécialiste de la Mini. Technicien de Groupama 3, il est à 25 ans le plus jeune de l’équipe : « C’est un tour du monde et ce n’est déjà pas anodin. C’est une compétition et une histoire humaine forte. Que ce soit au sein du shore team ou de l’équipe navigante, cela va être riche. Ce qui est clair, c’est que j’ai beaucoup à apprendre des autres. Je dois m’imprégner de leurs expériences. Au final, je m’intègre plutôt bien et je n’ai pas subi de bizutage. On dit de moi que je suis le plus sportif mais je m’entraîne comme les autres ».

Sébastien sera régleur, piano et responsable de l’accastillage et de la sécurité.

Selon Franck : « Seb est arrivé avec un CV pas très fourni mais avec une attitude et une motivation excellente pour l’équipe. Il a commencé avec l’équipe à terre et il a prouvé en naviguant quelques fois qu’il était motivé et de plus en plus performant dans la manoeuvre et la gestion du bateau ».

Outre ces douze navigants, le skipper Groupama s’appuie sur des chefs de départements pour mener à bien l’engagement du groupe Groupama dans la Volvo Ocean Race.

A 57 ans, Luc Gellusseau est le premier d’entre-eux à avoir rejoint le Groupama Sailing Team. En charge des relations avec les organisateurs et notamment de l’analyse des règles de courses particulières à la Volvo Ocean Race, il veille qu’à chaque étape du projet – entrainement, construction de Groupama 4, fabrication des voiles et constitution de l’équipage – les décisions prises soient en conformité avec les règles de course.

Chef de quart à bord de Téléfonica lors de la dernière édition de la course, Laurent Pagès, 34 ans, a rejoint le Groupama Sailing Team en août 2009, en charge du programme voiles : « Le nombre de voiles autorisées a diminué par rapport à l’édition 2008. Cela impose de remettre les choses à plat en terme de stratégie, de développement et de design. Il y a tout un travail de fond à faire à faire avec la voilerie North Sails et notre propre équipe pour être le plus performant possible le jour du départ mais aussi durant les neuf mois de course ».

Loïc Dorez, responsable du bureau d’études, Pierre Tissier, responsable de la construction du bateau, Hervé Le Quilliec, responsable de la logistique, l’Australien Ben Wright, responsable de l’équipe technique et enfin Olivier Mainguy, responsable du gréement complètent cette équipe dirigée par Stéphane Guilbaud, team manager qui travaille aux côtés de Franck Cammas depuis 1997, année de sa victoire dans la Solitaire du Figaro : « L’évolution de l’équipe se fait par étapes. Les projets se succèdent depuis 1998 et sont à chaque fois plus ambitieux. Nous avons la chance d’être soutenus par Groupama qui, lui aussi, va de l’avant. Nos objectifs sont maintenant internationaux, ce qui explique qu’un tiers du Groupama Sailing Team est de nationalité étrangère. Mais nos règles fondamentales n’ont pas changé : humilité, bon sens et capacité d’adaptation. L’équipe reste la première valeur à défendre et Franck est, plus que jamais, notre leader ».

Un Franck Cammas qui garde la détermination et l’ambition sportive qui font sa force depuis longtemps déjà. Après avoir remporté la quasi totalité des courses et records possibles en multicoques (Transat Anglaise exceptée), le skipper Groupama précise : « Participer à la Volvo Ocean Race, c’est une décision que nous avons prise conjointement avec Groupama qui me soutient depuis treize ans. Nous avons cherché une épreuve qui puisse à la fois faire rayonner l’image de Groupama à l’international et permettre de progresser et de se confronter à ce que j’imagine de mieux dans la course au large en équipage. On sait qu’il se passe beaucoup de choses à l’étranger et c’est une façon de progresser que d’aller se confronter aux meilleurs. C’est pour cela que nous y allons ».