ARRIVÉE DEMAIN MATIN À FUNCHAL POUR LES PREMIERS !

  • o Demain matin à Funchal!
  • o Bertrand Delesne et Francisco Lobato, comme des avions!
  • o Une approche de Funchal qui peut surprendre
  • o Bobos à tous les étages…

        Les journées se suivent… et ne se ressemblent pas. Le vent continue de venir de derrière, mais s’essouffle à l’approche de la cible. Le vent de Nord-Est soufflant puissamment dans le Nord du plan d’eau – la façade Atlantique hispano-portugaise – tourne au Nord puis au Nord-Ouest faiblissant à l’approche de l’archipel de Madère, terme de cette première étape de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50. Du coup, si l’on en profite pour panser quelques blessures matérielles, il ne faut surtout pas lever le pied, se poser voir… se reposer. La pression reste derrière pour le moment et la flotte revient sur celle de devant qui glisse dans un système moins puissant. Un système qui globalement s’étale de 25 nœuds au Nord à 15 nœuds au Sud… Du coup, on renvoie de la grand-voile, on change de spi et on met du charbon dans la machine sans penser à quitter la barre pour optimiser ses trajectoires, tirer profit des petites oscillations du vent et réagir aux moindres caprices du vent. Du coup, on ne quitte pas le cockpit, on avale des barres vitaminées glissées dans les poches où l’on range les écoutes, les bouteilles d’eau valdinguent de droite et de gauche, on branche le pilote pour faire un point GPS et une rapide projection sur la carte marine… le tout sans enlever sa veste de quart. Pas le temps… C’est à ce rythme que l’on tiendra le sillage des meilleurs du moment qui sont les incontournables Francisco Lobato (ROFF TMN) en série et HP Schipman (Maisons de l’avenir-Urbatys). Et si le portugais peut se « reposer » sur un matelas d’avance de plus de 60 milles sur le deuxième Charlie Dalin (Cherche sponsor-charliedalin.com) et 90 milles sur l’italien Ricardo Appoloni (Ma vie pour Mapei), ce n’est pas la même ambiance pour HP qui voit dans son latéral Bertrand Delesne (Entreprendre durablement) à 12 milles derrière et Thomas Ruyant (Faber France) à 26 milles. Soit rien à l’échelle des 200 milles restant à parcourir !

 273,1 milles en 24h pour Bertrand Delesne et 253,8 milles pour Francisco Lobato !

Des chiffres qui incontestablement parlent ! Bertrand sur son proto Manuard et Francisco sur son Pogo 2 de série font parler la poudre. Avec 273,1 milles parcourus en 24 heures ce jour (vitesse moyenne de 11,4 nœuds), Bertrand accroche la plus belle performance du moment et ce, depuis le départ. La palme revenait hier à Olivier Avram (Cap Monde 2) qui avait avalé 268,6 milles à 11,2 nœuds de moyenne. Un Olivier qui, soit dit en passant, est ce jour en 30e position. Côté Série, si Charlie Dalin marque un beau 234,4 milles au compteur aujourd’hui, c’est… sans surprise… Francisco Lobato qui tient le haut du pavé avec 253,8 milles à 10,6 nœuds de moyenne réalisé entre hier et ce matin. Chapeau bas…

 Une île à la météo capricieuse

Et si le schéma météo était classique depuis le départ, on peut dire que c’est maintenant que ce dernier peut devenir rock’n roll. En effet, l’approche de Madère et de Funchal – placée côté sud de l’île soit sous le vent – peut en surprendre plus d’un. Effets de côte, vent qui tombe pendant la nuit, la haute île de Madère peut redistribuer les cartes. Car rien d’impossible à l’approche de ce caillou volcanique posé dans l’Atlantique ! Un effet de côte et vous voilà posé à l’arrêt sous le vent de l’île. Inutile de dire que le voisin de derrière contournera alors proprement la zone maudite et vous grillera sur la ligne… Une situation malheureusement courante que chacun se doit d’anticiper dans sa tête. Et si une course n’est jamais terminée tant que la ligne n’est pas franchie, il est clair que le Portugais en ses terres peut compter sur la brassée de milles qu’il a d’avance ! Celle-ci pourrait lui être fort utile et gageons qu’il devait aussi penser à ce scénario, lui qui joue ici dans ses eaux. Côté protos, la messe est loin d’être dite et l’arrivée pourrait se faire à vue entre les premiers… Magique et stressant à la fois !

 De multiples bobos

Les infos du large venant des bateaux accompagnateurs le confirment : la flotte a souffert de multiples petits bobos. Pilotes, bout-dehors, spis, safrans ont été aux premières loges du classement Casse. Impossible de faire le tour des avaries. Problèmes aujourd’hui de barre pour Arnaud Vasseur (Association Capucine), d’antenne GPS pour Antoine Rioux (Nouvelle-Calédonie), d’énergie pour Pierre Rolland (D2 Marée haute) et Andreas Lindlahr (Umpalumpa), de grand-voile pour Brice Aqué (CNTL – Scrube Sails), en tête de mât pour Daniela Klein (538 Tacchificio Monti) et Jesse Rowse (www.solochallenges.com) qui ont dû monter dans les hauts, fatigue totale pour Rémy Cardona (La Solidarité Mutualiste)… Comme on le voit, la flotte a souffert mais rien d’étonnant lorsque l’on connaît la rudesse du cap Finisterre et des empannages à gérer dans 30 nœuds de vent moyen…

 Classement à 15h00 :

Prototypes : 1. HP Schipman (Maisons de l’avenir – Urbatys) à 181,11 milles ; 2. Bertrand Delesne (Entreprendre durablement) à 12,6 milles du leader ; 3. Thomas Ruyant (Faber France) à 26,05 milles du leader…

Série : 1. Francisco Lobato (ROFF TMN) à 191,62 milles de Funchal ; 2. Charlie dalin (Cherche sponsor-charliedalin.com) à 62,98 milles du leader ; 3. Ricardo Appoloni (Ma Vie pour Mapei) à 88,2 milles du leader…