Atu derrière, le Horn devant

– Virbac-Paprec 3 et MAPFRE attendus jeudi au cap Horn
– Après la tempête Atu, la course reprend ses droits au reaching pour Groupe Bel et Estrella Damm
– Forum Maritima Catala attendu demain soir à Wellington
– We Are Water à 100 milles des eaux du Pacifique

 

La dépression héritée du cyclone tropical Atu est désormais dans les sillages des quatre bateaux fortement malmenés dans la tempête. Après 36 heures de navigation dans des conditions dantesques, les équipages de Goupe Bel, Estrella Damm, Hugo Boss et Gaes Centros Auditivos reprennent le fil de la course au reaching sur les eaux encore très mal pavées du Pacifique Sud. Le rythme s’accélère encore pour l’ensemble de la flotte de la Barcelona World Race qui progresse en direction du Horn ce dimanche. A quelques encablures de l’ultime porte de sécurité, les deux leaders entament le sprint final, au pas de charge, vers le cap mythique qu’ils doivent doubler jeudi…

On prend les mêmes et on recommence en tête de la flotte de la Barcelona World Race. Alors que le cap Horn se rapproche de leurs étraves, la lutte s’intensifie dans un décor digne de ces latitudes extrêmes. La grisaille, le froid et les vents soutenus de sud-ouest de 20-30 noeuds, 40 dans les rafales plantent le décor.

Top départ pour le Horn !

Aux portes des 50è et du chemin qui mène au Horn, Virbac-Paprec 3 et MAPFRE évoluent dans des conditions musclées dignes de ces latitudes hostiles. Top départ, c’est parti pour un ultime sprint jusqu’au rocher mythique au rythme et au ton de deux centres dépressionnaires qui vont imprimer un tempo soutenu !

Au classement de ce dimanche midi, Paprec-Virbac 3 affiche une légère avance de 28 milles. Qu’en est-il cet après-midi ? Les caprices de la balise de MAPFRE ne permettent pas de le savoir et laissent planer le suspense. Mais une certitude l’emporte : c’est toujours très serré comme le révèle encore le passage de la dernière porte de sécurité de ce vaste Pacifique où ces deux duos, présents en duplex à la visio-conférence dominicale, ont confirmé qu’ils jouaient des étraves. Du sport, du suspense : la lutte finale pour les honneurs du Horn s’annonce de haute volée. De quoi tenir les terriens en haleine, tout autant impressionnés devant le sans faute de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron, que par la prestation des jeunes ibériques Iker Martinez et Xabi Sanchez, toujours aussi combatifs et incisifs.

Du monde à la 2è porte de sécurité

Un peu plus de 1300 milles derrière, au milieu du Pacifique Sud, ça se bouscule aussi à la porte dans les vents plus légers d’ouest-nord-ouest d’une petites quinzaine de nœuds générés en bordure sud d’un anticyclone. Sur un air d’accordéon, ça freine par devant comme en témoignent les vitesses de 8, 10 et 12 nœuds affichées sur les speedos respectifs de Renault ZE, Neutrogena et Mirabaud. Ces trois bateaux se tiennent en 285 milles et promettent de jouer des variations du vent pour tirer le meilleur de leur progression océanique. De quoi laisser encore les portes de sécurité grandes ouvertes à de nouveaux rebondissements. Il faudra aussi compter avec leurs poursuivants, les rescapés de la tempête Atu. Dans leur nord-ouest, Groupe Bel et Estrella Damm, de retour en mode course après 36 heures passées à la lutte avec les éléments en furie, évoluent au reaching sur une mer encore très chaotique levée au passage de ce phénomène d’une rare virulence.

Feu vert !

Sur ce champ de bataille, les vagues anarchiques rendent leur progression encore périlleuse et les obligent à redoubler de vigilance dans des vents de d’ouest-nord-ouest de 20-25 nœuds qui ont tendance à faiblir un peu à mesure qu’ils progressent sur la route. 63 milles séparent cet après-midi la paire De Pavant-Audigane du tandem espagnol Ribes-Pella. Pour ces deux inséparables, qui ne déplorent aucune avarie majeure, la compétition reprend tous ses droits : place à une course de vitesse et à la chasse aux milles face au petit paquet de bateaux qui les précèdent. Les bateaux rouges passent au vert !

Classement du 27 février à 15 heures (TU+1)

Attention, la position de MAPRE est celle de 11h30 (TU+1)

1 VIRBAC-PAPREC à 8429 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 28 milles du leader

3 RENAULT ZE à 1333 milles

4 NEUTROGENA à 1420 milles

5 MIRABAUD à 1587 milles

6 GROUPE BEL à 1864 milles

7 ESTRELLA DAMM à 1927 milles

8 HUGO BOSS à 2231 milles

9 GAES CENTROS AUDITIVOS à 2295 milles

10 FORUM MARITIM CATALA à 3488 milles

11 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 3811 milles

12 WE ARE WATER à 4566 milles

ABD FONCIA

ABD PRESIDENT

Ils ont dit

Loick Peyron (Virbac-Paprec 3) : « Nous avons un vent très capricieux, il fait glacial et il pleut, c’est presque de la neige fondue qui tombe sur le pont. Il fait tellement froid que Jean-Pierre est dans le duvet en train de se reposer. On se réchauffe vite à la manœuvre et on se refroidit très vite après. Ce qui est important, c’est le choix des voiles mais aussi le choix des vêtements. Nous jouons aux fashion victimes ! MAPFRE navigue proprement. Iker et Xabi sont des clients très sérieux. On observe leur position, on analyse leur vitesse/cap, on imagine les voiles et leurs conditions météo. Les précédentes 72h étaient un peu compliquées, car nos deux bateaux n’étaient pas dans les mêmes conditions météo, et cela jouait sur notre moral. Et maintenant, on va aussi vite, voire mieux. Cette course est pleine de rebondissements, c’est passionnant ! »

Xabi Fernández (MAPFRE) : « Nous allons à fond depuis que nous sommes sortis de Nouvelle-Zélande. Au début nous avons bénéficié de bonnes conditions pour nous rapprocher de Virbac-Paprec 3 et la météo a été plutôt favorable pour nous. De fait, nous avons gagné pas mal de milles. Par contre, ces derniers jours nous bénéficions des mêmes conditions donc nous luttons pour rester au plus proche d’eux. Nous avons eu des conditions assez difficiles avec du vent entre 20 et 30 nœuds, et surtout avec de nombreuses manœuvres, beaucoup d’empannages, de changements de voiles, mais nous sommes vraiment contents d’être à la lutte devant. »

Kito de Pavant (Groupe Bel) : « Le vent a commencé à mollir depuis quelques heures. Nous avons eu plus de 40 noeuds de vent pendant 38h. Il n’y a pas trop de dégâts à bord, en tout cas rien de grave et cela ne nous empêche pas d’aller vite. Avant de traverser cette zone de cyclone, on se posait beaucoup de questions et on envisageait toutes les possibilités. Finalement ce n’est pas très différent du golfe de Gascogne, il y a toujours du vent et ça secoue autant. Ce n’était pas très agréable et nous ne faisions pas les malins pendant 48h. »