Bernard Stamm à la lutte

Stamm est un roc. L’avarie de l’appareil à gouverner de son Class40 a mis un sérieux coup de frein à sa magnifique cavalcade au nord de l’anticyclone. Obligé de modifier sa route pour gagner l’archipel des Açores et remplacer la pièce cassée, le skipper de Cheminées Poujoulat chute naturellement aux classements, mais sa force et sa détermination sont intactes.

  Réparer pour continuer
Il était en tête, quand le croche-patte, comme il l’a qualifié, est arrivé, il y a deux jours : Une avarie technique sérieuse et surtout irréparable en mer, l’axe en dessous de la barre s’est cassé. Comme il transmet l’effort aux deux safrans et reçoit les points d’attaches du vérin du pilote, Bernard Stamm ne peut plus barrer, ni confier la direction du bateau au pilote aux allures portantes.

Le skipper de Cheminées Poujoulat n’a évidemment pas baissé les bras, ce n’est pas le genre du bonhomme qui en a vu d’autres. Avant d’envisager une escale technique forcément pénalisante, Bernard a tenté de résoudre le problème par lui-même et en mer. Mais, seule une réparation de fortune a pu être faite, une sorte d’attelle avec des lattes de grand voile, qui ne permet pas de continuer en course.

Il a alors fallu mettre le cap au sud pour rejoindre un port et changer la pièce détruite. Une progression qui se fait à petite vitesse, au près et dans des vents faiblissants : «La seule manière d’avancer, c’est de coincer la barre et de trouver l’équilibre avec les voiles. Je n’ai pas d’autres solutions que de faire du près et de tirer des bords », expliquait Bernard. «J’ai réparé tout ce que j’ai pu et j’espère que ça va tenir jusqu’aux Açores » a-t-il expliqué à la vacation avec le PC course de l’organisation de la Route du Rhum-La Banque Postale en début de journée.

Une course contre la montre Le skipper fait donc route vers l’archipel des Açores tandis que son équipe technique a défini avec précision la pièce à changer. Jean François Quéméneur décollera pour l’île de Sao Miguel, accompagné d’un spécialiste de la soudure, dès que la pièce, qui est en fabrication à Brest, sera achevée.   Cheminées Poujoulat est attendu au port de Ponta Delgada. Un zodiac est prêt et un soudeur local s’est proposé pour travailler sur le bateau dès que celui-ci arrivera, quelque soit l’heure. Si toutefois, l’escale à Sao Miguel s’avérait moins intéressante en fonction de l’atterrissage le plus efficace de Cheminées Poujoulat, une solution de repli est prévue sur l’île d’Horta. Bernard est attendu aux Açores ce dimanche, vers 22 heures. Considérant sa progression, le skipper suisse gardait un certain sens de la dérision en déclarant : « Si la flotte a choisi de passer au sud ou au nord pour contourner la bulle, en passant au milieu, ce que je suis obligé de faire, je suis naturellement sur la plus mauvaise route ».