Bienvenue dans un océan d’incertitudes…

– La visioconférence de demain, se déroulera en direct depuis le Global Sports Forum de Barcelone entre 13h30 et 14h30
– Sept équipages progressent en Atlantique Sud
– Groupe Bel attendu à partir de 19h à Ushuaia pour examiner sa quille
Quel trafic au large du cap Horn depuis hier ! Après le passage en fanfare de la paire germano-américaine de Neutrogena, les complices de Groupe Bel, le double mixte de Mirabaud et le tandem espagnol d’Estrella Damm ont à leur tour salué le célèbre caillou noir. Devant les étraves : l’échiquier de l’océan Atlantique qui promet, au regard de la complexité des conditions météo, de relancer la course jusqu’au bout. Aux avant-postes de la flotte de la Barcelona World Race, les co-skippers de Virbac-Paprec 3 et de MAPFRE, à la lutte dans les petits airs capricieux de l’anticyclone de Sainte-Hélène, en savent quelque chose. Avec un écart de 130 milles entre ces deux équipages engagés dans un bras de fer à haute teneur stratégique, le suspense reste entier. Et tous les coups tactiques sont plus que jamais permis…

La magie du caillou noir a encore fonctionné à plein au 67e jour de la course au passage du nouveau jeune cap-hornier de Groupe Bel, émerveillé aux côtés de Sébastien Audigane, par les paysages, sauvages et somptueux, que dévoilent la Terre de Feu en cette fin d’après-midi (22h20 HF). Les co-skippers du bateau rouge n’ont pas boudé ce précieux moment volé à l’intensité de la course et à l’adversité du Pacifique Sud. Après les conditions musclées de ces derniers jours, c’est au près qu’ils sont passés au pied et au ras de la falaise noire. Désormais, les complices du bord laissent leurs camarades de jeu filer vers le Nord, tandis qu’ils font route vers Ushuaia via le canal de Beagle pour inspecter leur quille. Ils y sont attendus vers 19h ce mercredi soir.

Au bal du Horn

Au Horn, le bal pouvait continuer de plus belle : sur les douze coups de minuit en Terre de Feu, Dominique Wavre et Michèle Paret (4h10 HF) signent de leur côté leur onzième Horn à eux deux. On devine qu’un sentiment de soulagement l’emporte à bord du bateau suisse Mirabaud, à l’heure de rejoindre des espaces océaniques moins hostiles, qui permettront, on l’espère, à la skipper méditerranéenne de reprendre des forces et de se rétablir au plus vite. Le couple dans la vie et au large est suivi 1h40 plus tard par la paire d’Estrella Damm. A son bord, le troisième bizuth de la course, Alex Pella, pare à son tour cette sentinelle aussi prestigieuse que redoutée, perçue par tous comme le « cap de la délivrance » après un Grand Sud diablement tempétueux qui a autant malmené les hommes que les bateaux.

Sainte-Hélène et cie…

Pour autant, l’Atlantique n’a sans nul doute pas fini de les mettre à nouveau à très rude épreuve. Après les coups de poing du Grand Sud, la compétition et l’intensité de la régate reprennent tous leurs droits. Place à la stratégie aux détours des différents systèmes qui ouvrent les portes de ces espaces océaniques propices aux options. Il y a bien sûr ce fameux anticyclone de Sainte-Hélène, que les leaders contournent actuellement par l’Est. Mais c’est sans compter avec deux dépressions qui se forment sur les îles Malouines et sur les côtes du Brésil, et sur les caprices des alizés qui seront autant de nouveaux protagonistes à ne pas perdre de vue sur la route du retour. Seuls 413 milles séparent ce soir Pachi Rivero et Antonio Piris sur Renault ZE de leurs compatriotes d’Estrella Damm, en 6e position. Pas grand chose au regard de l’immensité d’un océan d’incertitudes et du nouveau chapitre qui ouvre devant les étraves…

Classement du 9 mars à 15 heures (TU+1) :

1 VIRBAC-PAPREC 3 à 5145,5 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 134,5 milles du leader

3 RENAULT ZE à 1238,3 milles

4 NEUTROGENA à 1510,7 milles

5 MIRABAUD à 1654,4 milles

6 ESTRELLA DAMM à 1665,2 milles

7 GROUPE BEL à 1700,3 milles

8 HUGO BOSS à 2330,2 milles

9 GAES CENTROS AUDITIVOS à 2450,3 milles

10 FORUM MARITIM CATALA à 4379,9 milles

11 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 6404,8 milles

12 WE ARE WATER à 6404,8 milles

ABD FONCIA

ABD PRESIDENT

Ils ont dit

Kito de Pavant, Groupe Bel : « C’est quand même incroyable, ces côtes sauvages vierges de tout ! C’est grandiose… Le Cap en lui-même c’est un gros caillou mais les îles derrière sont somptueuses, il y a de la neige partout et nous avons du soleil pour admirer cela. On l’a bien mérité ! Je ne cesse de le répéter, mais c’est vrai qu’elle est sacrément longue cette route vers le Horn ! Après tant de chemin, après cette bagarre intense qui nous avait permis de reprendre des milles sur Estrella Damm et Mirabaud et surtout avant cette belle course qui se préparait pour recoller sur Neutrogena et Renault dans l’Atlantique. »

Sébastien Audigane, Groupe Bel : « La première fois, je suis passé très loin et c’est toujours incroyable de voir cela de près. C’est très sauvage, j’ai du mal à trouver les mots. Nous sommes comme deux gamins devant un sapin de Noël, enfin surtout Kito d’ailleurs ! Il y a entre 18 et 25 nœuds de vent et du clapot donc on est vigilant pour le bateau. Nous profitons du paysage pour penser à autre chose ! On fait un super métier, ce parcours est merveilleux et on l’a vu, il y a toujours des aléas. Je retire de chaque navigation une grosse expérience, et de faire la Barcelona World Race en double sur Groupe Bel, cela va m’apporter beaucoup pour le Vendée Globe ! »

Jean-Pierre Dick, Virbac-Paprec 3 : « Nous ne sommes pas très loin de Sainte-Hélène, mais nous ne savons pas exactement où il se trouve, nous n’avons que des estimations avec nos fichiers. Nous espérons être à l’Est et nous en dégager dans la journée. Il faut être un peu patient. Nous savions que le passage serait difficile, pas à très grande vitesse. Tout se passe selon les plans. C’est normal que MAPFRE revienne un peu, car il va buter lui aussi après nous dans cet anticyclone. Nous sommes dans une partie de stratégie. Nous sommes décalés un petit peu plus Est que MAPFRE en termes de positionnement, pour passer dans des zones de vent un peu plus fortes. Nous allons voir si nous y arrivons. Mais il y a un facteur qui joue aussi, le déplacement de l’anticyclone. Nous n’avons aucun contrôle dessus. Les modèles tentent de l’estimer, il faut avoir de la chance au bon moment. Si ça se décale à l’Ouest nous aurons plus de vent, si c’est à l’Est, ça viendra nous perturber. Maintenant les dés sont jetés ! »