BON DÉPART DE FUNCHAL À 14H02

3 OCTOBRE 2009 

o        10 nœuds de vent de sud/sud-ouest, ciel gris et nuageux avec averses !

o        François Cuinet N°412 sur Plan Jardin premier prototype et Hervé Aubry N°582 sur Ville de Pornichet  premier bateau de série à la bouée du Club Naval de Funchal

o        Une première nuit pleine d’enseignements !
A la minute près, soit à 14h02 (ndr, 15h02 heures françaises) très exactement, les 83 concurrents encore en course de La Charente-Maritime / Bahia Transat 6,50 se sont élancés ce samedi 3 octobre, devant la ville de Funchal (Madère-Portugal), pour la deuxième longue étape de 3100 milles en direction de Salvador de Bahia (Brésil), terme de cette édition 2009. Archipel des Canaries, archipel du Cap-Vert, Pot au Noir, alizés dans l’hémisphère Sud… Le menu est des plus copieux pour cette transatlantique en solitaire et sans assistance à bord de voiliers de 6,50 mètres !

 Premiers à la bouée du Club Naval de Funchal

Un départ à l’heure dite avec comme configuration de voile, grand-voile un ris et solent. Le but du jeu : éviter les collisions et sortir le plus vite possible de ce champ de mines de 83 coques afin d’aborder « sereinement » les quelques 5740 km à parcourir… Aussi, ce sont Fraçois Cuinet sur Plan Jardin suivi de Thomas Ruyant (Faber France) et Nicolas Boidevezi (Défi GDE) en prototypes qui ont viré les premiers la bouée du Club Naval de Funchal et Hervé Aubry sur Ville de Pornichet suivi de Francisco Lobato (ROFF TMN) et Ricardo Appoloni (Mavie pour Mapei) en bateau de série qui ont imposé leur rythme. Belles démonstrations ! Mais la partie est loin d’être entamée car elle ne sera pas de tout repos… Météo Consult, partenaire de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50, annoncent des conditions difficiles et casse-tête pour ces premières 48 heures ! « Une dépression orageuse stagne près des Açores à 1000 hPa avant de se creuser légèrement en se décalant vers l’est. Elle étend son influence sur Madère dans un flux de sud-ouest instable. Plus à l’est, une dorsale est établie à 1020 hPa. Elle fait place en direction des côtes Africaines à un faible flux de nord-ouest. Dimanche, tous ces systèmes se décalent vers l’est. Le flux de sud-ouest modéré est toujours présent. Lundi, la dorsale s’installe sur les Canaries. Les vents de sud-ouest instables se maintiennent à l’ouest de ces îles ».

 Une première nuit passionnante !

En effet, le but du jeu est de rejoindre la hauteur des Canaries et d’attaquer la dorsale anticyclonique qui sépare le flux de sud/sud-ouest généré par une dépression placée sur les Açores et le fameux tapis roulant que sont les alizés de nord-est. Plus facile à dire qu’à faire… Et le premier à toucher la bascule des vents au nord-est – donc portant – prendra un coup de pied aux fesses qui lui permettra de creuser un trou sur ses poursuivants et d’aborder les autres problématiques météo (ndr, traversée de l’archipel du Cap-Vert, Pot au Noir…) avec une longueur d’avance… Pas anodin même si la course est loin d’être gagnée… Et tous le savent. Aussi, cette première nuit va être intéressante. Petit bord dans l’ouest à tirer avec un bord de prés « de sanglier » face au vent ? Ou bord fuyant plein est vers les côtes africaines en tentant d’aller jouer, ensuite, sous le vent des Canaries ? Chacun va y aller de sa tactique, la question la plus importante est d’identifier l’endroit le plus adéquate pour traverser la zone de transition et de vents faibles et le bon timing pour s’y présenter… Et si personne ne s’avançait ce matin sur les pontons, tactique de course oblige, les premiers pointages seront déterminants et répondront aux premières interrogations… 

Déclarations d’avant-départ, entre course et aventure, objectifs et émotions :                       

Francisco Lobato (ROFF TMN) : « Cette première partie de course sera un peu difficile. Ce n’est pas une météo très claire comme au départ de La Rochelle où il fallait empanner à un point précis et passer proche du Cap Finisterre… Là, il va falloir réfléchir un peu. Ce ne sera pas la loterie, mais il faudra virer au bon moment et savoir exactement où l’on se trouve par rapport au système météo. Pour moi, mon idée, est de rester dans le paquet devant. Ensuite, on a une grande route pour revenir en tête. Il ne faut pas non plus stresser dans sa tête. La pression ? Ce sont les autres qui l’ont, pas moi… » 

Pierre Brasseur (Région Nord Pas de Calais – Ripolin) : « La météo est stable depuis quelques jours, la situation n’a pas vraiment évoluée. Il y a une question : Est ou ouest ? Là, je n’ai pas encore décidé… Cela va dépendre de la première nuit. Partir dans l’est fait s’écarter de la route, traverser les Canaries, ce qui n’est jamais facile mais par contre tu récupères des vents portants plus rapidement et plus fort le long de la côtes africaines. Partir dans l’ouest, on passe mieux les Canaries mais on attrape les alizés plus tard… Moi, je veux faire du sud rapidement et être sur la route. Si on doit passer dans les Canaries, on y passera… Dans la tête, j’ai envie d’effacer cette première étape. Je suis prêt à tout… »

 

Nicolas Rouger (Exa-Le Marseillais-Peschaud) : « Là, maintenant, j’aimerais être dans une tour de La Défense. Oui, j’ai le stress mais dans deux jours, ça ira mieux. Le temps de se mettre dans l’ambiance de la course… » 

Franck Colin (Loukkoumama) : « Ce sera la première journée qui va être déterminante pour la suite. Est-ce que le vent va être plus sud ou plus sud-ouest ? Ce sera ça qui sera déterminant pour la suite, je ne sais pas… Le bulletin météo de demain sera très important à écouter. On va voir cela sur l’eau. (ndr, Franck a une boite avec lui dans les mains). J’emmène quelques fleurs séchées car j’avais une amie qui s’est scratchée dans le vol Air France en revenant du Brésil. C’est pour les larguer pendant ma traversée… Je ne cache pas que j’ai une boule à l’estomac ce matin… ».

 Brice Aqué (CNTL-Scube Sails) : « Le grand jour… On le sens au bas du ventre que c’est le grand jour. C’est un peu stress… On part au près en plus, j’avais pas signé pour cela ! Je vais faire de mon mieux… Les Canaries ? C’est la première journée qui va donner le ton du truc. Je ne suis pas pressé d’y aller, mais je n’y vais pas à reculons. C’est ma première grande traversée et cela va être super long (rires)… C’est la première étape associé à la période d’attente ici à Madère ! Mais je vais me faire plaisir et essayer de mieux faire sur la seconde ! ».

 Antoine Debled (Régionjob.com) : « On part dans une situation incongrue dans cet espace de jeu. Mais cela peut ouvrir le débat ! Maintenant, je pense que la flotte va rester assez groupée avec ceux qui vont passer dans les Canaries et les autres qui vont essayer de passer dans l’ouest. Cela peut donner un petit effet dans les classements. Oui je suis pressé d’y être. J’ai envie d’être dans la durée ! Là, cela me va bien et je suis pressé de quitter la terre, sans état d’âme ! ». 

Rémi Cardona (la Solidarité Mutualiste) : « Ce matin le petit dej n’est pas passé. Je n’ai rien pu avaler. En revanche, j’ai bien dormi. Je suis comme un étudianrt avant un examen. J’ai une boule. Maintenant, j’attends les sujets. Et les sujets ce sera la mer. Une fois parti, ça ira mieux. Il y a 4 ans que j’attends ce moment. Je veux y aller… Maintenant s’ils veulent décaler le départ d’une heure, je suis preneur. Mais ce serait retarder pour mieux sauter. »