Brest, évidemment

La flotte des IMOCA 60′ s’est ancrée au pied de l’amirauté dans le nouveau port du Château pour apporter le point final de cette première édition de l’Istanbul Europa Race. Une conclusion en guise de point d’orgue tant un final apparaissait aux coureurs comme aux organisateurs comme une évidence. Savoir-faire maritime, nouveau port en eau profonde et familiarité avec le monde de la course au large, la cité du Ponant a, une fois de plus, été plébiscitée par les équipages en lice.

Les liens entre Brest et le monde de la course au large ne datent pas d’hier. Ville de départ et d’arrivée de nombre de records autour du monde, on oublie parfois que la cité du Ponant a été le théâtre de nombreuses organisations d’envergure : Solitaire du Figaro, Mini-Transat, Grand Prix de Formule 40, Course des grands Voiliers, il a toujours existé entre la ville et les navigateurs du large une connivence certaine. La meilleure preuve en étant la proposition faites aux skippers des plus belles machines océaniques de venir participer aux fêtes maritimes de Brest 2008. Invitation à laquelle nombre de navigateurs, de Roland Jourdain à Michel Desjoyeaux en passant par Jean Le Cam ou Thomas Coville, de retour de son record de l’Atlantique en solitaire, avaient tenu à répondre présents.

Brest c’est aussi pou r les coureurs un plan d’eau magique ;  d’une technicité exemplaire entre effets de côte et courants, d’une grande variété de paysages entre mer et campagne. C’est enfin, une culture maritime ancrée dans l’esprit des Brestois : du pont de Recouvrance aux quais du Moulin Blanc, la ville respire la mer, s’est nourrie des histoires de tous ceux, des ouvriers des chantiers aux lamaneurs en passant par les peut-être futurs médaillés olympiques ont le regard tourné vers le large. Ainsi, pour accueillir les navigateurs de l’Istanbul Europa Race, la ville a souhaité ouvrir le regard du public en proposant, sur le village, des animations autour de la course, mais aussi sur des problématiques plus générales. Plateaux ouverts au public en compagnie des navigateurs, mais aussi de scientifiques, de spécialistes de l’environnement, de l’aménagement du littoral, Brest entend bien faire la démonstration que pour les gens de mer, l’océan ne se divise pas en prés carrés.

Ils ont dit :
Michel Desjoyeaux, vainqueur de l’Istanbul Europa Race
« Cette course est vraiment passionnante. Mener ainsi les bateaux en équipages permet d’apprendre d’autres choses. Le fait que ce soit en équipage et sur des parcours inédits amène beaucoup de fraîcheur. On peut regretter le faible nombre de bateaux, mais je ne cesserai pas de répéter : les absents ont eu tort. »

Kito de Pavant, deuxième de l’Istanbul Europa Race
«Je suis ravi d’avoir fait cette course, de m’être investi pour qu’elle existe. On le sait tous, une première n’est jamais facile. Mais, tous ceux qui ont participé à cette aventure en ressortent vraiment ravis. Une chose est sûre, je reviendrai. »

Roland Jourdain, deuxième de l’étape Barcelone – Brest, 3ème ex-aequo de l’Istanbul Europa Race
« Cette course était magnifique. De plus, terminer à Brest qui fut mon port d’attache adoptif, du temps que je courrais sous les couleurs de la Sill, me fait d’autant plus plaisir. Et c’est dans le port du Château ! Celui dont tout le monde rêvait parce qu’il concrétise la volonté de la ville d’être tourné vers la mer. Et puis, il faut saluer la Ville qui s’est portée candidate pour cette première édition. Ce n’est jamais facile d’inaugurer un nouveau concept. Mais, dans mon métier, on m’a toujours appris que celui qui ne fait rien n’a pas souvent l’occasion d’avancer. »