ça mouille encore

Bonsoir, Je me rends compte que ça fait plusieurs jours que je n’ai plus écris.

Ce n’est pas qu’on fait la tête, ni qu’on oublie de penser aux gens à terre, mais parce qu’il y a toujours quelque chose à faire qui occupe notre temps, nos pensées ou simplement notre équilibre. Depuis le départ, nous avons le choix entre dépressions nerveuses et pétole molle. La seule que nous ayons eue, ne se voyait pas vraiment sur les fichiers auxquels nous accèdons, du coup, nous avons eu un peu de mal ‘l’éviter. Maintenant, nous sommes au coeur du passage d’un front froid. Il y a entre 28 et 38 noeuds de vent et nous sommes en alerte pour virer à la bascule de vent. Bruno est allongé, tout habillé et trempé, au fond du bateau. Il essaie de se reposer quelques minutes avant la manoeuvre. Moi, je suis à la table à carte et j’essaie de vous faire parvenir un message lisible. Je suis obligé de me reprendre plusieurs fois à chaque phrase pour que ce que je tape, aie un semblant de sens. Autrement tout va bien, on espère que ce soit le dernier coup de vent. On a été désolé pour Thierry et Oliver, il avait fait une très belle course jusque là.

A+Bernard

    

Remise à plat

28/10/09 Avec le passage d’un nouveau front froid associé à une très étendue dépression au milieu de l’Atlantique, la flotte des Class’40 au large des Açores est encore dans le mauvais temps tandis que les partisans de la route Sud n’arrivent toujours pas à décoller des Canaries… Cette nouvelle phase contre le vent devrait resserrer le classement entre les quatre premiers.
Il y a pourtant plus de 250 milles d’écart latéral entre les leaders, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) et leurs nouveaux dauphins, Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) ! Et pourtant, ces deux équipages devraient dans cette journée de mercredi, converger vers la même zone et se retrouver à une distance très similaire par rapport au but… En effet, pendant que les premiers font de l’Ouest dans un régime de Sud-Ouest de plus de vingt nœuds, les seconds peuvent piquer au Sud-Ouest dans un flux de Nord-Ouest de plus de trente nœuds. C’est toute la particularité de ces dépressions qui à quelques centaines de kilomètres près, proposent des conditions très différentes. Et tant que les leaders n’auront pas franchi ce front froid, tant qu’ils n’auront pas toucher la bascule franche du vent, ils vont perdre du terrain. Ils n’avaient plus qu’une quinzaine de milles d’avance ce mercredi matin !

Au port d’Horta

Pour Thierry Bouchard et Oliver Krauss (Mistral Loisirs-Pole Santé Elior), la course est terminée alors qu’ils échappent à cette nouvelle dépression très mauvaise du côté des Açores : ils sont arrivés en milieu de nuit à Horta, une marina très bien protégée qui va leur permettre de voir passer des grains à plus de quarante nœuds au large ! Car plus les voiliers sont au Nord, plus le vent est violent… De fait, la situation ne va pas être des plus confortables pour les Chiliens Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) et pour Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty) qui sont les plus proches de l’archipel açorien. Mer très forte, pluies diluviennes, brises en rafales au programme jusqu’à la fin de la journée… Est-ce pour cette raison que les Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion) ont décroché cette nuit ? Problème technique ou volonté de ne pas reprendre une « cartouche » trop violente ? En tout cas, ils plongent au Sud et s’ils persévèrent, ils vont se faire passer par Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2) et par Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees)…

Quant à Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et à Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat), ils sont revenus dans le match à l’occasion de cette nouvelle dépression : moins de quarante milles d’écart par rapport aux premiers et une position intermédiaire leur permet de voir l’avenir avec le sourire… Enfin, quand ce méchant front en aura fini de bousculer la mer ! Les quatre premiers Class’40 sont donc en passe de se retrouver à quelques dizaines de milles les uns des autres, en ayant fait le break face au peloton.

À l’Est, rien de nouveau


Si ce n’est pas encore la Berezina, on est pas loin de Waterloo ! Les Canaries auront été le piège des défenseurs de la route Sud car il est encore loin le temps des alizés… La bonne nouvelle pour les deux Class’40 en pointe, c’est qu’ils ont enfin réussi à s’extirper de l’archipel et donc à bénéficier d’un flux de Nord-Est moins perturbé, alors que Mike West et Paul Worswick (Keysource) n’ont pas encore réussi à parer l’île de Fuerteventura. Progressivement les vents vont se renforcer au fur et à mesure que David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) et Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) vont se rapprocher du Cap Vert en longeant le côtes mauritaniennes. Mais il leur faudra patienter encore jusqu’à la fin de la semaine pour attraper ces fameux alizés et obliquer enfin sur la route directe vers les Antilles. Notons qu’il y a plus de 10° d’écart en latitude entre ce groupe Sudiste et les partisans du Nord, soit plus de 600 milles en latéral : colossal !