Cammas et le sens de l’anticipation

Alors qu’en cette période de l’année les alizés soufflent généralement avec une grande régularité, il faut constater qu’il n’en est rien pour les concurrents de la classe Ultime engagés sur la Route du Rhum La Banque Postale.

 Positionné 300 milles dans le nord de Groupama 3, le Sodebo de Thomas Coville profite d’un vent plus fort et mieux orienté pour tenir une vitesse moyenne élevée. C’est ainsi que lors des dernières 24 heures, il a repris quelques 86 milles au leader.

Dans le même temps, Francis Joyon qui est dans l’Est de Groupama 3 a comblé 60 milles de déficit alors que Yann Guichard en a perdu une petite centaine.

Sur le plan d’eau Atlantique, ce n’est donc pas la routine. Variable en force et en direction, le vent impose un rythme physique élevé aux navigateurs qui doivent non seulement être très attentifs aux surventes pour éviter de chavirer mais aussi aux trous de vent pour ne pas perdre de terrain en restant avec une voilure mal adaptée.

Histoire de corser l’affaire, vous ne connaissez pas à l’avance la durée de cette phase : vous pensez qu’elle va être longue donc vous manœuvrez en renvoyant ou en réduisant la voilure. C’est alors beaucoup d’efforts physique et de la perte de vitesse le temps de la manœuvre. Si votre prévision s’avère juste, c’est BINGO. Vous voilà bien toilé et heureux de l’effort accompli. Dans le cas contraire, c’est l’enfer. Vous êtes scotché ou contraint de remonter sur le pont pour ne pas risquer le chavirage.

Ainsi va la vie du skipper de multicoque qui ne dort par ailleurs que par petites tranches de 20 minutes.
Autant dire qu’à l’attaque du sixième jour de mer, à quelques 1338 milles de l’arrivée, la fatigue doit sérieusement commencer à se faire sentir.

Mais pas question de mollir : un Rhum, ca se mérite !