Cammas et Ravussin tout schuss

Les conditions de navigation étaient idéales ce jeudi après-midi alors que Groupama 3 se situait dans l’Ouest de l’archipel du Cap-Vert. Avec 250 milles d’avance sur le temps de référence, Franck Cammas et ses hommes réfléchissent désormais à la stratégie à adopter après le passage de l’équateur qui devrait s’effectuer samedi, après six jours de mer…

Après le slalom géant le long des côtes portugaises, puis au large de Madère et des Canaries, Groupama 3 entame sa grande descente vers l’équateur : encore une bonne journée et demie pour atteindre la ligne de changement d’hémisphère, puis un long bord toujours bâbord amure le long des côtes brésiliennes jusqu’à « mettre le clignotant à gauche » pour viser le cap de Bonne-Espérance. Au moins cinq jours sur le même bord, même si l’équipage va devoir manoeuvrer souvent au fur et à mesure que le vent va passer du Nord-Est (hémisphère Nord) au Sud-Est (hémisphère Sud).

Mais la situation météorologique n’est pas encore très claire au large du Brésil… « L’hémisphère Sud n’est pas très rose pour l’instant ! Mais cela a été pire, donc nous avons toujours nos chances pour passer… La fenêtre météo est assez délicate, mais nous n’avons plus trop le choix. Pour le moment, ça se déroule plutôt bien : nous devrions même franchir l’équateur plus tôt que nous l’espérions au départ, au bout de six jours ! C’est plus compliqué ensuite en termes de stratégie, mais c’est aussi très sympa d’avoir à se creuser la tête pour se sortir de ces difficultés successives, la prochaine au large de Bahia… » précisait Franck Cammas lors de la vacation radio de midi avec le PC Course parisien de Groupama.

Des alizés établis

 « Nous sommes à l’Ouest du Cap-Vert, dans les alizés modérés sur un bord direct vers le Sud. Le Pot au Noir est notre prochaine « marque de parcours », un point névralgique à négocier. Ici, c’est l’été par rapport à ce que nous avons connu au départ de Ouessant ! Nous sommes où nous voulions être et nous sommes même un peu en avance sur ce que nous avions prévu… Nous avons bien réussi à nous faufiler dans deux zones de petit temps au large du cap Finisterre et mercredi, après la dépression canarienne. »

Franck Cammas et ses neuf équipiers vont donc attaquer dès vendredi soir le Pot au Noir, une zone orageuse et instable située autour du 4° Nord : la traversée ne devrait pas être trop pénalisante car le trimaran géant l’aborde sur une trajectoire au large, autour du 27°-28° Ouest. « Ce qui est plus compliqué, c’est ce qui va se passer après l’équateur ! Il y a actuellement une barrière météo, plus ou moins franchissable selon les modèles : c’est la clé d’un Trophée Jules Verne… Nous n’espérons pas franchement être en avance au cap de Bonne-Espérance, mais il ne faudra pas être trop en retard sur le temps de référence ! Actuellement, il y a des passages possibles pour le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène, mais ce n’est pas joué… »

Ce jeudi midi, Groupama 3 naviguait donc dans des conditions très agréables pour l’équipage et faciles pour le trimaran géant dans des alizés encore un peu instables, variant de 15 à 17 noeuds, mais réguliers en direction. Lionel Lemonchois qui avait fêté ses cinquante ans mardi était à la barre avec un grand plaisir : « Le bateau s’envole juste comme il faut, entre 28 et 31 noeuds… C’est tellement plaisant qu’on ne voit pas l’heure de barre passer ! Ça glisse tout seul. »

Tableau de marche de Groupama 3
(départ le 31 janvier à 13h 55′ 53 » TU)

 Jour 1 (1er février 14h TU) : 500 milles (retard = 94 milles)
Jour 2 (2 février 14h TU) : 560 milles (avance = 3,5 milles)
Jour 3 (3 février 14h TU) : 535 milles (avance = 170 milles)
Jour 4 (4 février 14h TU) : 565 milles (avance = 245 milles)

L’équipage et l’organisation à bord de Groupama 3

 Quart n° 1 : Franck Cammas / Loïc Le Mignon / Jacques Caraës

  • Quart n° 2 : Stève Ravussin / Thomas Coville / Bruno Jeanjean
  • Quart n° 3 : Fred Le Peutrec / Lionel Lemonchois / Ronan Le Goff
  • Navigateur hors quart : Stan Honey monte sur le pont pendant les manoeuvres
  • Un quart sur le pont, un quart en stand-by prêt à manoeuvrer, un quart de repos total

• Chaque quart dure trois heures sauf entre 12 et 18 heures TU ou ils ne durent que 2 heures.