CHAMPION SUISSE DE SURPRISE 2010

Première et troisième places pour les jeunes du Centre d’Entraînement à la Régate lors du Championnat suisse de Surprise 2010 (CN Pully, 12-16 mai). Les briscards de Mayer Opticiens (2e) s’intercalent entre CER1 – VILLE DE GENÈVE mené par Jérôme Clerc et CER2 – AÉROPORT DE GENÈVE de Bryan Mettraux. On refait la régate avec Jérôme Clerc.

Jérôme, il existe une tendance à dire que Pully peut être un « plan d’eau tordu ». Comment étaient les conditions pour cette régate?
Nous avons eu du Rebat et de la Bise entre 5 et 20 noeuds.. un peu de tout! La majorité des manches se sont courues dans une Bise modérée, or à Pully ce vent vient de terre. La bouée au vent était placée très près de la côte, dans une zone de turbulences. Il y avait des oscillations de plus de 30 degrés et de très fortes variations d’intensité de vent. En effet on a trouvé ça un peu « tordu »… Du coup la stratégie était de court terme, le but du jeu étant d’exploiter au mieux ce qui nous tombait dessus!

Que s’est-il passé pour que vous ne soyiez pas classés lors de la 7e manche?
Après deux minutes de course, nous virons de bord, l’enrouleur de génois casse, la voile tombe sur le pont. Nous devons abandonner la manche pour réparer. Le problème a été vite résolu mais nous avions grillé notre joker, il n’y avait plus le droit à l’erreur pour conserver la première place. Cet imprévu a changé notre approche des dernières manches: il fallait ne prendre aucun risque sur les départs ou sur la tactique et quand-même finir dans les cinq premiers. Ça nous a fait un bon exercice de gestion du risque.

Quels ont été vos points forts?
Dans ces conditions aléatoires il fallait être très réactif, tant sur les manœuvres et les réglages que sur les décisions tactiques. Les heures de navigation en ce début d’année nous ont permis d’avoir un petit plus en réactivité. Il nous est arrivé de virer plus de dix fois à l’approche de la bouée au vent pour tout prendre dans le bon sens, tellement les variations étaient marquées. Un autre bon point était la sérénité. Sur ce plan d’eau cisaillé il fallait savoir être patient quand ça n’allait pas et attendre son tour pour encaisser le gain dans un meilleur moment. Lors de la dernière manche on passe de 26èmes sous le vent à 6èmes à l’arrivée… Nils Palmieri occupait pour la première fois le poste de piano-tactique. Il est resté très calme malgré de véritables casses-têtes à résoudre, ce qui a beaucoup contribué à la sérénité à bord.

Quels bilan général fais-tu après cette course?
Une fois de plus je constate qu’on n’a jamais fini d’apprendre. Un exemple: pour la première fois nous avions décidé de naviguer à 4 au lieu de 5, car les conditions annoncées étaient très faibles – bien moindres que ce que nous avons finalement eu. Le fait de naviguer à 4 nous a permis d’expérimenter une autre méthode, avec notamment plus de communication pour la récolte des informations et sur les choix tactiques. La méthodologie mise en pratique au C.E.R. depuis des années a fait ses preuves, mais sur ce coup, ça a été intéressant d’essayer une variante et de devoir se réorganiser pour bien fonctionner.

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