Clap de fin sur la Route du Rhum – La Banque Postale

Roland Jourdain à bord de Veolia Environnement leader du Championnat du Monde Imoca et vainqueur de la 9ème Route du Rhum – la Banque Postale.

A l’issue de la première édition (1978), Michel Malinovsky écrivait « Seule la victoire est jolie », Roland pourrait ajouter : « d’autant plus belle que la bataille fût intense ».
Il y a quatre ans Jean le Cam rappelait à l’arrivée (28mn derrière Roland Jourdain) que pour faire un beau vainqueur il fallait un beau second ! Cette année le beau second c’est Armel Le Cléac’h qui signe à Pointe-à-Pitre une course et une saison toutes deux magnifiques.

Bilou remporte pour la seconde fois cette superbe transat.
Roland est fier de sa course et il peut l’être, son parcours est remarquable. Il a parfaitement maîtrisé sa trajectoire, ses choix météo ont été les bons, et sa tactique n’a laissé aucune porte ouverte à ses concurrents. Qui mieux qu’Armel Le Cléac’h peut juger la performance : « Bilou était au-dessus du lot. Il a dominé la course quasiment de bout en bout. A partir du moment où il est passé en tête, il y est resté jusqu’à l’arrivée. »

Armel quant à lui mène pour la troisième fois son Brit Air sur la seconde marche du podium des plus belles courses océaniques, La Transat anglaise derrière Loïck Peyron, le Vendée Globe derrière Michel Desjoyeaux et aujourd’hui la Route du Rhum.

Marc Guillemot, Champion du Monde en titre, remporte une très belle troisième place à bord de Safran. Vainqueur de la Transat Jacques Vabre, troisième du Vendée Globe, Marc ne quitte plus les podiums et son bateau, précurseur

PAROLES DE SKIPPERS :

Réactions à chaud des skippers de la Route du Rhum – La Banque Postale

Bilou parle de sa victoire et de son équipe :

Le doublé c’est un plus. Nous, on a pas un match tous les samedi soirs ! On a une grosse épreuve par an, nos carrières sont fragiles. Je n’avais rien gagné depuis quatre ans…. Il fallait gagner. J’ai le sentiment d’avoir bien bossé et vraiment qu’on a tous bien bossé. On ne le dira jamais assez, mais c’est un boulot d’équipe et le bateau est nickel, vraiment bien préparé. C’est vraiment toute une énergie collective et ça fait plaisir d’amener tout ça à la première place.»

Armel parle du public :

Il y a eu plein de belles images. Mais la plus impressionnante était le départ à Saint-Malo. J’étais pris par le stress du départ et le vent assez faible. Et à un moment, j’ai jeté un œil à la pointe du Grouin et j’ai vu tout ce monde. C’était vraiment incroyable ! On se sent tout petit à ce moment-là.»

Marco parle de la course :

« C’était un vrai combat tout du long. Il a fallu vraiment se donner beaucoup pour avancer. On savait avant le départ qu’il y avait un niveau très homogène dans cette classe. Toute la course l’a montré. Dès que l’un d’entre nous lâchait un peu, ratait une manœuvre ou avait un problème technique, la sanction était radicale. C’est le signe d’une classe homogène et forte. Il ne faut rien lâcher. Et dès qu’on lâche, on le voit au classement suivant. C’était une régate intense sur tout l’Atlantique avec des moments forts et d’autres encore plus forts.»

JP fait son bilan et parle de sa quatrième place

«…J’aurais préféré la troisième, qui était mon objectif. C’est un peu frustrant, car quelque part, j’étais arrivé en troisième au niveau de l’île. Mais bon, cela fait partie de la course…
C’était ma première course avec ce bateau. J’ai du boulot pour être plus serein à bord mais j’ai toujours été dans le coup. C’est donc positif car j’ai fait une grosse partie de la course dans les premiers. J’ai toujours été à fond et à bloc. Virbac-Paprec 3 est un très bon bateau. Il a quelques problèmes de jeunesse que l’on va régler pour la prochaine grande course qui va partir dans un mois et demi : la Barcelona World Race. Le bateau ne devrait plus faire qu’un avec moi !»

Vincent parle de la victoire de Bilou et de l’Imoca :

« Rien à dire. Propre. Dans la régularité. Nickel. Pas de coup d’éclats. Rapide tout le temps. Dans les fronts, il n’a jamais lâché. Il a creusé tranquillement comme ça. Dans les conditions difficiles de la fin, c’est parti par devant. Et ça s’est terminé de manière parfaite.
…..le niveau en Imoca est aujourd’hui tellement élevé, que si on n’est pas à 100% du départ à l’arrivée, ça ne passe plus. C’est pour ça que ce n’est pas évident de réaliser une performance avec un bateau neuf. Surtout sur une course difficile et technique comme cette édition.»

Mich Desj parle des vainqueurs :

« La victoire de Bilou? C’est un beau vainqueur. C’est un double vainqueur, il n’y en a pas tant que ça. J’ai réalisé cet après-midi avec l’arrivée de Lionel (Lemonchois) que cette année il y a deux doubles vainqueurs et c’est assez rare. Bilou s’est bien placé, il a toujours attaqué, il a super bien navigué. Il n’a pas hésité à être incisif, à se décaler et à remettre le couvert quand il fallait. Le tout sans souci technique ce qui lui a permis de se focaliser sur sa trajectoire, et de faire une course de toute beauté, d’autant plus belle qu’il y avait de la bagarre.»

Cali parle du bonheur d’être en mer… à côté de Mich Desj :

Ce n’est quand même pas commun de faire une transat en solitaire à bord de ce genre de bateaux et il y a beaucoup de positif. J’ai appris beaucoup de choses. Je me sens maintenant aussi bien à bord de ce bateau que sur l’ancien et c’est une satisfaction qu’il faut avoir, même si le résultat n’est pas là. J’aurais voulu offrir un meilleur résultat à l’équipe, qui a fait un super boulot tout au long de l’année, ainsi qu’à tous ceux qui me soutiennent et notamment aux salariés d’AKENA. Sur un plan sportif, je suis content d’avoir tenu tête à Mich Desj et de ne terminer que 3 heures après lui.»

Christopher Pratt évoque son meilleur souvenir :

« Le vrai moment magique, c’est cette arrivée. A 20 milles de la ligne, Marc et toute l’équipe sont venus à ma rencontre, et le passage de la ligne, avec Lucile, ma fille et Alex, ma femme qui sont montées à bord. C’était hyper émouvant et complètement magique de vivre ça avec eux. Ça faisait deux semaines que je rêvais de ça. L’arrivée c’est à peu près la seule chose qui s’est vraiment passée comme je m’y attendais.»

AGENDA

Rendez-vous à Barcelone à partir du 18 décembre sur le village de la Barcelona World Race.
Départ le 31 décembre 2010… le compte à rebours est lancé!