Cook…que coûte!

 

– Renault ZE s’est emparé de la 3e place du classement
– L’écart se resserre entre Virbac-Paprec 3 et MAPFRE
– Groupe Bel et Estrella Damm, en escale à Wellington, repartiront mardi dans la soirée

 

Il y a de l’agitation dans l’air et sur l’eau du côté de la Nouvelle-Zélande et de son célèbre détroit de Cook vers lequel convergent tous les regards. Spécificité de son parcours qui distingue la Barcelona World Race dans le paysage des circumnavigations planétaires, le passage de ce corridor maritime, avec la possibilité de faire une escale technique de 48 heures à Wellington, se plaît à relancer la course. Pour preuve : l’arrêt simultané de Groupe Bel et Estrella Damm qui permet aux Cantabriques de Renault ZE de gagner deux places d’un coup. En ce 52e jour de mer, voilà Pachi Rivero et Tonio Piris bien installés en 3e position ! Une jolie manière pour ces solides navigateurs de faire leur entrée dans les eaux du Pacifique Sud, et de se lancer aux trousses des deux bateaux leaders…

Le détroit de Cook : tout un programme pour les 12 bateaux et les 24 skippers de la Barcelona World Race ! Orienté nord-ouest / sud-est, ce canal qui sépare l’île du Nord et l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande est sous haute affluence à ce stade de la course. Avec deux bateaux en escale, le passage de Renault ZE à la longitude de Wellington à 13h10 (heure française) ce lundi, ceux annoncés de Neutrogena et de Mirabaud, il y a du beau monde pour jouer autant des étraves sur l’eau que des coudes dans les lignes du classement. Véritable juge de paix sous ces latitudes du bout du monde, le passage du détroit de Cook reste pour les concurrents celui de toutes les promesses et de toutes les incertitudes. Pour les marins de Renault ZE, il est désormais celui de tous les possibles.

Le coup double de Renault ZE

A bord de ce bateau, ex-Gitana 80, Pachi Rivero, le seul récidiviste de la course après une première participation aux côtés de Bubi Sansó, et son complice, Tonio Piris, connu pour ses précieuses compétences techniques, tirent aujourd’hui les premiers fruits d’une navigation qui n’a jamais manqué de conviction. Après une périlleuse sortie de la Méditerranée en queue de peloton, l’équipage cantabrique a su s’accrocher pour remonter en 5e position et progresser dans les sillages des premiers. Grand bien leur a pris puisque ce lundi, en même temps qu’ils se hissent à une place d’honneur aux dépens de leurs deux inséparables prédécesseurs bloqués au port, ils tirent aussi profit de conditions favorables, un solide flux de nord, pour accélérer la cadence à plus de 16 nœuds de moyenne. Après avoir accumulé presque 1 500 milles de retard en approche de l’Australie, Pachi Rivero et Tonio Piris n’ont mis que huit jours pour réduire de moitié leur écart sur les imperturbables leaders de Virbac-Paprec 3. Coup double et jolie opération pour les héros du jour !

Avec le duo Rivero-Piris, ils sont désormais trois concurrents à fouler les eaux incertaines et ouvertes du Pacifique Sud en direction du cap Horn, distant encore de 3700 milles des premiers. A bord du bateau bleu de tête, l’ambiance est à la concentration dans les vents de nord-nord-est générés en bordure ouest d’un anticyclone. De quoi favoriser un net regroupement, comme en témoignent encore les 97 « petits » milles qui séparent ce lundi après-midi Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron de leurs plus proches poursuivants, les champions olympiques de MAPFRE. Créditée d’une jolie vitesse de progression de près de 20 nœuds ces dernières heures, la paire Iker Martinez-Xabi Fernandez, vraie révélation de cette régate planétaire, n’a visiblement pas fini de maintenir la pression comme le suspense. Pour mémoire, rappelons que ces Basques, à l’instar de leurs compatriotes cantabriques, ont su profiter de leur progression sans escale au large de Wellington pour revenir en force dans le sillage des premiers qui s’y étaient arrêtés. Au passage, ils avaient aussi franchement réduit leur retard qui était de plus de 780 milles en mer de Tasmanie… Même schéma, même combat !

D’autres surprises du chef ?

Pointés à 6 nœuds au large de Stephens Island, à l’entrée du détroit de toutes les convoitises, Boris Hermann et Ryan Breymaier (Neutrogena) ont promis également d’en tirer parti en poursuivant leur chemin… coûte que coûte ! Ils devraient donc d’ici ce soir ou demain matin s’emparer de la 4e place aux nez et aux étraves des équipages engagés dans une course aux réparations techniques sur la terre ferme. Qu’en sera-t-il pour le double mixte de Mirabaud qui a doublé le cap Farewell sur les coups de 15h (heure française) ce lundi ? Dominique Wavre et Michèle Paret, n’ayant pas prévu de s’arrêter au stand de Wellington, vont-ils également voler la politesse aux bateaux rouges qui doivent reprendre les chemins de la compétition demain à 20h13 et 20h14 ? Voilà bien une possibilité qui se profile encore à l’horizon de la course. Quant aux filles de Gaes Centros Auditivoset aux gars d’Hugo Boss, ils et elles devraient également profiter de l’aubaine de Cook pour copieusement réduire leur retard. Comme quoi, le détroit qui réserve le choix de relâcher ou de tracer sa route vaille que vaille, fait bien figure de redoutable passage à niveau… Et de vraie surprise du chef sur la route des trois caps !

Classement du 21 février à 15 heures (TU+1) :

1 VIRBAC-PAPREC à 10763 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 97 milles du leader

3 RENAULT ZE à 736 milles

4 GROUPE BEL à 489,6 milles

5 ESTRELLA DAMM à 770 milles

6 NEUTROGENA à 825 milles

7 MIRABAUD à 885 milles

8 HUGO BOSS à 1211 milles

9 GAES CENTROS AUDITIVOS à 1411 milles

10 FORUM MARITIM CATALA à 2942 milles

11 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 3285 milles

12 WE ARE WATER à 3701 milles

ABD FONCIA

ABD PRESIDENT

En bref :

Trophée de l’Océan Indien :

Renault Z.Ea passé la longitude de Wellington aujourd’hui à 12h10 TU. Son temps pour parcourir la distance entre le cap de Bonne Espérance et Wellington est de 22 jours 17 heures et 55 minutes.

Ils ont dit :

Loïck Peyron, Virbac-Paprec 3 : « Depuis le départ de la Nouvelle-Zélande, on savait très bien que nos petits amis de MAPFRE allaient être mieux lotis que nous pendant pas mal de temps d’ailleurs, car nous sommes un peu plus en avance sur un système anticyclonique devant nous, et plus on s’en rapproche moins on a de vent. Je ne connaissais pas bien MAPFRE avant le départ, et j’ai appris à les observer. Ils font partie des meilleurs. Ils ont un bon bagage et des expériences complémentaires. Ce sont des clients très sérieux sur un bateau non moins sérieux. On ne les a jamais pris à la légère. »

Boris Hermann, Neutrogena :« Nous avons une belle opportunité de prendre l’avantage sur Groupe Bel et Estrella Damm. D’après les prévisions, nous devrions les passer de jour. Nous serons devant Wellington demain matin, ce qui devrait nous permettre de revenir également sur Renault Z.E. Je pense que nous sommes un peu chanceux avec ce bateau. »

Dee Caffari, GAES Centros Audotivos : « C’est une décision difficile pour ceux qui s’arrêtent. C’est très intéressant pour nous, mais décevant pour eux. Mais, c’est la course et la route est encore longue. Nous savions que quelque chose allait se passer. Ceux qui vont repartir de Wellington seront bien reposés avec un bateau révisé et des provisions fraîches à bord. Nous, nous devrons alors trouver les ressources pour continuer notre chemin et rester dans la course. »

Gerard Marín (ESP) Fòrum Marítim Català :« Les conditions se sont améliorées ces dernières heures. Nous avons 24-25 nœuds de vent au 90 et nous avançons à 15-16 nœuds. Nous sommes au Sud de l’Australie. Nous devrions être dans 3 ou 4 jours au large de la Tasmanie. Ceux de devant sont loin, ce sont des bateaux rapides. Même si nous naviguons bien, il sera difficile de les suivre. Nous voulons garder l’écart qui nous sépare avec nos deux compagnons de route. Cela fait deux jours que Central Lechera Asturiana revient fort. »