Coup sur coup

La traversée du Pot au Noir s’annonce rapide et relativement facile avec seulement un léger ralentissement ces prochaines heures pour les cinq premiers, un passage un peu plus délicat pour les deux suivants et une situation assez complexe pour le reste de la flotte. Avec l’abandon officiel de Président, ils ne sont donc plus que treize duos en course.

Coup dur pour Jean Le Cam et Bruno Garcia : le démâtage de Président n’offre pas de solution de rechange et le bateau arrivé vers 21h à Mindelo (île de São Vicente, Cap-Vert), s’est amarré après une journée de moteur. L’équipage était très affecté par cet incident technique non encore expliqué, et si le Breton a déjà connu des situations similaires lors de sa longue et talentueuse carrière de navigateur, il n’en était pas de même pour l’Espagnol qui rêvait depuis des mois de ce tour du monde sans escale. Tous les concurrents ont exprimé leur soutien et leur regret de voir ce bateau et son équipage devoir jeter l’éponge si tôt.

Coup de frein

Toujours en tête de la flotte de la Barcelona World Race depuis maintenant trois bonnes journées, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron sont bien dans le Pot au Noir, mais le lieu n’est pas aussi mal famé que d’habitude : Virbac-Paprec 3 est arrivé à maintenir une vitesse presque toujours supérieure à neuf nœuds, même si le duo a dû multiplier les manœuvres et les réglages dans une brise plutôt instable. Leurs dauphins, Michel Desjoyeaux et François Gabart ne suivent pas exactement le même chemin puisque Foncia est à une cinquantaine de milles plus dans l’Ouest : devant de toute manière faire escale au Brésil, il ne sert à rien de chercher à gagner dans l’Est puisqu’à la sortie du Pot au Noir, ils devront choquer les écoutes. Et normalement, les grains et les calmes sont moins intenses côté Amérique du Sud que côté Afrique… Notons qu’en distance réelle à l’équateur, les deux bateaux n’ont que 26 milles d’écart !

Coup droit

Alex Pella et Pepe Ribes réalisent une excellente opération ces dernières heures : Estrella Damm est le poursuivant qui a grappillé le plus de milles ces dernières 24 heures sur les leaders, avec plus de 120 milles récupérés ! Joli coup pour les Espagnols qui, avec leur trajectoire la plus à l’Est (28°25W), peuvent espérer sortir du marasme équatorial en bonne position de chasseur, avec un meilleur angle pour la phase de vent de travers attendue après le Pot au Noir. Coup de maître aussi pour leurs compatriotes Ike Martinez et Xabi Fernandez car MAPFRE est aussi en bonne voie pour revenir dans le tableau arrière des deux leaders. Sachant que le team Foncia a annoncé un arrêt technique à Recife d’une vingtaine d’heures, ils devraient alors aborder la descente de l’Atlantique Sud dans le trio de tête…

Mauvais coup

En revanche, Dominique Wavre et Michèle Paret ont perdu beaucoup de milles ces derniers temps en raison de la rupture du lashing (cordage fixant) capelant le gennaker à la tête de mât : non seulement il leur a fallu deux heures pour récupérer la toile, mais surtout Mirabaud navigue sous-toilé et doit serrer plus le vent pour maintenir une vitesse correcte, ce qui le décale progressivement plus à l’Est de la flotte… Le couple a de quoi être inquiet tant qu’il n’a pas réussi à réparer, car Kito de Pavant et Seb Audigane (Groupe Bel) ainsi que Boris Hermann et Ryan Breymaier (Neutrogena) ne sont plus qu’à une cinquantaine de milles derrière, en pleine possession de leur potentiel et sur une route plus rapide dans l’Ouest !

Coude à coude

Si Pachi Rivero et Antonio Piris sont à la même latitude que Dee Caffari et Anna Corbella, il y a tout de même une cinquantaine de milles de décalage latéral entre Renault ZE, le plus rapide de la flotte ce mercredi, et Gaes Centros Auditivos. Mais c’est surtout à l’arrière que le match est relancé puisque quatre tandems se tiennent en à peine quarante milles ! FMC et Hugo Boss naviguent d’ailleurs à vue, à cinq milles l’un de l’autre au cœur de l’archipel du Cap-Vert, entre São Vicente et Fogo… We are water ne semble pas en bonne posture car Jaume Mumbru et Cali Sanmarti vont devoir zigzaguer entre les îles, alors que Central Lechera Asturiana va enchaîner les empannages (au minimum deux) pour éviter le dévent des îles, si Juan Merediz et Fran Palacio maintiennent leur volonté de se recadrer vers l’Ouest avant d’aborder le Pot au Noir.

Coup bas

De l’autre côté de la Terre, l’Antarctique a largué beaucoup de glaces l’été austral dernier et ces blocs ont depuis fait de la route vers le Nord-Est : ils ne sont pas si loin que ça de la première porte des glaces instituée par la Direction de Course de la Barcelona World Race ! En conséquence, avec l’ajout d’une nouvelle marque de parcours, en laissant l’île de Gough (40°16S – 9°57W, dans le Sud-Sud-Est de Tristan da Cunha) à tribord, les équipages n’auront pas la tentation de descendre sous les Quarantièmes Rugissants avant d’aller franchir la première porte des glaces. Cette profusion d’icebergs dans l’Atlantique Sud est suivie avec une attention particulière par la Direction de Course car de la position exacte de ces dangers flottants va dépendre la décision de déplacer ou non ces portes de sécurité.

Classement du 12 janvier à 15 heures :

1 VIRBAC-PAPREC 3 à 21 879 milles de l’arrivée

2 FONCIA à 43 milles du leader

3 ESTRELLA DAMM Sailing Team à 99 milles

4 MAPFRE à 142 milles

5 MIRABAUD à 152 milles

6 GROUPE BEL à 209 milles

7 NEUTROGENA à 213 milles

8 RENAULT Z.E à 437 milles

9 GAES CENTROS AUDITIVOS à 469 milles

10 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 635 milles

11 FORUM MARITIM CATALA à 665 milles

12 HUGO BOSS à 670 milles

13 WE ARE WATER à 682 milles

ABN PRESIDENT