Départ de la 2ème étape réussi

Le 17 août 2010

Chi va piano va sano

Petite partition italienne au départ de cette deuxième étape. Andrea Caracci (Speedy Maltese) n’a voulu laisser à personne le soin de jouer l’ouverture de cette deuxième étape. Sans tambour ni trompette, le skipper transalpin a profité des petits airs pour s’extirper en tête à la sortie de la baie d’Horta. Derrière lui, la chasse s’organise.

Petit temps, mer plate, ciel bas : les Açores n’offraient pas vraiment leur meilleur visage pour ce départ de la deuxième étape. Comme s’il fallait que les skippers partent avec le minimum de regrets après une semaine paradisiaque entre randonnées pédestres, visites des îles et observations des cétacés, sans oublier les incontournables soirées chez Peter Café Sport. Sur les pontons, l’émotion était perceptible, même si le départ d’une seconde étape n’est pas entaché de la même intensité dramatique que le premier saut dans l’inconnu. Chacun sait qu’il a déjà accompli la moitié du chemin, la pression des amis, des familles est moins forte, la communauté des coureurs a eu le temps de se souder depuis plusieurs semaines passés côte à côte. Il reste que l’instant de larguer les amarres n’est jamais totalement anodin. Certains travestissent leur émoi sous de faux airs blagueurs, quand d’autres concentrés dans leur bulle semblent déjà partis ailleurs.

Route sous le vent, route devant

Sur la ligne de départ, donnée directement aux allures portantes sans bouée de dégagement deux choix se dégageaient : partir côté tribord au bateau comité en espérant un vent un peu plus soutenu ou partir à la bouée en tablant sur un angle plus favorable par rapport au vent arrière. C’est ce deuxième choix qui s’avérait payant : Andrea Caracci (Speedy Maltese) prenait le meilleur sur Milan Kolacek (Follow me) et Jean-Marc Allaire (Baker Tilly AG2R La Mondiale) qui à la barre de son Pogo 2 tenait tête aux deux prototypes. Au vent, la situation était plus confuse : Robert Rosenjacobson (NED 602) un peu trop tôt sur la ligne, se devait de lofer et d’arrêter son bateau sous peine de voler le départ. Derrière lui, un groupe compact se frayait un chemin d’où s’extirpaient rapidement Thomas Normand (Financière de l’Echiquier), Jörg Riechers (mare.de) et un peu plus en retrait Lucas Montagne (ONG Conseil) et Paul Marette (Région Nord Pas de Calais). En série les deux favoris se marquaient sous le vent de la flotte Xavier Macaire (Starter) contenant les assauts de Davy Beaudart (Innovea Environnement). Le reste de la flotte était déjà légèrement distancé à l’exception d’Amaury François (amauryfrancois.com), sur une position intermédiaire. Seul du groupe du milieu à tirer brillamment son épingle du jeu, Sébastien Rogues (Eole Génération EDF GDF Suez) sur sa vitesse, revenait dans le paquet de tête.

Record à battre

Ce départ dans les petits airs ne préjuge en rien de ce qui attend la flotte dans les jours à venir. Une chose est sûre : le record absolu de l’épreuve est en train de trembler sur ses bases. En effet, les dernières prévisions météorologiques ont déjà mis à mal les modèles de routage qui imposaient à la flotte de monter très au nord pour trouver du vent. L’anticyclone des Açores est en train de s’affaisser brusquement et ouvre la voie au train des dépressions océaniques qui devraient propulser la flotte à vitesse grand V vers les Sables d’Olonne. Et surtout, il semble bien que la situation se clarifie dans le golfe de Gascogne et que l’arrivée devienne, en matière de navigation, plus simple qu’elle ne semblait encore vingt-quatre plus tôt. De quoi faire dire à Bertrand Delesne (Prati’Buches) : « Les routages à huit jours, c’est bien, à condition de savoir en sortir… »Parole de sage.