Départ J -7

« Personne n’est à l’abri de gagner la Route du Rhum … »

 Sidney Gavignet

 Dans 7 jours, 86 concurrents seront au départ de la 9ème édition de la Route du Rhum, le dimanche 31 octobre prochain ; 3 542 milles à avaler tambour battant entre Saint Malo et Pointe à Pitre. Au menu : un zeste de Manche, le golfe de Gascogne, l’Atlantique nord en plat de résistance, et un demi-contournement de la Guadeloupe pour conclure.

A J-7 du coup de canon, Sidney Gavignet, calme et disponible, touche les dividendes d’une préparation au long cours, technique et personnelle, qui remonte à janvier dernier, au moment où le Sultanat d’Oman prend la double décision d’aligner son trimaran de 32 mètres, au départ de la Route du Rhum, et d’en confier les commandes pour la circonstance à Sidney Gavignet. Depuis, Sidney et Oman Air Majan ont accompli en équipage l’équivalent d’un Vendée Globe (27 000 milles) et presque l’équivalent d’une Route du Rhum (4 000 milles) en solitaire.

 Dès que Sidney a su qu’il allait faire la Route du Rhum sur le bateau amiral de la flotte d’Oman Sail, il a  écarté les options des foils et du mat basculant pour garder ce plan Irens/Cabaret de 32 m dans sa simplicité d’origine. Le résultat de ce choix est qu’Oman Air Majan est un maxi mutlicoque parfaitement marin, capable d’affronter sans broncher les plus méchants coups de vent, comme cette tempête dans le sud de l’océan Indien dont les 70 nœuds n’ont laissé aucune trace sur le bateau ni sur les hommes.

 Le Record du Tour des Iles Britanniques* disputé dans l’intensité d’une course a beaucoup appris à Sidney, sur lui-même, sur sa gestion de l’effort, de la nourriture et du sommeil, sur le bateau qu’il a poussé à l’extrême et sur ses relations de travail et de confiance avec Marcel van Triest, son routeur pour le Rhum.

 * Sidney est, depuis le 24 août 2010, le détenteur, toutes catégories, du record des Iles Britanniques, solitaire et équipage, sur Oman Air Majan, en 4 jours 15h 9mn 27s à 15,95 nœuds sur un parcours de 1 787 milles – temps homologué.

  Sidney : « Je suis serein parce que je me sens parfaitement prêt. Je sais que je n’ai pas l’étiquette d’un des « favoris » de la classe Ultime. C’est logique. C’est ma première participation, cela fait 10 ans que je n’ai pas fait de course en solitaire (Le Figaro en 2000) et  Oman Air Majan n’a pas les petits « plus » techniques qui attirent le regard des spécialistes et des pronostiqueurs. Mais j’ai confiance car personne n’est à l’abri d’une victoire dans la Route du Rhum ! Dans une course en équipage, comme la Volvo que je connais bien, le bateau est mené à 100% de son potentiel technique. Les bateaux les plus performants sont donc presque assurés de la victoire. C’est différent dans une course en solitaire. Les différences techniques sont aplanies parce qu’un solitaire ne peut pas tirer 100 % du potentiel technique de son bateau. La différence se joue donc un pourcentage qui dépend du mental, du physique et de la confiance dans le bateau. Sur ce dernier point, j’ai une confiance absolue dans Oman Air Majan sur lequel je navigue depuis 8 mois presque sans interruption.  Est-ce que cela va suffire pour combler le déficit de vitesse indéniable que j’ai parce mon bateau n’a pas de foils ni de mât basculant ?  Verdict dans deux semaines.»

 

 

Pas de pression donc à 7 jours du départ ? «  Non, répond Sidney avec le sourire. A une semaine du départ, j’ai vraiment la sensation d’être maître de la pression que je me mets. Un peu comme un robinet dont je règle le débit comme je veux. Si je garde un peu de cette pression pour rester concentrer, je ne me laisse pas submerger par elle. Ce contrôle est le fruit de 8 mois d’arbitrage, d’anticipation, d’entrainement et de travail sur moi. Je suis serein, parce que je ne vois pas comment j’aurais pu faire mieux, donner plus avant le départ.»