Deux jours ½ sur le pont

Cheminées Poujoulat a franchi la ligne d’arrivée de l’étape entre Gijon et Brest dans la nuit de jeudi à vendredi, 1 heure 21 minutes et 35 secondes après Armel Le Cléac’h, le vainqueur. Finalement très régulier pour sa première participation, Bernard Stamm n’a pas fini d’être étonné par la Solitaire du Figaro.

 

On voyage en groupe

Cheminées Poujoulat est arrivé 23ème de la deuxième étape de la Solitaire. Alors qu’il avait un écart de 1 heure 26 minutes et 6 secondes sur Brit Air lors de l’étape entre Le Havre et Gijon et était classé 15ème, cette fois-ci, il concède 1 heure 21 minutes et 35 secondes, au même, deux fois vainqueur. « Il est très en forme et maîtrise son sujet » confiait Bernard en parlant d’Armel Le Cléac’h, le skipper de Brit Air. Et c’est justement de ça qu’il s’agit : Maîtriser la régate au contact, le Graal que Stamm est venu chercher sur cette course. «On voyage en groupe, jamais seul. Collé à la barre, toujours sur le pont ou à la manœuvre. Le temps de te restaurer, tu lâches la barre et hop ! il y en a deux ou trois qui te passent. Alors, pour se reposer, c’est une autre histoire » racontait Bernard en arrivant au port du Moulin Blanc dans la nuit de jeudi à vendredi. «Je ne sais même plus quand j’ai dormi pour la dernière fois, de toutes façons c’est par tranches de cinq minutes et là, je pense que je vais faire un tombé !». Dur apprentissage en vérité mais qui ravit Bernard décidément heureux d’en être.

La moindre erreur coûte cher

Sur le papier, on le sait, la monotypie est exigeante et même quelquefois cruelle. «Ce ne sont pas des bateaux rapides, même quand on n’est pas bien classé, on n’est jamais loin. Sauf que comme c’est une course au temps, petit à petit, on recule au classement. Dans le Golfe de Gascogne, c’était pas mal, il y avait du vent et je préfère ça à la pétole. J’ai rallongé la route volontairement et ça a payé. Après, le louvoyage le long des côtes jusqu’au Raz de Sein, il ne fallait pas se rater, on a fait du rase cailloux quand même. Passé Penmac’h, j’ai fait un peu les choses à l’envers. J’attendais une bascule à droite et elle est venue à gauche… Le final dans le goulet, sous spi en multipliant les empannages tout près de la côte dans la nuit noire, c’était Rock’n Roll aussi… » S’amuse Bernard qui avoue avoir souffert néanmoins : «On ne dort pas, on est mal assis et on a la tête toujours penchée du même côté. Mais j’aime beaucoup cette course, même si je préfèrerais avoir gagné les deux premières étapes et ne rien devoir à personne ».

Lundi, c’est reparti !

Il reste encore deux étapes avant Cherbourg, terme de cette Solitaire. Lundi, à 14 heures, la flotte mettra le cap sur Kinsale en Irlande. Le parcours de 349 milles pour mériter d’amarrer son Figaro dans ce port de la Riviera irlandaise est certes le plus court de l’épreuve, mais surtout pas le plus facile.