Du blanc du bleu : La Snim, droit au but!

Avis de grand bleu en rade de Marseille : les régates de la 46ème Snim se sont courues aujourd’hui sous un grand soleil avec un vent de secteur sud autour de 10 nœuds. Les bananes et les parcours côtiers se sont enchaînés, laissant un répit de courte durée aux équipiers qui ont participé à la course de nuit et aux supporters ayant fêté la victoire de l’OM en Coupe de la ligue.

Les cheveux salés, les yeux ensommeillés, les traits tirés mais des images de navigation plein la tête : les marins avaient tous à cœur ce matin de raconter leur course de nuit. Une grande course qui ressemblait à s’y méprendre à une énorme banane, avec une remontée au près de 50 milles suivie d’un retour au vent arrière. Si Near Miss avait pris le meilleur départ samedi après-midi, le TP52 de Franck Noël a vite déchanté. « On a eu un problème avec une drisse de génois » explique le project manager de Near Miss Benoît Briand. « Il nous a fallu rester au mouillage pendant plus de 2 heures à Riou pour réparer ». Entre-temps, le plus grand bateau de la flotte a pris la tête pour ne plus la quitter. « Med Spirit a fait cavalier seul en tête pendant toute la course » raconte le skipper de ce 90 pieds, Laurent Pellecuer, « mais c’est un bateau exigeant. Nous sommes 17 à bord et à chaque virement de bord, tout le monde est mis à contribution». Pas question de dormir non plus à bord de Dralion et de Speedy. Le Ker 53 et le Marten 49 se sont livrés une bataille de tous les instants jusqu’à Porquerolles. « Du vrai match racing ! » commente Bernard Xiberras qui navigue à bord de Speedy. « On se suivait à chaque virement de bord et Dralion a fini par nous passer devant à la pointe de Porquerolles ». Une nuit mouvementée donc… Et au moment où les derniers supporters allaient se coucher après avoir fêté la victoire de l’OM, Med Spirit a franchi la ligne d’arrivée en tête – un peu après 3 heures du matin. Mais en temps compensé, c’est le Speedy de Hans Riegel qui finit grand vainqueur de cette course de nuit en IRC 1. « Cela restera un grand souvenir parce qu’on s’est bien battu » conclut Bernard Xiberras. « Avec un coucher de soleil merveilleux au cap Sicié » ajoute Didier Lacombe qui fait partie du groupe de propriétaires qui a racheté Med Spirit en 2008.

En IRC 2, la course a été aussi très disputée. A bord de son First 40.7 Spirit of Adhoc, Thierry Bouchard a choisi une stratégie payante. « Dès que le vent est tombé sur le retour à Cassis, nous sommes partis au large à 6 ou 7 milles pour trouver de l’air ». Son bateau décroche une belle deuxième place. D’autres coureurs n’ont pas eu cette chance et sont restés bloqués dans la pétole pendant plusieurs heures avant d’arriver à Marseille. «J’aurais préféré que les conditions de vent soient plus stables », confie simplement Philippe Peytou, le responsable de la commission sportive de la Société Nautique de Marseille. « C’était en belle bagarre» résume de son côté le parrain de la 46ème Snim Thierry Fouchier qui a passé la nuit à bord de l’IMX 40 Fastwave 3 SL Energie Renouvelable. « On a rasé les cailloux et on s’est bien régalé».

De toutes façons, le retour du soleil a mis tout le monde d’accord ce matin, et les régates en rade ont repris leurs droits. En rade nord, les IRC 3 sont partis dès la fin de matinée pour un parcours côtier de 15 milles. Les grandes unités se sont jointes à eux vers 14 heures et sont allés jouer à « rase cailloux » près du Frioul. Départs léchés et envois de spi millimétrés: le plaisir se faisait sentir chez tous les équipiers qui on pu (enfin..) enlever leurs cirés pendant les parcours bananes. Même plaisir de l’autre côté du Frioul, en rade sud où le comité de course a pu lancer trois régates aujourd’hui : un petit côtier vers Planier et deux parcours bananes. Les plaisanciers du dimanche ont eu droit à un beau spectacle. Sur le Folie Douce Callela, Antonia Sarasal ne recule devant rien : elle a navigué aujourd’hui malgré son coup de bôme reçu hier et ses sept points de suture. A bord de Godzilla, c’est un choc contre un tangon qui a blessé un équipier cet après-midi.

La SNIM c’est aussi…

Hélène Silve est la seule femme à être jaugeur agrée « IRC Endorsed » en France. Cette Marseillaise est une infirmière à la retraite.

Tanguy Dadon entame sa deuxième saison sur son First 45 Nalu. Cet ancien champion de France d’escrime est marié avec une certaine Nathalie Simon.

Le système iSea3d permet de suivre les régates à terre en direct. Les trackers téléchargés sur les smartphone des coureurs permettent d’avoir les positions des bateaux. http://isea3d.com

Yannick Adde est sans doute l’un des régatiers les plus costauds de la Snim. Il a longtemps navigué avec Xavier Rohart en Star. Il est régleur de grand voile à bord d’Oursy.