Du Cap Vert à Wellington…

– Virbac-Paprec 3 au large du Cap Vert, MAPFRE à ses trousses
– Fin de l’escale technique d’Hugo Boss aux Malouines
– A Wellington, Central Lechera Asturiana a réparé son mât et pourrait reprendre la mer dans quelques jours…

 

9000 milles, presque deux océans. C’est l’espace qui sépare Virbac-Paprec 3 de Central Lechera Asturiana après 81 jours de course. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron, poursuivis par Iker Martinez et Xabi Fernandez sont attendus dans dix jours à Gibraltar. De leur côté, Juan Merediz et Fran Palacio pourraient quitter la Nouvelle-Zélande en fin de semaine avec leur mât réparé, après plus de 20 jours d’escale technique ! Du premier au dixième, de l’Atlantique Nord au Pacifique, il y a autant d’histoires humaines et techniques à raconter…

Le 3 avril. C’est la première date estimée d’arrivée pour Virbac-Paprec 3 à Barcelone. Dans le meilleur des cas, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron ou leurs adversaires directs de MAPFRE ont encore 13 jours de course devant leurs étraves. Pour l’heure, ils remontent au bon plein dans de timides alizés d’Est-Nord-Est, 340 milles dans l’ouest de l’archipel du Cap Vert. Peu d’option à l’horizon, mais un concours de vitesse au moins jusqu’aux Canaries. Avec 220 milles d’écart entre les deux rivaux, soit un peu moins de 10% du chemin qu’il reste à parcourir, la course est loin d’être terminée. Le tandem français et le duo espagnol alimenteront probablement le suspense jusqu’aux dernières longueurs de ce tour du monde.

Isolés en 3e position aux portes du Pot au Noir, les hommes de Renault Z.E, n’ont pas le souci de la pression adverse. La menace Estrella Damm et Neutrogena s’est évaporée ces dernières 48 heures lorsque les deux bateaux sont restés tanqués au large de la corne du Brésil, dans un front ondulant ne leur prodiguant que des vents fous ou absents. Au pointage de 15 heures, après avoir vécu deux jours au son des voiles faseyantes, ils avaient retrouvé des vitesses dignes de leur monture. Les voici au coude à coude, à 18 milles l’un de l’autre : c’est le deuxième gros duel de cette fin de course. Derrière, toujours au large du Brésil, Dee Caffari et Anna Corbella ont eu la mauvaise surprise ce week-end de constater une fissure dans le ballast avant de leur 60 pieds. Les filles de GAES Centros Auditivos ont immédiatement entrepris un gros chantier pour colmater le compartiment et les fuites (une tonne d’eau s’était engouffrée dans le bateau !). Dans un communiqué envoyé aujourd’hui, elles indiquaient « espérer rejoindre Barcelone sans avoir à s’arrêter ».

Ne pas s’arrêter était aussi le souhait des marins d’Hugo Boss. Pourtant, Andy Meiklejohn et Wouter Verbraak ont été contraints de relâcher 5 jours et demi aux Malouines pour réparer rail de mât et voiles délaminées. Leur escale technique a pris fin hier soir à 18h14 TU. Un stop plutôt usant pour les deux hommes qui ont dû assumer une grosse part de logistique… Les voici à nouveau en course, sous la menace d’une de ces violentes dépressions qui prennent forme sur les terres argentines. Une menace qui affecte aussi FMC quelques 170 milles plus au sud.

Restent encore deux concurrents dans le Pacifique. We are Water, à 1140 milles du cap Horn est attendu dans cinq jours devant le fameux rocher mais devra d’ici là essuyer une grosse dépression.

Quant à Central Lechera Asturiana, il est toujours en escale technique dans la capitale néo-zélandaise. Amarrés à Wellington depuis le 3 mars (après un démâtage survenu le 1er), Juan Merediz et Fran Palacio font tout leur possible pour terminer leur grande aventure, leur premier tour du monde à la voile. Leur mât a été réparé dans un chantier local, un gréement expédié de Valencia devrait leur parvenir en fin de semaine. D’ici fin mars, après plus de 20 jours d’arrêt au stand, ils devraient prendre la décision de continuer ou non. A ce moment là, les leaders seront déjà en approche de Gibraltar…

Classement du 22 mars à 15 heures (TU+1) :

1 VIRBAC-PAPREC 3 à 2352,6 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 219,3 milles du leader

3 RENAULT Z.E à 964,8 milles

4 ESTRELLA DAMM Sailing Team à 1234,6 milles

5 NEUTROGENA à 1252,1 milles

6 GAES CENTROS AUDITIVOS à 1864,3 milles

7 HUGO BOSS à 3888,2 milles

8 FORUM MARITIM CATALA à 4054,9 milles

9 WE ARE WATER à 5698,7 milles

10 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 9197,7 milles

ABN FONCIA

ABN PRESIDENT

ABN GROUPE BEL

ABN MIRABAUD

Ils ont dit :

Jean-Pierre Dick, Virbac-Paprec 3, joint par son équipe : « Tout va bien à bord. Nous remontons tranquillement au près au large de l’archipel du Cap Vert. Le point positif est que nous avons réduit le latéral entre MAPFRE et nous. Ils sont quasiment à 350 milles derrière nous dans notre axe. Devant nous, il y a un anticyclone qu’il va falloir contourner. On étudie la question avec Loïck comme à notre habitude. On discute, on pose le pour et le contre et on tranche ensemble pour une décision collégiale. Il y a des choix à faire !

Nous gardons un rythme course autour du monde au contact. Autant te dire que nous sommes au taquet ! Par contre, nous sommes très attentifs à l’alimentation et au sommeil. C’est crucial pour être très en forme pour le final. C’est sympa de croiser les îles du Cap Vert, j’y étais allé après la Barcelona World Race 2007 pour récupérer et me promener sur ses belles plages et ses magnifiques montagnes. Avant de se coucher, Loïck m’a dit qu’il sentait les effluves de l’Archipel. Moi, j’ai beau mettre le nez dehors, je ne sens rien pour l’instant. »

Alex Pella (ESP), Estrella Damm : « Nous avons vécu deux jours presque arrêtés. Nous avons tout essayé pour gagner quelques milles. Les filles de GAES Centros Auditivos vont assez vite et Renault Z.E. nous échappe. Neutrogena est encore derrière, mais pas loin de notre tableau arrière. Nous pouvons les voir à la jumelle. Ils doivent être à 10 milles. Cette situation affecte aussi le matériel. Les voiles claquent beaucoup et nous devons faire attention aux petits trous que nous avons dedans. Nous enroulons un peu le Code 0 et nous gardons la grand-voile dans l’axe. Sur ce Tour du Monde, nous avons beaucoup appris dans l’art de faire avancer le bateau avec peu de vent. Nous essayons toujours d’être au maximum en pensant à ceux qui sont devant. »

Wouter Verbraak (NED), Hugo Boss : « C’est vraiment agréable de naviguer de nouveau au lieu d’être bloqué à terre. Nous pensions que cet arrêt technique serait l’opportunité pour nous de profiter de bons lits chauds et de prendre un peu de temps, mais cela ne fut pas le cas ! Nous avons été pris par l’organisation de la logistique pour les maîtres-voiliers, pour qu’ils aient tout sur place. Nous n’avons fait que de la logistique, couru à droite à gauche pour fournir les repas à la voilerie pour qu’ils n’aient qu’à se préoccuper de la réparation de nos voiles. Pendant ce temps, notre directeur technique, Ross Daniels, a réparé le générateur et le rail de mât. Maintenant nous sommes contents d’être de retour en course. Je peux dire que maintenant nous sommes de retour à 99% de nos capacités. C’est génial de se retrouver avec un bateau qui peut de nouveau porter toute sa toile. La grand-voile est en tête. C’est incroyable comme elle est grande. Cela fait six semaines que je ne l’avais pas vu comme cela. Tout ce beau monde a très bien travaillé et a fait plus que nous en attendions dans un laps de temps si court. C’était vraiment bien. Je peux dire que maintenant nous sommes de retour à 99 % de nos capacités. C’est génial de se retrouver avec un bateau qui peut de nouveau porter toute sa toile. La grand-voile est en tête. C’est incroyable comme elle est grande. Cela fait six semaines que je ne l’avais pas vu comme cela (…) Le plus étrange est de revenir dans un système de quart. Même si vous avez trois heures de sommeil, c’est comme si vous n’en avez fait que cinq minutes. »