Du Mistral au thermique barcelonais

Un mois après la seconde épreuve du Circuit Audi MedCup à Marseille, la flotte des TP52 et des GP42 s’apprête à courir sa troisième régate de la saison, à Barcelone en Espagne. Changement de décor, changement de conditions.

Après le Mistral, qui avait malmené les équipages tout au long de la semaine française, les concurrents devront cette fois négocier le capricieux Garbi, brise thermique locale réputée pour son instabilité en direction, mais surtout… en force. D’après les dernières prévisions, le vent ne devrait pas dépasser les 12 noeuds en début de semaine, pour faiblir à partir de jeudi.

« Il y aura beaucoup moins de vent que lors des deux premières épreuves de la saison », déclarait aujourd’hui le skipper de Synergy (RUS), Karol Jablonski (POL) après l’entraînement. « Mais nous connaissons bien Barcelone. Nous devons travailler sur la vitesse du bateau car nous savons qu’il n’est pas très rapide dans le petit temps. Les conditions sont compliquées sur l’eau, assez typiques de Barcelone je dois dire. La régate va être serrée, donc il va falloir prendre des bons départs et choisir le bon côté du plan d’eau ».

Ce changement de conditions pourrait-il redistribuer les cartes en ce milieu de saison ? C’est probable, car le niveau est très homogène et la moindre contre-performance peut coûter cher. Bien conscients de l’enjeu, tous les équipages des TP52 sont donc sortis naviguer cet après-midi pour une ultime répétition sur le plan d’eau catalan avant la manche d’entraînement officielle demain.  

« C’est vrai qu’il n’y aura pas beaucoup de vent et même si on dit que notre bateau est plus performant dans ce type de conditions, c’est toujours difficile de se démarquer car le niveau est très élevé », explique le barreur de Bribón (ESP), Gonzalo Araujo (ESP). « Notre problème est que nous n’avons pas les mêmes équipiers tout au long de la saison. C’est donc très difficile de progresser et d’être aussi efficaces dans les manoeuvres que sur les autres bateaux ».

Certains appréhendent plus que d’autres le manque de vent annoncé, notamment les équipages aux bateaux plus anciens ou réputés plus à l’aise dans la brise, comme le plan Judel/Vrolijk de Luna Rossa (ITA). « Nous avons apporté quelques modifications à notre TP52 depuis Marseille mais nous savons que ce n’est pas le plus rapide de la flotte », confie Lorenzo Bressani (ITA), barreur de l’équipe italienne. « Il a beaucoup de mal dans le petit temps. Il nous faut au moins 10 ou 11 noeuds. En dessous, c’est très difficile. Nous peinons à dépasser la huitième place ou neuvième place. C’est un gros handicap. Nous avons essayé de changer plusieurs choses pour améliorer les performances, mais le bateau préfère la brise et on ne peut pas y faire grand chose. Nous avons conçu des voiles plus creuses pour le petit temps, mais je ne sais pas si cela sera suffisant ».

A terre, le public espagnol apprécie d’avantage ces conditions estivales. La Régate Camper – Trophée Conde de Godó – Barcelone n’a pas encore commencé que la foule est déjà au rendez-vous sur le Village de la course. Hier soir, le spectacle de World Percussion et du groupe espagnol 84 a rencontré un énorme succès et Barcelone, qui accueille pour la première fois le Circuit Audi MedCup, n’a pas failli à sa réputation de ville festive.

Circuit Audi MedCup 2010
Classement général provisoire après deux épreuves

TP52 Series
1. Emirates Team New Zealand (NZL), 31,5+31= 62,5 points
2. Audi A1 powered by ALL4ONE (FRA/GER), 51,5+29,5= 81
3. Quantum Racing (USA), 59,5+22,5= 82
4. Matador (ARG), 60+27= 87
5. TeamOrigin (GBR), 59,5+31= 90,5
6. Synergy (RUS), 64+35,5= 99,5    
7. Cristabella (GBR), 65+43,5= 108,5
8. Artemis (SWE), 57+53= 110  
9. Luna Rossa (ITA), 77,5+44,5= 122  
10. Bribón (ESP), 88+41= 123,5
11. Bigamist 7 (POR), 88+78= 166

GP42 Series
1. Islas Canarias Puerto Calero (ESP), 14+17= 31 points
2. Iberdrola (ESP), 25+10= 35
3. Madrid-Caser Seguros (ESP), 24+12= 36
4. AIRISESSENTIAL (ITA), 37+15= 52
5. Peninsula Petroleum (GBR), 40+24= 64