En Figaro vers le Sud

Attention devant, voilà les sudistes !

Une grosse pincée de Sud dans une route vers l’Ouest. Pour toucher du vent frais, Bernard Stamm et Gildas Mahé ont choisi de se décaler furtivement au Sud dès le passage de la marque. Une stratégie qui commence à porter ses fruits !

À moins de 2000 milles des Antilles, le Figaro Cheminées Poujoulat commence à savourer son choix d’option. Une tactique que Bernard justifie aisément. « Placé comme on l’était après la porte de La Palma, on ne risquait pas de rattraper les autres avant Saint Barth en filant gentiment derrière eux. Du coup, il nous a fallu créer un écart en latéral, soit à droite, soit à gauche. Il nous a semblé que ça ne passerait pas au Nord, alors on est parti au Sud. » En se décalant de cette façon, Bernard et Gildas espèrent trouver des alizés favorables et éviter une perturbation qui arrive par le Nord. Le groupe de tête qui plonge à son tour vers le Sud a déjà senti un ralentissement. Cheminées Poujoulat continue pour sa part à filer au portant dans une quinzaine de nœuds. De quoi conforter l’équipage dans son choix, comme le dit Bernard. « Même s’il y a de grandes incertitudes, l’option commence à  se dérouler comme on le souhaite. »

Cette option, les deux marins l’ont d’abord pensée à deux. Bernard : « J’ai analysé la situation météo avant de l’expliquer à Gildas. Nous en avons discuté et nous avons fait ce choix ensemble. » Si cette tactique est bien le résultat d’une réflexion commune, elle était un peu osée ! Le skipper l’avoue : « C’était un pari risqué car il y a tout de même des chances que ça passe tout droit. Si c’est le cas, on aurait beaucoup rallongé notre route pour peu de chose. Alors oui, c’était risqué, mais ça a l’air de ne pas trop mal se passer maintenant. Mais la route est longue ! »

La route est d’autant plus longue qu’à bord, Gildas et lui sont « rivés à la barre. » La mer est croisée et le vent oscillant, alors pas de pilote automatique qui tienne ! « Le pilote va tout droit, il ne s’amuse pas avec les vagues et ne cherche pas les risées. Il faut donc barrer tout le temps ! C’est contraignant et fatigant. On ne fait pas beaucoup d’efforts physiques, mais c’est beaucoup de concentration et il faut rester longtemps dans la même position. » Bernard, que l’on sait dur au mal, reconnaît que ces longues heures de barre usent l’organisme.

Après douze jours de course, l’équipage de Cheminées Poujoulat est toujours à fond et croit en son option. Encore 19e au classement ce matin, Bernard se montre patient. « Le verdict ? On saura ça à l’arrivée ! Ils traînent déjà au Nord et on commence à récupérer notre investissement de sudiste. Mais l’option peut n’être payante qu’à la fin ! Pour le moment, on est content d’être là où on est. »