En ligne de mire

3.2.2010

Le contournement de la dépression canarienne s’est bien effectué la nuit dernière et Groupama 3 traversait mercredi après-midi une zone de transition pour aborder les alizés capverdiens. Avec près d’une demi-journée d’avance sur le temps de référence, Franck Cammas et ses neuf équipiers visent désormais une porte pour franchir rapidement le Pot au Noir.

Un, deux, trois : après les archipels de Madère et des Canaries, c’est au tour du Cap-Vert d’être l’objet de toutes les attentions. Car lorsqu’il faut descendre l’Atlantique Nord au plus vite, il est nécessaire non seulement d’obtenir la trajectoire la plus optimale en termes de milles parcourus, mais aussi prendre en compte les obstacles qui parsèment le parcours. De fait, éviter de traverser les îles est toujours une sécurité car les effets de relief sont conséquents lorsque les volcans culminent à plus de 2 000 mètres !

« Nous avons tout juste envoyé le grand gennaker parce qu’il n’y a plus que treize noeuds de vent : tout se passe bien et le bateau est comme neuf ! Nous sommes en bordure de l’anticyclone et il n’y a pas de vagues du tout : ça glisse facile… Nous sommes assez contents du déroulement parce que samedi matin, ce n’était pas vraiment évident de s’élancer sur le Trophée Jules Verne. Maintenant, il n’y a plus de fenêtres pour partir ces jours prochains et nous sommes déjà en avance sur le temps de référence… » indiquait Steve Ravussin à la vacation radio de 12h30 avec le PC Course parisien de Groupama.

Moins de six jours ?

 Ce mercredi midi, nous avons de très bonnes conditions : nous avons déjà pu enlever plusieurs couches de polaires ! Il fait beau, pas trop chaud, la mer est belle, le ciel dégagé. À ce rythme, nous devrions passer dans l’hémisphère Sud en un peu plus de six jours, ce qui serait le deuxième meilleur temps sur cette tranche de parcours… Et l’Atlantique Sud semble s’améliorer de jour en jour : c’est assez plaisant, après toutes les galères que nous avons connues lors des précédentes tentatives. »

Un dernier empannage est prévu dans la soirée de mercredi pour bien déborder l’archipel du Cap-Vert et surtout pour conserver un angle optimal dans cette descente vers l’équateur : la porte d’entrée pour traverser le Pot au Noir se situe en effet entre 25° et le 30° Ouest. Comme le potentiel de Groupama 3 est le meilleur à 135° du vent réel dans des alizés annoncés pour une vingtaine de noeuds, le choix du changement de cap est important pour ne pas avoir à dévier d’une route très directe.

« Nous allons faire une longue ligne droite vers l’équateur dès ce soir. Normalement, le vent devrait mollir un peu cet après-midi, mais les alizés vont ensuite se renforcer avant la nuit jusqu’à 17-20 noeuds. Nous allons conserver une bonne moyenne sur ce dernier bord de portant avant d’entrer dans le Pot au Noir… Ah ! On vient de taper sur un poisson-lune ! Rien de grave… » racontait un Stève Ravussin en pleine forme.

 Tableau de marche de Groupama 3
(départ le 31 janvier à 13h 55′ 53 » TU)

 Jour 1 (1er février 14h TU) : 500 milles (retard = 94 milles)
Jour 2 (2 février 14h TU) : 560 milles (avance = 3,5 milles)
Jour 3 (3 février 14h TU) : 535 milles (avance = 170 milles)

Meilleur temps au passage de l’équateur
Groupama 3 : 5j 15h 23′ (novembre 2009)
Temps de référence du Trophée Jules Verne à l’équateur
Orange 2 : 7j 02h 56′ (janvier 2005)

 L’équipage et l’organisation à bord de Groupama 3

Quart n° 1 : Franck Cammas / Loïc Le Mignon / Jacques Caraës

  • Quart n° 2 : Stève Ravussin / Thomas Coville / Bruno Jeanjean
  • Quart n° 3 : Fred Le Peutrec / Lionel Lemonchois / Ronan Le Goff
  • Navigateur hors quart : Stan Honey monte sur le pont pendant les manoeuvres
  • Un quart sur le pont, un quart en stand-by prêt à manoeuvrer, un quart de repos total

• Chaque quart dure trois heures sauf entre 12 et 18 heures TU ou ils ne durent que 2 heures. 

Le record à battre  

Détenu depuis 2005 par Bruno Peyron sur Orange 2 en 50 jours 16 heures 20 minutes à 17,89 noeuds de moyenne. Étaient à bord : Lionel Lemonchois, Ronan Le Goff et Jacques Caraës.