Enfin du portant mais, orages, pluies et grains

Ils sont enfin au portant après deux semaines de près, mais le soleil tant attendu n’est pas au rendez-vous et c’est toujours trempés de la tête aux pieds, de la proue à la poupe, que Stamm, Jourdren et Cheminées Poujoulat glissent vers les Antilles. Ils sont actuellement deuxsièmes à 90 milles des premiers, initiatives Novédia, à plus de 11 nœuds de moyenne. A leur nord, en troisième position, le tandem italien qui connaît des problèmes d’étai est considérablement ralenti (à 5 nœuds).

Après deux semaines de près, la plupart des concurrents de la Solidaire du Chocolat encore en course connaissent des problèmes techniques. Cheminées Poujoulat a failli perdre son mât la semaine dernière et si ce souci majeur est résolu, Bernard Stamm et Bruno Jourdren rencontres d’autres déconvenues. A commencer par la panne de leur Iridium (antenne arrachée en début de course) qui les handicape sérieusement pour tout ce qui concerne la récupération des fichiers météo. «Voilà 48 heures que nous n’avons aucune information météo » expliquait Bernard tout à l’heure, « ça fait que nous sommes un peu dans le flou pour la suite des événements. Vue la vitesse d’Initiatives Novédia, il y a manifestement plus d’air au sud que ce que j’avais pu voir il y a trois jours ».

Si l’équipage de Telecom Italia évoque la possibilité de s’arrêter aux Antilles pour réparer leur étai, Bernard, de son côté, s’interroge pour en faire autant. «Si on s’arrête, on prend trois heures de pénalité. C’est encore loin, mais nous y réfléchissons. La plupart de nos problèmes techniques sont résolus, mais certains d’entre eux sont redondants ; Notre grand voile est désolidarisée de son chariot. Le bord d’attaque, le guindant, en est libre. Si ça n’est pas trop pénalisant, ce serait éventuellement une bonne chose de s’arrêter pour remettre tout ça en place. On va voir ».

Pour l’heure, c’est certes enfin en mode ‘glisse’ que Cheminées Poujoulat fait route vers les Antilles et la marque de passage de Saint Barthélémy, mais dans des conditions météo toujours pénibles : «Le ciel est plombé, il pleut, il y a des grains et nous devons manœuvrer sans cesse parce que c’est perturbé. Mais le plus pénible c’est l’humidité. Il est vraiment temps que nous puissions faire sécher tout ça, les bonshommes et le bateau ».

Véronique Guillou-Le Bivic

Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat): « La glisse jusqu’à Saint Barth »

 « Ça va, on n’a toujours pas vu les couleurs du soleil. On est trempé, trempé, on espère en se rapprochant du sud qu’on verra un peu le soleil. C’est quand même plus confortable, on est plus au près, mais il y a encore des grains : hier on s’en est pris un à 50 nœuds ! On fait attention à la monture, on essaye d’épargner le bateau au maximum. Mais on se fait régulièrement des petites frayeurs. On a sorti le spi, mais c’était chaud, le vent est fort. On est à 14-15 nœuds et on fait des pointes à près de vingt nœuds… On garde nos vêtements mouillés pour préserver le peu de vêtements secs qu’on a. On est couvert de boutons, on a des infections. On attend que ça s’installe pour s’occuper un peu de nous. »