Entrée des artistes

Ils entrent en piste mardi. Les grands et petits yachts classiques dont les voiles auriques ou Bermudiennes enchantent et fascinent, feront demain leur grand début dans ces Voiles de Saint-Tropez 11ème du nom. Goélettes, sloops, ketches ou yawls vont de nouveau couvrir les eaux du golfe dans une grande sarabande savamment orchestrée par un Comité de course rompu à l’exercice. Si l’incertitude plane quant à la nature exacte de l’humeur d’Eole, l’étonnante richesse esthétique et architecturale du plateau proposé cette année va combler marins éclairés comme néophytes. Voir une fois, et une fois seulement Elena et Eleonora croiser sous le Portalet, Tuiga, Mariska et les deux Moonbeam abattre sur une ligne de départ, ou Oriole, Nan ou Dainty toutes voiles dehors…et rêver.

 Aux caprices d’Eole.

« Zéro nœud à La Moutte » ; la sentence du mouilleur chargé en bordure du Golfe de Saint- Tropez de tracer une ligne de départ est sans appel ; il aura vainement cuit sous le chaud soleil tropézien, Eole est resté introuvable tout au long de cette première journée des Voiles réservée aux voiliers Modernes. Seuls les futuristes Wally, au nombre de 11 cette année, auront peu avant midi profiter d’un asthmatique flux d’Est pour s’élancer sur un parcours au large de Pampelonne. Las ! au bout d’une petite heure de régate maîtrisée de bout en bout par les allemands d’Y3K (Wally100.3), le comité de course arrêtait définitivement les débats, tout semblant d’air ayant irrémédiablement déserté le parcours. Nombre de voiliers étaient pourtant sortis goûter le plan d’eau, tester une voile ou rôder en configuration course un équipage. Ce n’est naturellement que partie remise puisque l’ensemble des 296 voiliers se présentera dès demain 11 heures à la disposition des trois comités de course des Voiles, celui des Classiques face à Saint-Tropez, celui des Modernes  à La Moutte,et celui des Wally devant Pampelonne.

 Les grandes manœuvres s’invitent aux Voiles

D’importantes manœuvres militaires ont actuellement lieu au large du littoral Varois. La cohabitation entre les forces de l’OTAN et l’immense flotte des voiliers Classiques ou Modernes des Voiles aurait pu s’avérer problématique. Mais le bon sens marin de la Préfecture Maritime et des organisateurs du grand rendez vous Tropézien a prévalu. Un terrain d’entente a rapidement été trouvé grâce à la compréhension du capitaine de frégate Hannibal, responsable de la coordination des manœuvres, et à l’esprit conciliant d’André Beaufils. La zone de jeu des régatiers, qui s’étire habituellement loin dans l’est du côté de Fréjus, s’est trouvé limitée de quelques milles, au profit d’une extension dans l’ouest, au delà de cap Camarat. Militaires et régatiers vont ainsi et durant toute la semaine, cohabiter harmonieusement, sans courir le risque de voir un sous-marin d’attaque franchir intempestivement une ligne d’arrivée au nez et à la (sous) barbe d’un yacht classique….

 Les promesses de Mariska

15 jours à peine après sa mise à l’eau au chantier Charpentier de La Ciotat, le 15 m JI signé Fife Mariska laisse déjà entrevoir de formidables promesses de performances et de résultats. Longtemps bord à bord dimanche dernier lors de la Coupe d’Automne du yacht Club de France avec son prestigieux cadet Tuiga, le premier des quatre 15 m JI construit au tout  début du 20ème siècle inspire déjà le respect par sa belle vélocité, et laisse augurer de formidables joutes à venir dans sa catégorie des grands voiliers auriques. « Nous avons dimanche et pour la toute première fois, envoyé la voile de flèche (Le flèche est un gréement que l’on rencontre sur certains cotres mais aussi sur de nombreux bateaux de pêche, genre thonier. C’est une voile complémentaire à la voile à corne pour augmenter la surface de la voilure. ndlr.) » explique Bernard « Bernie » Tarrès, skipper de Mariska. « Malgré notre manque de repère notamment en matière de réglages, nous sommes très heureux de la vitesse du voilier. » Mariska a subi un profond « refit  » à la Ciotat. Son propriétaire Suisse ne masque pas ses ambitions : naviguer, toujours et encore, pour le plaisir, avec l’ambition affichée de damer le pion chaque fois que possible à « D3″, numéro de voile historique et qui désigne le redoutable adversaire désigné, Tuiga. Mariska entend bien à très court terme faire entrer à son tour son dénominateur « D1 » dans la légende des grands « Fife » aurique.

 Mariska est un 15 M JI sur plans William Fife de 1908. Il est rentré dans les ateliers « Charpentier réunis de La Ciotat pour une restauration complète qui a débuté en Juillet 2007. Ayant été profondément modifié par ses propriétaires successifs, ce voilier de régate devrait retrouver sa configuration d’origine pour rencontrer ses frères que sont Tuiga, The Lady Anne et Hispania sur le circuit classique dès cet automne  2009.

Appartenant à la famille des « racers » du début du XX siècle, ce bateau a été taillé pour la course. Ce côtre aurique a ainsi par exemple remporté les régates du Havre ou la Coupe Internationale de Cowes des 15 M JI en 1908. La restauration sur Mariska est totale avec un maximum d’éléments d’origine. Le bateau retrouve notamment sa ligne car il nous est entré en chantier avec 3 mètres de pont sectionné. Le bateau compte dorénavant 9 membrures supplémentaires sur un total de 72. Les bois les plus nobles ont été choisis à tous les stades pour ce projet : acajou, teck, pitchpin, spruce, pin d’Oregon, … . Toutes les membrures ont été remplacées ainsi que les varangues qui sont en acier inoxydable, le nouveau lest est en plomb; pour l’anecdote, ce plomb vient d’un des Class America du team Alinghi de la dernière coupe à Valence.

 Insatiable Tuiga

C’est son anniversaire, et pour ses cent ans, le yacht amiral du Yacht Club de Monaco compte régner sans partage sur les régates Méditeranéennes. Vainqueur des Régates Royales de Cannes la semaine dernière, c’est encore en victorieux que le fin plan Fife de 1909 barré par Bernard D’Alessandri a rallié Saint-Tropez hier dimanche dans le cadre de la Coupe d’Automne du Yacht Club de France. Sur un parcours raccourci, faute de vent dans le golfe et sur la ligne d’arrivée, Tuiga, un moment inquiété par son quasi sistership Mariska, a su trouver la bonne veine de vent à la terre pour se détacher irrésistiblement. La couleur est annoncée. Tuiga le centenaire arrive aux Voiles avec un appétit d’adolescent, et des « jambes » de 20 ans.

 Résultats de la Coupe d’Automne du Yacht Club de France

63 engagés, 53 participants.

 Groupe Epoque Aurique :

1-Tuiga – Bernard D’Alessandri

2- Avel – Christopher Austin

3- Eva- Juan Carlos Eguiagaray

 Groupe Epoque Marconi plus de 16,50 m :

  • 1- Rowdy- Graham Walker
  • 2- Karenita – Lucas Zamecnik

3- Ikra – François Moreau

 Groupe Epoque Marconi moins de 16,5 m :

  • 1- Peter – Claudio Mealli
  • 2- White wings – Michael Spriks
  • 3- Dainty – Mike Hollis

 Classe Marconi :

  • 1- Chaplin – Bruno Puzone Bifulco
  • 2- Sagittarius – Florence Urrutti
  • 3- Undina -Matthew Kotze

 Spirit of Tradition :

  • 1- French Kiss – Markus Daniel
  • 2- Pitch – Patrice Riboud
  • 3- Shamrock -Nicolas Ryan
  • 4-

 Notez aussi…

  In the navy

Fondée en 1982 sans but lucratif, l’association Italiennes des Voiles d’époque, l’A.I.V.E. a pour but fondamental de préserver le patrimoine historique, artistique et technique constitué par les yachts d’époque, c’est à dire ceux lancés depuis 1950, et par les classiques. L’association a son siège à Gênes, près du Yacht Club Italien. Elle est affilié à la Fédération Italienne de Voile. L’Amerigo Vespucci, le célèbre trois mâts navire école de la Marine Italienne, appartient aussi à l’AIVE. Chaplin est une goélette marconi membre de l’AIVE qui s’illustre cette année sur la Riviera. Son capitaine Bruno Puzone Bifulco vient de s’octroyer la seconde place à Cannes en catégorie des Classic Marconi. Propriété de la Marine Italienne, son voilier Chaplin, plan Carlo Sciarelli de 1974, vient aussi de remporter la Coupe d’Automne du Yacht Club de France la goélette de 16,75 mètres s’avère extrêmement véloce dans le petit temps, et les italiens nourrissent de légitimes ambitions à Saint-Tropez.

 Les semi-rigides à l’emblème du requin…

Pour la deuxième année consécutive Sillinger sera présent en tant que fournisseur officiel des Voiles de Saint-Tropez du 26 septembre au 04 octobre.

Au total 16 semi-rigides (du 3.80m au 9.50m) estampillés du requin emblématique de la marque navigueront aux côtés de vieux gréements et voiliers modernes afin d’aider les organisateurs dans l’assistance et la sécurisation des courses qui ont lieu quotidiennement.

Grâce à ce partenariat, Sillinger souligne son attachement au monde du nautisme : Modernité, Qualité, Sécurité et Précision, autant d’excellentes raisons de s’associer à la SNST, organisatrice de cette régate d’exception.

Retrouvez Sillinger, au cœur des Voiles de Saint-Tropez : www.sillinger.com , rubrique Événements.

  Météo :

L’anticyclone poursuit son extension sur le bassin méditerranée. Une dépression descend d’Europe du Nord et fait souffler en sa bordure sud un petit vent synoptique de 5 à 10 nœuds orienté sud ouest sur le littoral Varois.

  Ils ont dit :

  Bernard Tarrès, skipper de Mariska

« L’objectif affiché du propriétaire est de naviguer, naviguer et encore naviguer… de préférence, devant Tuiga ! »

  Georges Korhel, directeur de course des Voiles de Saint-Tropez :

« Lorsque l’on décide ainsi à contre-cœur d’annuler ou de ne pas lancer de régates, il est toujours frustrant pour les marins comme pour les organisateurs, de voir d’installer en fin d’après midi un petit semblant d’air. Mais c’est le propre des Voiles, de réserver la plus grande partie de la journée aux régates, et d’assurer un retour au port suffisamment tôt pour la convivialité à terre… »