Escale technique pour Groupe Bel ?

« Faire le tour du monde n’est pas anodin, » déclaraient Kito et Seb au départ de Barcelone le 31 décembre. Les concurrents de la Barcelona World Race entrent dans les eaux australiennes après 40 jours de mer aux fortunes diverses dont deux abandons. Notre tandem n’a pas été épargné. Les marins ont révélé aujourd’hui à la vacation de la mi-journée l’avarie de deux voiles importantes de la garde-robe de Groupe Bel, problème survenu avant l’équateur. Ceci pénalise la vitesse du bateau dans certaines conditions mais aussi les choix stratégiques. Malgré tout, Groupe Bel ne lâche pas, gardant cette 4e place à moins de 766 milles des leaders et à 170 milles du 3e Estrella Damm. Les dés sont néanmoins pipés et avant d’aborder le Pacifique, le duo n’exclut pas, peut-être comme d’autres équipages, une escale technique en Nouvelle-Zélande.

Légèrement distancé à la sortie de la Méditerranée, Groupe Bel cravache pour rattraper le peloton de tête. Le 11 janvier, avant le Cap Vert, alors que la flotte glisse à fond dans l’alizé de Nord-Est, le bateau part violemment « au lofe »*, endommageant le grand gennaker (voile de portant) qui est depuis inutilisable. Kito et Seb ont alors continué sous spi lourd qui, lui aussi, a cédé le lendemain dans un autre dérapage musclé.

Ces avaries ont eu des conséquences évidentes sur la marche de Groupe Bel. Dans des conditions de glisse avec un vent compris entre 15 et 25 nœuds, l’équipage n’a pas les voiles adaptées. Il dispose seulement de celles pour moins de 18 nœuds de vent ou pour plus de 25. « Si cela n’a pas été toujours pénalisant sur le parcours, le grand gennaker et le spi lourd nous manquent ces derniers jours. Il est important d’expliquer à ceux qui nous suivent pourquoi Groupe Bel n’est pas à 100% de son potentiel, » confie le skipper qui ronge son frein la tête haute depuis plusieurs semaines avec son coéquipier.

Magnéto Serge !

Si on rejoue le film de la course. A la sortie du Pot au Noir, Foncia puis Virbac-Paprec 3 décident d’opérer une courte escale technique** à Recife (Brésil), une option tentante pour les « cow boys ». Mais ayant une centaine de milles de retard sur la tête de course, Groupe Bel serait reparti dans un autre système météo avec des prévisions de vent pessimistes. La décision est donc prise de continuer. Kito et Seb auraient aimé aller ensuite chercher le vent le long du Brésil comme les Espagnols de Mapfre. Ils doivent pourtant y renoncer car ils n’ont pas les bonnes voiles. Ils tentent donc un passage dans l’anticyclone de Sainte-Hélène.

Ensuite, la météo a plutôt servi nos compères tant les conditions dans l’océan Indien ont été atypiques. « Nous avons eu beaucoup de près et du portant dans un vent musclé ou alors plutôt faible, ce qui nous a permis de garder une bonne cadence, » poursuit le skipper. « En revanche, depuis quelques jours, tout est rentré dans l’ordre avec un vent portant d’une vingtaine de nœuds, là où le grand gennaker nous fait défaut. Nous sommes à 20% en deçà des performances de Groupe Bel. Conclusion, Estrella Damm avec lequel nous naviguions à vue il y a moins d’une semaine, s’est envolé à plus de 100 milles devant. »

Cruel dilemne

Que faire ? A partir du 140° Est (avant la Tasmanie), comme le règlement le stipule, toute escale doit durer au minimum 48 heures. Or, le parcours fait passer les bateaux entre les deux îles de la Nouvelle-Zélande où la capitale Wellington offre tous les services nécessaires. L’équipe technique de Groupe Bel se prépare à une escale éventuelle. Une course contre la montre qui ne doit pas dépasser deux jours à terre et qui demande une sacrée anticipation.

Nos marins sont devant un choix cornélien. Faut-il s’arrêter, perdre deux jours, mais attaquer le Pacifique et la seconde moitié de ce tour du monde avec un potentiel retrouvé, ou bien faut-il continuer amoindri mais ne pas perdre une minute à terre ? « Aujourd’hui, rien de vital ne nous pousse à nous arrêter, » analyse Kito. « Nous prendrons notre décision dès que nous aurons une vue précise des conditions météo autour de la Nouvelle-Zélande qui joueront ou non en faveur d’un stop plus ou moins pénalisant vis à vis de nos concurrents. Il est aussi possible que d’autres équipages s’interrogent comme nous actuellement. La course est loin d’être terminée…»

*Départ « au lof » : Dans une survente, le bateau gîte (penche) de façon exagérée, le gouvernail décroche et le bateau lofe, c’est à dire qu’il se rapproche du lit du vent.

**Foncia pour refaire la crash-box (pare-choc) d’étrave et Virbac-Paprec 3 pour réparer une partie du rail de grand-voile arrachée.

CLASSEMENT DU MERCREDI 9 FEVRIER A 10 HEURES (HF) :

1 – Virbac-Paprec 3 / Jean-Pierre Dick & Loick Peyron à 13 760 milles du but

2 – Mapfre / Iker Martinez & Xabi Fernandez à 583 milles du leader

3 – Estrella Damm / Alex Pella & Pepe Ribes à 596 milles

4 – Groupe Bel / Kito de Pavant & Seb Audigane à 766 milles

5 – Renault / Pachi Rivero & Antonio Piris à 1071 milles

6 – Mirabaud / Dominique Wavre & Michèle Parret à 1587 milles

7 – Neutrogena / Boris Herrmann & Ryan Breymaier à 1664 milles

La Barcelona World Race en bref

Tour du monde en double et sans escale à bord de monocoques de 60 pieds IMOCA

Départ le 31 décembre de Barcelone à 13h00

Deuxième édition de cette épreuve organisée par la FNOB

(Fundació per la Navegació Oceànica Barcelona)

Parcours : 25 000 milles (46 300 kilomètres), passage entre les deux îles de la Nouvelle-Zélande

14 tandems inscrits : 28 marins, 7 nationalités, 3 femmes

Site du team Bel : www.sharingsmilestour.com

Site officiel de la course : www.barcelonaworldrace.org

Le groupe Bel est l’un des leaders mondiaux des fromages de marque

Son portefeuille de produits différenciés et d’envergure internationale tels que La Vache qui rit®, Kiri®, Mini Babybel®, Leerdammer® ou Boursin®, ainsi qu’une vingtaine d’autres marques locales, lui ont permis de réaliser en 2009 un chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros. Près de 11 500 collaborateurs répartis dans une trentaine de filiales dans le monde contribuent aux succès du Groupe. Ses produits sont élaborés dans 25 sites de production et distribués dans environ 120 pays.

L’opération « Coups de pouce ! »

Depuis juin 2007, plus de 7 500 empreintes de pouce sur les 11 500 collaborateurs que compte le Groupe dans le monde ont été récoltées dans 25 pays et apposées sur le mât du monocoque 60 pieds en signe de soutien au skipper. Et ce n’est pas terminé, le compteur tourne toujours