Extreme Sailing Series

Yann Guichard persiste et signe

C’était chaud… mais c’était beau ! Avec plus de 20 nœuds établis dans le port d’Almeria, les Extreme 40 se sont affrontés quatre à quatre sous grand-voile arisée, flirtant avec les quais et peinant parfois à trouver la pédale de frein à temps. Au terme d’une journée forte en sensations et autres sueurs froides, Groupe Edmond de Rothschild confirme son leadership au général avec 6 points d’avance sur Ecover, Masirah pointant troisième. Moins efficace qu’à l’accoutumée dans la brise – une sortie de route et un départ volé lui coûtant cher – The Wave, Muscat est ce soir quatrième. En cette journée ensoleillée, le public d’Almeria a répondu présent, se massant sur les quais.

Avec plus de 20 nœuds de sud-ouest établis cet après-midi, le comité de course décidait de scinder la flotte afin de n’avoir que quatre catamarans sur le plan d’eau simultanément, tout en imposant un ris dans la grand-voile et bannissant l’utilisation du gennaker. Dans la première course, Groupe Edmond de Rothschild s’imposait assez aisément devant Ecover après un départ parfait, tandis que Red Bull prenait la troisième place derrière un Emirates Team New Zealand prudent compte tenu des conditions et du manque d’expérience de l’équipage.

Dans la seconde course, la bataille faisait rage pour la seconde place entre Masirah et The Wave, Muscat, Groupama 40 menant assez confortablement les débats. Regonflé à bloc, Paul Campbell-James attaquait tant et si bien qu’un « freinage » trop tardif à la dernière marque sous le vent le contraignait à corriger copieusement sa trajectoire, passant dernier de cette manche remportée par Franck Cammas. Dans la course suivante, le ‘mano a mano’ entre les deux grands prétendants au titre final tournait à l’avantage de l’équipage de Yann Guichard, effectuant une belle démonstration de contrôle d’adversaire – comme dans les livres, le vent en plus ! Décidément très inspiré aujourd’hui, Franck Cammas n’allait pas tarder à empocher sa seconde victoire tandis que juste derrière le bouillant Leigh MacMillan sur Ecover effectuait un hold-up aux dépens de Loïck Peyron lors d’un passage en force – osé mais légal – à la marque sous le vent.

La belle série de Groupama 40 allait néanmoins marquer un temps d’arrêt, l’équipage restant coincé sur la bouée au vent tandis que Masirah volait vers une victoire confortable, Emirates Team New Zealand prenant une belle seconde place devant Groupe Edmond de Rothschild. L’après-midi continuait sur sa lancée spectaculaire, The Wave Muscat effectuant une impressionnante abattée au ras du quai après un départ volé, tandis que quelques minutes plus tard Red Bull accrochait la bouée au vent (une marque décidément malchanceuse) et la « remorquait » sur environ 150 mètres ! Dans cette atmosphère confuse, Ecover l’emportait.

Les deux derniers départs du jour étaient donnés sur un parcours de reaching, la flotte étant toujours scindée en deux. Faisant mentir la « croyance populaire » selon laquelle l’équipage de Groupe Edmond de Rothschild préfère les petits airs, Yann Guichard s’adjugeait une victoire de plus et confortait son leadership au général. L’ultime victoire de la journée était signée The Wave, Muscat (confronté à Masirah, Groupama 40 et Rumbo Almeria), ayant le champ libre suite au départ volé de Cammas et Peyron !

Réactions

Yann Guichard, Groupe Edmond de Rothschild
« C’est une bonne journée pour nous. Le comité de course a fait un choix judicieux de nous faire naviguer à quatre. On a montré que nous étions présents même dans le vent, hier je crois que James a dit que c’étaient ses conditions, on lui a montré qu’on était là aussi (…). Nous sommes dans le rythme et eux aussi, je suis persuadé que ça va se jouer dans la dernière manche du dernier jour, comme l’année dernière. »

Paul Campbell-James, The Wave, Muscat
« Nous n’avons pas tiré le meilleur de la journée aujourd’hui, c’était venté et d’habitude nous sommes plutôt bons dans ces conditions, nous n’avons pas bien navigué, c’est aussi simple que ça. On a volé un départ et nous sommes fait doubler au portant, ce qui n’arrive généralement jamais. Mais nous sommes toujours dans la course et c’est ce qui compte. »

Loïck Peyron, Masirah
« Une bien belle journée, avec du sport sur le parcours ! Scinder la flotte en deux était la bonne chose à faire, cela n’aurait pas été raisonnable d’avoir huit bateaux sur la ligne avec ce vent et compte tenu de l’étroitesse du plan d’eau. Bien sûr, lorsque l’on ne courait pas on pouvait profiter du spectacle, et observer un peu nos camarades – c’est intéressant, notamment de regarder les départs ! Niveau résultats, je pense que nous sommes passés partout, du plus haut au plus bas, mais encore une fois le travail de l’équipage a été impeccable. »

Franck Cammas, Groupama 40
« C’était chaud, on a bien fait de naviguer à quatre, sinon je pense que les départs auraient catastrophiques pour tout le monde. Il fallait bien partir et gérer les crises, notamment les manœuvres d’abattée qui sont toujours aléatoires sur ce genre de bateau. On va plutôt vite dans ces conditions, mais on a fait deux erreurs, un toucher de bouée et un départ prématuré, ce qui n’aide pas du tout sur des parcours comme ceux-là ! »

Dean Barker, Emirates Team New Zealand
« C’était incroyable, vraiment beaucoup de plaisir et à chaque course nous avons eu l’impression de progresser, de mieux appréhender ce dont ces bateaux sont capables ainsi que leurs limites. D’évidence nous jouons plus la prudence que l’agressivité, car l’équilibre n’est pas si évident à trouver. Parfois nous avons été un peu limite, et les courses sont si courtes que tout est dans le départ. Le public est vraiment motivant. »