FONCIA à bon port à Cape Town, premiers enseignements de la Barcelona World Race

– Après un rapide convoyage sous voilure réduite suite à la casse de sa tête de mât, FONCIA est arrivé à bon port, ce samedi, à Cape Town.
– Dans l’adversité et les difficultés, l’esprit d’équipe et la complicité sportive l’emportent pour Michel Desjoyeaux et François Gabart.
– Depuis leur abandon, les deux marins reçoivent beaucoup de manifestations de soutien.
– Cap sur l’avenir pour Michel Desjoyeaux et le team FONCIA avec une année 2011 marquée sous le signe de son retour en multicoque.

 

Michel Desjoyeaux et François Gabart, accueillis par l’équipe technique du Team FONCIA et Yves Gévin, Président du Directoire de FONCIA Groupe, sont arrivés au port de Cape Town ce samedi 29 janvier en début d’après-midi. Après la casse de la tête de mât mercredi dernier et leur abandon sur la Barcelona World Race, les esprits du bord se tournent vers l’avenir : une jolie manière de tirer les enseignements de cette première aventure commune basée sur la passion de la compétition au meilleur niveau, l’échange et le partage d’expérience entre Michel et son jeune co-skipper qui prépare le prochain Vendée Globe. Pour Michel Desjoyeaux, les projets se conjuguent cette année sur plusieurs coques sous les couleurs de FONCIA avec sa participation, dès le mois d’avril, en Décision 35 au Championnat Julius Baer sur les eaux du lac Léman. Puis viendra l’heure du Multicoque One Design (MOD 70) avec un programme de compétitions océaniques qui se prolongera jusqu’à l’horizon de l’année 2014. Interviews et premier bilan à l’arrivée du bateau à Cape Town…
Le convoyage vers Cap Town

Michel Desjoyeaux : « Depuis le démâtage partiel de FONCIA, François a pu monter à deux reprises dans le mât pour installer une drisse extérieure. Cela nous a permis de progresser sous deux ou trois ris et un foc à l’avant. Dans notre malheur, nous avons eu beaucoup de chance. D’abord parce qu’il n’y a que la partie haute du mât qui est tombée, nous n’avons pas eu besoin de faire un gréement de fortune. Ensuite, nous avons subi cette avarie pas très loin des côtes sud-africaines et pu bénéficier, pour les rejoindre, des conditions météo plutôt clémentes pour ces contrées souvent très hostiles. On a pu ranger tout ce qu’on pouvait à bord et éviter des dégâts collatéraux pour le bateau. Pendant ces trois-quatre jours nous avons aussi pu nous remettre un peu de nos émotions, et digérer ensemble la déception générée par l’obligation de quitter la compétition. Maintenant, nous allons démâter et déquiller FONCIA pour qu’il puisse rentrer par cargo en Europe, pour ensuite le réparer et le préparer pour son futur propriétaire.»

François Gabart : « Ces quelques jours de convoyage permettent d’adoucir un peu la brutalité de l’abandon après un mois de compétition extrême à fond la caisse. Cela nous a permis d’analyser un peu le pourquoi du comment. Une chose est sûre, sans vouloir nous déresponsabiliser, nous avons n’avons pas commis d’erreur de navigation. On allait vite, on poussait le bateau, mais comme il le fallait et l’exigeait la course. Nous avons donc plus un sentiment d’impuissance face à ce coup du sort qu’il nous faut néanmoins accepter. »

Les enseignements positifs de cette Barcelona World Race

Michel Desjoyeaux : « S’il y a une si grosse déception, c’est qu’elle est à la hauteur du niveau d’engagement de l’équipage et du team. On garde donc la satisfaction d’avoir disputé une course jusqu’à l’avarie, si ce n’est exemplaire, en tout cas à un rythme en double, parfois comme sur un parcours olympique, qu’on ne pouvait pas imaginer au départ. On a vécu une bagarre incroyable avec Virbac-Paprec 3 qui a commencé dès la Méditerranée. Elle a continué de plus belle après notre escale commune à Récife. Nous étions parvenus à un niveau de compétition tel, que nous voulions vraiment continuer à nous battre de cette manière jusqu’à l’arrivée à Barcelone. »

François Gabart : « Sur ce mois de course, j’ai découvert beaucoup de choses : j’ai traversé le Pot au Noir et navigué en Atlantique Sud où je n’étais encore jamais allé. Globalement, hormis cette fatale avarie, tout s’est passé comme j’ai pu me l’imaginer aux côtés de Michel, avec cette agréable surprise face au niveau de compétition avec Virbac-Paprec 3. Il nous a donné du fil à retordre, le tout avec beaucoup de respect et un vrai esprit sportif. Je me souviendrai longtemps de ce moment de course que je suis ravi d’avoir vécu, c’est très précieux.»

L’équipage, l’aventure humaine

François Gabart : « Ce mois de course et cette avarie, c’est une histoire qui nous a beaucoup rapprochés avec Michel. Nous avons vécu plein de choses, on se connaît mieux, nous sommes plus complices. Même la casse du mât ne peut pas casser, ni nous retirer, ce qui s’est passé entre nous. C’est de bon augure pour la suite puisque nous avons en commun d’autres projets avec la construction d’un bateau et la préparation de ma participation au prochain Vendée Globe. »

Michel Desjoyeaux : « La collaboration avec François, ce n’était que du bonheur. Je connaissais le compétiteur, j’ai découvert le marin et l’homme : je ne suis pas déçu, bien au contraire. Pour la petite histoire ou l’anecdote, il m’a invité à naviguer sur son bateau sur la prochaine Transat Jacques Vabre. Preuve s’il en est que si des occasions se présentent, nous aurons un vrai plaisir à naviguer et concourir de nouveau ensemble. »

La suite, les projets

François Gabart : « La suite, c’est la construction et la mise au point du bateau pour ma prochaine participation au Vendée Globe en collaboration avec Mer Agitée, l’équipe de Michel. Depuis le départ de la course, nous avons été en contact une fois par semaine avec le chantier. J’ai aussi profité du convoyage jusqu’à Cape Town pour remplir un carnet de notes dans la perspective d’améliorer et de faire évoluer ce bateau. J’ai beaucoup appris aux côtés de Michel : en quelques semaines de compétition, j’ai gagné plusieurs années de navigation. »

Michel Desjoyeaux : « De mettre le cap sur l’avenir, cela permet de mieux tourner la page. De mon côté, je vais suivre un peu la construction du bateau de François, mais je vais surtout me focaliser sur les projets que nous avons avec toute l’équipe de FONCIA. Nous nous tournons vers le multicoque avec la mise à l’eau prochaine d’un Décision 35 pour disputer, en Suisse, le Challenge Julius Baer. A la fin de l’année, nous réceptionnerons le numéro 3 de la série des MOD 70, un trimaran monotype de course au large, pour un programme de compétitions jusqu’en 2014. »

Merci !

Michel Desjoyeaux : « A notre arrivée à Cape Town, nous avons eu le plaisir d’être accueillis par Yves Gévin, Président du Directoire de FONCIA Groupe. C’est très appréciable d’être soutenu comme ça par un chef d’entreprise qui, s’il ne peut pas être à notre place, n’en est pas moins derrière nous. C’est important dans ces moments difficiles d’être soutenus de cette manière. J’y suis très sensible, tout comme je suis très sensible à tous les nombreux messages que nous avons reçus, parfois d’anonymes que je ne rencontrerai peut-être jamais. Si ces messages ne peuvent pas réparer le mât, ils permettent néanmoins de réparer et d’apaiser un peu la blessure occasionnée par cette avarie. Merci à tous… »

 Yves Gévin, Président du Directoire de FONCIA Groupe : « Je suis content de retrouver les hommes en bonne forme quand même, et un bateau qui n’a pas trop mauvaise mine non plus. Il y a des moments simples et fort comme ceux-là, où il faut savoir faire preuve de proximité. Quand on voit comment le team a su s’investir a fond pour mettre Michel et Francois dans les meilleures conditions a Barcelone puis à Récife lors de notre escale technique, c’est très dur d’accepter que ça s’arrête brutalement. Je comprends ça, je ressens ça. Il faut savoir être proches les uns des autres, se dire qu’on fait face ensemble, qu’on se fait confiance. Après le temps de la digestion, de l’acceptation, de l’analyse, il faut se dire que l’avenir est devant nous. J’avais donc très envie, au nom de tous les collaborateurs de FONCIA qui se sont passionnés pour l’aventure et qui ont cru à fond, de transmettre à Michel et François, à tout le staff de Mer Agitée, à tous ceux qui ont bossé sur le projet, que nous sommes proches d’eux, que nous sommes derrière eux pour la suite. »