Gildas Morvan aux commandes de la flotte

Départ parfait pour le skipper de Cercle Vert. Après 24 heures de course, il mène la flotte au beau milieu du golfe de Gascogne. Mais gare au cap Finisterre, où on attend une belle petite claque de printemps.

Il avait prévenu qu’il assumerait son statut de favori… il confirme : Gildas Morvan émarge en tête de la Transat Bénodet-Martinique. Après 24 heures de course, le skipper de Cercle Vert n’a laissé à personne le soin de prendre les commandes. Tribord amures sous spi, Gildas Morvan joue les éclaireurs à moyenne relativement élevée (plus de 9 noeuds). Et ce lundi midi, la pointe de la flotte est déjà quasiment à la latitude de l’estuaire de la Gironde.

« Tout va bien à bord de Cercle Vert », confirme Gildas Morvan, pas fâché de se retrouver seul en mer, presque au calme après l’agitation médiatique du départ de Bénodet. « On est entré dans le rythme de la course avec une première nuit sportive. La mer est formée dans le golfe de Gascogne et il faut s’employer. On ne peut quasiment pas lâcher la barre si on veut rester dans le match ». La première nuit a ainsi été blanche à bord, le dernier moment de réconfort remontant à dimanche soir avec la dégustation de « délicieuses paupiettes avec du riz » préparées avec amour par Madame Morvan mère. Laquelle a une expérience reco! nnue en la matière : on n’élève pas un bambin de (presque) deux mètres au pain sec.

Musclé au cap Finisterre

Plus sérieusement, « ce n’est que le début de course », rappelle à juste titre le bambin en question, « mais c’était intéressant. Après un départ de Bénodet dans du petit temps, le vent est monté à partir de Penmarc’h (seul moment où Gildas a été sous pilote automatique, un célèbre dicton à gros mots de la voile assurant qu’« à Penmarc’h, c’est toujours le plus c… qui barre », ndr) et on a eu ensuite 15, puis 20 nœuds au reaching avant d’envoyer le spi dans la nuit. Ce midi le vent a molli mais il devrait se renforcer en soirée et il faut se préparer au passage du cap Finisterre demain, où on annonce 30 nœuds ! de vent, voire davantage. » A 150 milles de la pointe nord-ouest de l’Espagne, les écarts sont logiquement encore faibles en tête. De nombreux concurrents voient leurs adversaires. « J’aperçois les bateaux de Nicolas Lunven, Francisco Lobato, Thomas Rouxel, Eric Drouglazet derrière moi », raconte ainsi Gildas Morvan. Au classement, les sept premiers tiennent encore en 1,5 mille calculés en termes de distance au but… et la Martinique est encore à 3300 milles….

Côté trajectoires, si certains insistent légèrement dans l’Est, pas de grandes options à jouer : toute la flotte navigue au sud de la route directe. « Nous tentons pour l’instant de passer l’anticyclone par le sud », explique le skipper de Cercle Vert. « Après l’Espagne, tout le jeu consistera à bien placer l’empannage pour longer la bordure basse de ce même anticyclone ». Traduction : il faudra trouver de l’air le long de ces hautes pressions… mais sans s’approcher trop du centre, au risque de se retrouver en panne de vent. Un grand classique des débuts de transat, en somme et une première décision importante à prendre dans les 48 heures.

Pour l’heure, il faut préparer le passage du cap Finisterre, « bien anticiper le changement de spi et être prêt à réagir si le vent est encore plus fort que prévu… » Pour le moment, la copie rendue par l’élève Morvan est parfaite, mais le tenant du titre a de l’expérience et il ne faut pas compter sur lui pour s’enflammer. « C’est toujours bien d’être en tête, ça fait forcément plaisir, mais encore une fois ce n’est que le début… »