Gildas Morvan : La première semaine va être rapide

 

Veille de course pour Gildas Morvan, qui prendra ce dimanche le départ de la Transat en solitaire Bénodet-Martinique. La météo promet de la vitesse sous spi en guise d’entame.

Pas de stress pour Gildas Morvan en partance pour sa 12e course transatlantique, la cinquième en solitaire. Avant cet exercice si particulier – passer trois semaines seul en mer, a fortiori en compétition, n’est jamais anodin – le skipper de Cercle Vert et son Figaro Bénéteau sont évidemment fin prêts et les dernières heures à terre sont essentiellement consacrées à deux choses : l’étude de la météo… et la réponse aux nombreuses sollicitations médiatiques liées à son statut de favori.

Côté météo justement, Gildas confirme ses impressions de début de semaine : demain dimanche, c’est au portant que les 17 solitaires s’élanceront de Bénodet pour le premier partiel de la Transat, la traversée du golfe de Gascogne. « Après le passage d’un petit front probablement cette nuit de samedi à dimanche, on devrait s’élancer dans un douzaine de nœuds de vent portant, mais cela va vite monter, sans jamais être très fort. Il y aura donc de l’air dans les premiers jours de course et peut-être 20 à 25 nœuds au passage du cap Finisterre », explique le skipper de Cercle Vert. Il précise : « globalement le vent devrait d’abord venir du nord-ouest, puis basculer nord-est avant de revenir nord-ouest. C! e qui est à peu près certain c’est que nous aurons de très bonnes conditions de glisse sous spi dans le golfe. Et d’une manière générale, une première semaine très rapide. Ce sera vitesse, vitesse… »

Pas très sélectif ?

Le tout s’annonce « très agréable à naviguer, le seul bémol étant que ces conditions ne sont pas très sélectives : dans ce cas de figure, tout le monde sait aller vite. Donc, sur le papier, cela ne permet pas de créer de grands écarts… mais en même temps on sait bien que ce qu’on dit avant le départ de la course n’est jamais tout à fait la réalité de ce qu’on retrouve sur l’eau ! »

Peu de grandes décisions stratégiques dans les premiers jours alors ? Attention, la voile est un sport où la nuance est reine, la généralité piégeuse : « il y a toujours des choses à jouer, des bascules qu’il faut prendre au bon moment et dans le bon sens, des empannages où il ne faut pas se rater », rappelle à juste titre Gildas Morvan. Parmi les 17 solitaires en lice, certains seront peut-être tentés d’aller chercher leur salut dans l’est, à l’intérieur du golfe de Gascogne et d’autres, à contrario, de tirer dans l’ouest… même si cela devrait se faire encore une fois dans la nuance, « autour d’un axe commun proche de la route directe dans les premiers jours ».

Le premier jalon de la course pourrait bien être la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique, le fameux cap Finisterre. « Faudra-t-il passer tout près ou au contraire s’en écarter ? Il faudra de toutes façons affiner la météo et la stratégie dans le golfe et bien sûr anticiper au maximum. C’est-à-dire agir pas seulement en fonction de la première transition météo, mais en prenant compte de ce qui peut intervenir ensuite. » Un exercice passionnant, l’essence même de la régate océanique.