Gildas Morvan :  » vers une transat express? »

Trois jours après le départ, le skipper de Cercle Vert a repris la tête de la Transat Bénodet-Martinique, leadership qu’il avait abandonné quelques heures hier mardi. Mais le prix à payer était « copieux » au cap Finisterre où la flotte a rencontré « une mer énorme » qui a entrainé quelques belles figures de style…

Gildas Morvan est de nouveau aux commandes de la Transat. Installé tout au nord de la flotte, il est le plus proche de l’orthodromie – la route directe – alors que les positionnements stratégiques se sont établis de manière très marquée au grand large du Portugal : il y a en effet 100 milles d’écart latéral par exemple entre Cercle Vert et Luisina, le bateau d’un autre gros bras de la flotte, Eric Drouglazet ! « Oui, les positions sont assez marquées » explique Gildas Morvan au téléphone satellite, « on verra bien à qui la réussite va sourire ! » Toujours dans le match depuis le départ de Bénodet dimanche, souvent leader et en permanence dans les cinq premiers, le skipper de Cercle Vert joue donc la cart! e Nord. « Je suis où je voulais être, et sans un cocotier dans le spi qui m’a fait perdre une heure, c’était parfait cette négociation du cap Finisterre ».

Des pointes à plus de 20 nœuds !

Un cap Finisterre qui s’est révélé particulièrement copieux, ponctué de surfs sauvages, à la limite. Un truc de pros, en somme… « On peut dire que c’était très, très copieux, oui ! J’ai essayé de tenir le spi le plus longtemps possible » explique Gildas Morvan, « mais la mer était énorme, on a pris plus de 40 nœuds dans 4 mètres de creux. Dans ces conditions, le bateau a fait des pointes a plus de 20 nœuds (sur un monocoque de 10 mètres, ndr…) ! Mais il devient aussi incontrôlable, parfois, même si j’avais le petit spi et un ris dans la grand voile. C’était éreintant, surtout que dans ces conditions il est difficile et de dormir et de s’alimenter. »

Heureusement, le vent est en train de mollir et les 48 heures qui viennent devraient permettre de récupérer un peu. Il n’y a plus ce mercredi midi 15 à 18 nœuds de nord-est sur zone et Cercle Vert glisse plus tranquillement sous spi. « On entre dans une zone de transition où on devrait enchaîner une dorsale puis un front », explique Gildas. Autrement dit, avant les Açores, « il y aura un empannage important à faire pour repartir vers le sud en bâbord amûres, après la bascule. Bon, pour l’instant les modèles météo ne sont pas d’accord mais moi je vois ça comme ça, pour l’instant. »

Une Transat express ?

Après cette phase de transition et la bascule du vent, phase qui devrait durer deux ou trois jours, le vent semble bien établi derrière. A tel point que « près la rotation du vent, on pourrait bien faire du tout droit à travers l’Atlantique et s’acheminer vers une transat express, une course très rapide. » C’est déjà le cas, la barre des moins de 3000 milles étant déjà franchie. Gildas Morvan était ce midi à 2850 milles de l’arrivée, en tête donc pour un demi-mille d’avance devant Thomas Rouxel. De la troisième à la sixième place on trouvait dans l’ordre Nicolas Lunven à 3 milles, Erwan Tabarly à 4 milles, Romain Attanasio à 18 milles et le Portugais Francisco Lobato à 22 milles. Mais méfiance avec ces classements &eacut! e;tablis en termes de distance au but : encore une fois la flotte s’étend sur un axe nord-ouest/sud-est de 100 milles de longueur et la bataille du positionnement d’aujourd’hui ne donnera une première vérité que dans 48 à 72 heures. A bord de Cercle Vert en tous cas, on y croit.