Identifier et promouvoir les vainqueurs de demain

Pendant les 5 jours du camp, les jeunes marins sélectionnés par les associations des séries concernées, ou en fonction de leurs résultats 2009, ont dû se lever avec les poules. A 8 heures précises, footing avec contrôle des pulsations, exercices de yoga, stretching. Et la journée ne faisait que commencer ! Jusqu’à 21h30, les séances d’entraînement sur l’eau et à terre se sont suivies à un rythme effréné… Pourtant, aucun des jeunes participants ne s’est plaint du planning surchargé, ni pendant le premier stage, dans lequel 18 navigateurs sur Optimist et Laser entre 13 et 19 ans ont envahi le terrain et les locaux du centre nautique national à Ipsach, ni pendant le 2e stage consacré aux jeunes actifs dans les séries des 420 et 470 (année de naissance 1990 et moins). Toutes et tous voulaient faire bonne impression et profiter au maximum. Après tout, ils savent qu’ils ont la chance de pouvoir bénéficier du savoir-faire des deux entraîneurs du SST, Jean-Claude Vuithier* et Didier Charvet. Et ceux-ci ont plus d’un tour dans leur sac. Sur l’eau, où les navigateurs en solitaire ont passé presque 25 heures dans d’excellentes conditions, ils leurs ont prodigué de précieux conseils, tandis qu’à terre ils contrôlaient leurs bateaux, leur montraient leur potentiel d’amélioration à l’aide d’analyses vidéo et leur donnaient un aperçu des ficelles du sport d’élite. Les discussions avec les jeunes ont également occupé une place importante. Parmi les thèmes abordés, on trouve la motivation, les objectifs, la gestion de l’énergie et des émotions, mais aussi des concepts de planifi cation concrets et des sujets sensibles comme le dopage.

Les deux entraîneurs ne semblent avoir eu aucune peine à s’adapter à leur jeune clientèle. Malgré les barrières linguistiques, le courant avec les protégés est passé. « Je suis un pro et dois pouvoir m’adapter à des conditions très diverses, explique Jean-Claude Vuithier qui a participé plusieurs fois aux JO et entraîné Flavio Marazzi pendant dix ans. Quand j’ai commencé à travailler avec Flavio, il était presque encore un junior. » Un des points forts des stages reste sans doute la visite de Tom Schnackenberg et Caroline Jonet du Team Alinghi. Schnackenberg, un des designers du Defender, a parlé des diffi cultés de transporter le mât gigantesque du multicoque. La navigatrice Caroline Jonet, ancienne championne du monde sur 420 et aujourd’hui équipière sur le D35 Alinghi, a expliqué comment elle a réussi à se hisser dans l’élite, malgré le peu de moyens, mais avec une bonne dose d’engagement. 
Sélection, Talentpool et quelques points d’interrogation
Si la relève a suivi les Talentscout Camps avec beaucoup d’enthousiasme, le SST a également tiré un bilan positif. « Le stage était une plate-forme idéale pour se faire une idée du niveau de la relève nautique et il nous a livré des informations précieuses sur l’entraînement dans les différentes régions et les clubs », se félicite Rainer Staub, CEO du SST. Pour 2010, le SST prévoit de mettre en place un nouveau concept de promotion de la relève, les Talentscout Camps servant de sélection pour le Talentpool. Celui-ci est composé de neuf navigateurs sur Optimist, douze sur Laser et de trois équipages chacun sur 420 et 470. Mais rien ne garantit que ce « pool » comptera vraiment les meilleurs juniors de Suisse dans ses rangs. A Ipsach, il y avait bel et bien des représentants des trois grandes régions linguistiques, mais il existe des clubs, notamment en Romandie, qui ne veulent pas collaborer avec le SST, comme le relève Jean-Claude Vuithier. « Ils disposent eux-mêmes de moyens financiers, d’entraîneurs et de l’infrastructure nécessaire et ne voient donc aucune raison de coopérer avec le SST.» Si l’on considère les moyens limités mis à disposition des entraîneurs du SST, il est en outre difficile d’évaluer l’encadrement dont disposeront les navigateurs du Talentpool. « Nous devons nous occuper d’un grand nombre d’athlètes dans différentes séries. Cela nous oblige à fixer des priorités », explique Jean-Claude Vuithier. Une tâche à laquelle le SST devra s’atteler. En dehors des quelques mandats pour des événements spéciaux, la situation financière tendue ne permettra guère au SST d’engager des entraîneurs supplémentaires pour la relève. Il ne faudra pourtant pas oublier que les talents d’aujourd’hui seront les vainqueurs de demain.