Julien Monnier, skipper du SUI11 Swisscom

Photos : ©Loris von Siebenthal

Dans quel contexte est né le projet Swisscom ?

Le bateau appartient toujours à Marco Simeoni qui a vendu sa société Veltigroup (l’ancien sponsor) à Swisscom pour s’occuper de sa fondation Race for Water et lutter contre la pollution des mers et des océans. Swisscom a repris le partenariat et nous effectuons 20 sorties par saison avec leurs invités. Deux équipiers accueillent cinq d’entre eux à bord pendant que les autres suivent sur un semirigide, puis ils échangent, le tout étant filmé par un drone mis en place par Swisscom. Les invités reçoivent sur leur application toutes les données de la course et la vidéo de leur expérience le lendemain matin. Au départ, c’est un projet suisse amateur, puis nous nous sommes entourés de pros comme Matthieu Souben ou Arnaud Vasseur. L’équipage reste semi-pro, on bosse un peu tous dans le milieu, sauf Thomas Mermod qui travaille chez Swisscom et Alex Detrey qui est menuisier.

Quels furent les temps forts l’an passé ?

Ce qui était important pour nous c’était de bien démarrer la saison, car nous naviguions sous de nouvelles couleurs et avec un nouveau barreur. Ça s’est très bien passé en début de saison, puis la Genève-Rolle et le Bol d’Or Mirabaud nous ont un peu plombés : lors de la Genève-Rolle nous sommes arrivés dans un mouchoir de poche avec plusieurs D35, mais nous avons moins bien « tricoté » dans les derniers mètres, passant de la troisième à la huitième place. Et au Bol, une mauvaise option nous a coûté cher alors que nous étions au coude-à-coude avec Spindrift. Les parcours techniques nous réussissent mieux que les grandes courses, et nous avons fini la saison à la 4e place.

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Quelles ambitions nourrissez-vous cette saison ?

Nous aimerions monter sur le podium du D35 Trophy 2017, car cela fait deux fois que nous finissons en 4e position par manque de régularité. Nous avons constaté en fin de saison que nous étions capables d’y arriver. Jérémie Bachelin qui naviguait avant sur Team Tilt nous rejoint, sauf en juin, pendant la Youth America’s Cup. Alinghi restera sans doute hors d’atteinte, d’autant qu’ils naviguent de manière intensive en GC32 aussi. Okalys s’est bien renforcé, de même que Mobimo. Zen peut être très rapide dans certaines conditions, Django n’est jamais loin. La charnière de la saison s’effectue souvent autour des deux grandes courses, j’espère qu’il y aura beaucoup de vent !

Quel est le plus difficile à gérer sur le D35 Trophy ?

C’est le temps que nous pouvons consacrer à la saison car nous avons tous une activité professionnelle prenante qui n’est pas toujours compatible avec les entraînements nécessaires à la performance. Il faut concilier les deux. Nous bloquons 60 jours de navigation sur la saison, hors montage/démontage. Nous avons mis à l’eau le bateau mi-mars afin de pouvoir emmagasiner des heures sur l’eau et espérer compenser la différence de niveau avec ceux qui naviguent beaucoup. La série reste très dynamique, avec une grosse envie de naviguer.

L’expérience de voilier apporte quelque chose ?

C’est certain, d’autant que nous sommes deux de la voilerie North à bord. C’est un plus dans notre projet, car l’évolution technique s’avère importante pour adapter les réglages et obtenir une meilleure gestion des voiles, notamment pendant toute la phase de préparation. Les clients de North Sails nous en parlent d’ailleurs, cette expérience de la technique et de la structure joue un rôle dans le développement des voiles sur les autres bateaux de régate.