J-2 : la quadrature du cercle

Dans moins de quarante-huit heures la flotte naviguera au large des côtes catalanes et les duos s’apprêteront à vivre leur première nuit de mer. Pour certains ce sera comme un retour aux sources, quand d’autres partiront pour un grand saut dans l’inconnu.

Pour l’heure, chacun compulse les check-lists du bord et s’efforce de trouver le bon équilibre entre les obligations médiatiques, les impératifs techniques et le temps indispensable à consacrer à ses proches. Une sorte de pari impossible tant le temps semble se réduire comme peau de chagrin à l’approche de l’heure de larguer les amarres.

A chaque marin son approche. Certains dangereux récidivistes, tel Jean-Pierre Dick, Dominique Wavre ou Michèle Paret, avouent leur impatience d’y retourner. Ceux qui ont déjà fait le tour de la planète en solitaire s’interrogent parfois sur les conditions d’une cohabitation de trois mois dans un espace restreint, conjuguée à la pression de la compétition. Les néophytes, quant à eux, font contre mauvaise fortune bon cœur : l’ignorance est parfois la meilleure des thérapies contre l’inquiétude.

A quarante-huit heures du départ, les skippers se sont donc tous retrouvés pour faire face aux questions des journalistes. Organisation du bord, gestion des dernières heures, appréhension de la concurrence, c’est un large spectre de questions qui a été abordé lors de cette ultime conférence de presse. Morceaux choisis…

Pourquoi reviennent-ils ?

Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) : « Barcelone me rappelle d’excellents souvenirs. L’arrivée ici il y a trois ans est un des plus beaux moments de ma vie. C’est une vraie aventure avec un grand A Nous sommes tous à la fois des entrepreneurs et des aventuriers. »

Dominique Wavre et Michèle Paret (Mirabaud) :

Dominique : « On remet le couvert pour la deuxième fois. C’est vraiment une course à notre mesure, on dirait qu’elle a été faite pour nous. Le but est d’essayer de faire aussi bien que la dernière fois, voire mieux. (NDLR : 3ème de l’édition 2003). »

Michèle : « En passant la ligne d’arrivée de la première édition, je n’avais qu’un rêve : pouvoir être présente au départ de la deuxième. Et m’y voilà… »

Bizuths du tour du monde : leur sentiment à deux jours du départ ?

François Gabart (Foncia) : « Le 31 décembre à 13 heures, on commencera à faire du bateau et la vie sera plus simple… »

Boris Hermann (Neutrogena) : « Je suis heureux de partir. Hier, j’étais vraiment stressé. On a beau se dire que ce n’est jamais qu’une régate, j’avais la nuque tendue, le ventre un peu barbouillé. Aujourd’hui avec toutes les obligations médias, cela va mieux… Nous avons aussi calé deux rendez-vous avec Roland Jourdain. C’est son ancien bateau, il le connaît parfaitement et est donc de bon conseil. »

Alex Pella (Estrella Damm) : « Notre priorité c’est d’essayer de nous décontracter, de bien manger, de bien dormir. Ce n’est pas toujours facile. Nous sommes une équipe barcelonaise, donc nous devons être disponible pour les amis, la famille, les gens qui viennent nous voir. Nous le faisons avec plaisir mais c’est fatigant. Maintenant cela fait un an et demi que nous travaillons pour préparer cette course. Nous avons acquis le niveau que nous avons. Nous sommes prêts à partir. »

Ils ont déjà couru autour du monde

Jean Le Cam (Président) – Une Whitbread et deux Vendée Globe : « Avec Bruno on apprend à se connaître. Qui sait comment ça va finir ? Soit par un divorce, soit par un mariage entre Catalans et Bretons… »

Iker Martinez (Mapfre) – Une Volvo Ocean Race : « Avec Xabi (Fernandez) nous avons déjà l’expérience d’un tour du monde, mais en équipage avec escale. Là, on part un peu dans l’inconnu. Ce n’est que quand on sera revenu que l’on pourra juger si on était fait pour ça. En tous les cas, on s’est vraiment préparé pour mettre tous les atouts de notre côté. »

Ludovic Aglaor (Forum Maritim Catala) – Trophée Jules Verne 2005 : « Je n’ai plus qu’à poser mon sac à bord. Je vais me détendre un peu, m’offrir quelques massages pour être bien le jour du départ. Jusque là, on était mobilisé sur la préparation du bateau. Ça fait du bien d’un peu penser à soi… »

Dernière minute :

Alex Thomson (Hugo Boss) a subi en urgence une appendicectomie en fin de matinée, ce mercredi. L’opération s’est bien passée et Alex semble se remettre rapidement des conséquences de l’intervention. Concernant la participation d’Hugo Boss à la Barcelona World Race, une décision définitive sera prise demain matin.