J18

Imaginez un stade d’athlétisme, vous faites partie d’une course de longue durée et vous avez hérité de la piste extérieure parce que soit disant, vous avez un pourcentage de performance plus important, donc il faut compenser avec les pistes plus intérieures. Notre course est un peu à cette image, à part que nous avons choisi la piste extérieure et que le soit disant pourcentage de vitesse en plus, on devrait le trouver avec un vent sensiblement plus fort qu’à côté et nettement plus fort qu’à l’intérieure.

Si ça a plutôt bien marché avec le nord et le centre, c’était plus moyen avec les moins sud des sudistes. En rajoutant le fait que les bateaux de pointes sont plus à l’ouest depuis le passage de la dorsale et de la marque aux Canaries, qu’ils n’ont jamais été freinés, à part Armel et Fabien qui ont dû fleureter avec la limite, ça nous donne l’ambiance de la dernière ligne droite. On tente les derniers décalages, mais plus on avance plus les positions auront du mal à se défaire. Côté vitesse, on plaisantait avec Gildas ce matin. Il trouvait que faire du portant dans quinze nœuds de vent, dans la mer des alizés ressemblait à faire du rodéo sur une prime Holstein, bonne laitière. Pour ma part je trouvais que ça ressemblait plus à faire un trot sur une bonne charolaise scellée, côté griserie y a rien, mais c’est confortab’, boudiou. Manque le chapeau de paille parce que pendant les heures chaudes, le soleil à l’air d’être tout prêt de nous. Côté vie, il n’y a plus beaucoup d’animaux, à part les poissons volants et quelques oiseaux. Nous avons croisé, hier ou avant-hier, une tortue prise dans un morceau de filet, malheureusement trop loin pour qu’on puisse lui donner  un coup de main. Côté nourriture et eau, nous avons tout ce qu’il faut, même si on ressent une certaine redondance dans ce que nous mangeons. Un peu de frais sera le bienvenu, même chose côté boisson. Côté ambiance, c’est le beau fixe, mais là aussi on commence à regarder le compte à rebours. Des barres significatives sont passées comme la semaine ou les mille milles restants. Une preuve irréfutable que nous approchons du but, c’est la zone  météo à télécharger qui décroît de plus en plus. J’avions bon espoir que  ça sente bon l’écurie, la Marie !!