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Jan Eckert

Jan Eckert est le premier propriétaire et skipper suisse allemand du circuit. A bord de Racing Django, le Vulcain Trophy fait partie de ses toutes premières expériences sur multi.

Jusqu’à maintenant, quelle est votre expérience en multicoque ?

Pratiquement nulle. J’ai navigué l’an dernier à bord d’un catamaran GC32 et j’ai fait quelques essais sur un D35. En raison de mon poids – près de 100 kg -, je suis tout simplement trop lourd pour la plupart des multicoques de moins de 30 pieds. C’est pourquoi je navigue principalement à bord de monocoques. Toutefois, je suis par nature un marin qui aime la vitesse. Les bateaux de course comme les FD, les International 14 et mon Full Pelt sont d’un point de vue tactique plus proches d’un multicoque que d’un quillard.

A quelles fins pratiquez-vous la voile ?

Je fais des régates depuis près de 40 ans et durant cette période, je n’ai jamais dormi pendant plus de 10 jours sur un bateau. Il s’agit donc principalement de courses côtières. Actuellement, je prends un plaisir fou à faire des courses avec mon Finn au plus haut niveau. Nos bateaux sont situés à Valence, en Espagne et nous passons chaque deuxième et troisième week-end à nous entraîner et à concourir en groupe de 16 bateaux avec pas moins de dix pays en lice. C’est une véritable activité physique, très tactique, et qui demande beaucoup de technique en ce qui concerne le « pomping ». A côté, je possède avec mon frère un Lacustre avec lequel nous naviguons sur le lac de Constance. Le Full Pelt (un bateau de course lacustre à quille oscillante) est encore amarré à Genève mais je souhaiterais prochainement le vendre parce que je n’ai pas le temps de naviguer avec.

Quels sont les résultats dont vous êtes les plus fier ?

Je pense que je n’ai toujours pas égalé mon diplôme olympique aux Jeux de Barcelone. J’ai participé à de nombreux championnats du monde, d’Europe ou suisses en FD, Soling et autres classes, mais je garde un vague souvenir de la plupart d’entre eux. Par contre, 22 ans après, je me souviens encore de chaque course des Jeux olympiques. Il y avait un degré d’intensité très différent, c’est ce qui rend la chose aussi spéciale. L’année dernière, j’ai terminé 12e au championnat du monde de Finn Master contre 300 participants. C’était une vraie bataille, malheureusement j’ai manqué de quelques points la Medal Race.

Jan Eckert Geneve Full Pelt

amarré à Genève, le full pelt est un bateau de course lacustre à quille oscillante. © DR

Qu’est-ce qui vous a décidé à naviguer à bord d’un D35 sur le lac Léman ?

Il y a trois raisons décisives. Premièrement, j’ai voulu éviter la logistique liée au transport du bateau et l’organisation des personnes. J’ai probablement passé trop de temps dans ma vie à remorquer et à déplacer des bateaux à travers le monde. Le D35 se trouve à Genève, c’est tout. Logistiquement parlant, c’est très gérable. Deuxièmement, j’ai toujours voulu naviguer contre des concurrents de haut niveau et je ne vois pas ce qui pourrait égaler les D35 dans un périmètre plus restreint. Et puis, en dernier lieu mais pas des moindres, je voulais vivre l’expérience du catamaran. Je ne crois pas qu’il soit obligatoire de naviguer à bord d’une seule et même catégorie durant toute sa vie. Le fait de concourir à bord de bateaux différents et de différents styles est tout aussi attrayant que stimulant.

Comment allez-vous combler votre manque de connaissances du lac face à ceux qui y naviguent depuis toujours ?

Je n’ai jamais vraiment cru en la connaissance locale, je suis convaincu qu’il est plus constructif de faire ses propres recherches sur les vents et les conditions locales ainsi que sur la lecture du vent, du temps et de l’eau pour ainsi se forger sa propre opinion plutôt que de naviguer selon un schéma donné. Toutefois, Charles Favre et Mikis Psarofaghi, sont deux très bons navigateurs qui ont grandi sur les rives du lac et que j’ai à bord avec moi. Et nous avons d’ailleurs gagné le championnat suisse de Lacustre à Genève à bord du Petit Lac face à des locaux contre lesquels nous avons fini deux fois à la 3e place du Bol d’Or dans la catégorie Monocoque avec Full Pelt.

Jan Eckert Finn

« Je prends un plaisir fou à faire des courses avec mon Finn au plus haut niveau.» © Marina Könitzer

Avez-vous déjà rencontré d’autres marins du Vulcain Trophy ?

Oui, Pierre-Yves Jorand qui a fabriqué mes voiles pour Full Pelt ou Nils Frey que je connais de l’époque où je faisais du dériveur ou encore Jean-Pierre Ziegert a fait une campagne olympique sur 470 alors que je participais en Soling. Beaucoup de connaissances de longue date… Je me réjouis d’en faire de nouvelles.

Avez-vous des objectifs pour cette première saison ?

C’est très difficile de donner une estimation des résultats. C’est la première saison, alors nous devons être aussi réalistes que des équipes qui naviguent depuis plus de 10 ans dans cette catégorie ou que des marins professionnels qui prennent leur rôle très au sérieux à bord d’un D35. 2014 affichera une flotte très relevée, avec la participation de nombreux navigateurs doués. Cependant, nous avons mis en place une équipe de talent qui a vécu trois fois les Jeux olympiques, une douzaine de grands championnats et qui possède une grande connaissance des multicoques, nous voulons être les Rockies de la saison. Le bateau vient d’être entièrement rénové et nous avons un nouveau jeu de voiles 3di. Nous devrions être vraiment très compétitifs.

Existe-t-il une certaine synergie entre ce sport et vos affaires ?

Je n’espère pas. La voile est probablement la seule occupation où je ne pense à rien d’autre qu’à naviguer. Et j’essaye aussi de ne pas penser à la voile lorsque je travaille. Je navigue car c’est ma grande passion, qu’il s’agisse de naviguer à bord d’un Finn dans les vagues de Valence ou de voler sur une coque de D35. J’aime les gens et la communauté de la voile, tout autant que mon travail que j’exécute avec la même passion. J’ai de la chance que ces deux domaines n’aient aucune similitude, ainsi j’expérimente un monde humainement riche et hétérogène, au sein duquel je me plais beaucoup.