Mirabaud, journal de bord du vendredi 7 janvier 2011

« On attaque une période de transition »

Après une traversée de la Méditerranée marquée par du très petit temps, des vents variables et des douaniers marocains, le Mirabaud a franchi hier avec succès une première zone dépressionnaire avant de virer de bord et de mettre le cap au sud, toujours à la troisième place de la Barcelona World Race mais avec une meute de poursuivants aux trousses.

« Nous sommes en pleine période de transition depuis hier soir », raconte Dominique. « Dans la pratique, ça signifie que le vent est passé du sud-ouest à l’ouest, puis actuellement principalement au nord-ouest mais par moments d’un peu n’importe où. » Conséquence, des changements de voiles de tous les instants, des réglages permanents et un manque de sommeil qui se poursuit depuis le jour du départ.

Les voiliers font actuellement cap au sud. Le Mirabaud a laissé hier soir Madère sur tribord tandis que les deux leaders, Virbac Paprec et Foncia, sont tout juste parvenus à passer par l’ouest, évitant du même coup le dévent de l’île.

Une vaste zone de hautes pressions s’est depuis installée sur l’ouest des côtes africaines, ralentissant la flotte et rendant les conditions très irrégulières d’un endroit à l’autre. « Hier, on était mouillés, secoués, penchés… », raconte Michèle. « On subit le manque de confort, mais on s’habitue.

J’avais hâte de retrouver le soleil et des conditions plus gentilles, donc là, on est ravis. Le pilote automatique fonctionne très bien, on l’utilise à 50% environ. On s’économise aussi un peu car on a une flopée d’enragés derrière et nous devons rester lucides et en mesure d’attaquer au bon moment et de prendre les bonnes décisions. »

Les alisés du nord-est devraient s’établir prochainement, et conduire les concurrents jusqu’à la prochaine difficulté : le Pot au Noir. « Nous n’avons pas encore arrêté de stratégie de franchissement. Mais nous observons la situation de près », confirme Dominique.

Prochain objectif: Trophée de l’Atlantique Nord

La Barcelona World Race sera remportée par le vainqueur du tour du monde et donc le premier voilier à franchir la ligne d’arrivée à Barcelone.

Mais d’autres trophées sont en jeu sur différentes portions du parcours ; ce sont des « trophées de vitesse », décernés au bateau qui met le moins de temps à parcourir un tronçon, indépendamment du classement général et de l’ordre d’entrée sur cette section.

Le premier d’entre eux, le Trophée de la Méditerranée ( entre Barcelone et Gibraltar), a été remporté par le Virbac-Paprec 3 de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron ; Dominique et Michèle étaient troisièmes de ce classement. Prochaine étape : le Trophée de l’Atlantique Nord – Sud, entre Gibraltar et le Cap de Bonne-Espérance.

Suivront ensuite le Trophée de l’Indien, le Trophée du Pacifique, le Trophée de l’Atlantique Sud – Nord et celui de la Méditerranée Sud – Nord, entre Gibraltar et Barcelone, vers la fin du mois de mars.

Changement de gastronomie

Il ne reste quasiment plus de produits frais à bord du Mirabaud au terme de la première semaine de course, et les marins n’ont pas d’autre choix que de passer au 100% lyophilisé.

« Nous avions embarqué des fruits frais, quelques légumes, du saucisson, du pain pour les premiers jours de mer… », raconte Dominique. « C’était très agréable, mais nous avons quasiment tout mangé. J’ai encore pu manger une banane ce matin mais nous sommes désormais à quelques détails près dans notre rythme gastronomique de ces trois prochains mois. Il nous reste juste encore quelques fruits. Mais nous sommes secoués comme dans un shaker, donc on ne pense pas vraiment à manger. Le lyophal est très pratique pour ça : on met de l’eau chaude dessus et on l’engouffre. »