L’estocade de Matador

La première des cinq étapes de l’Audi Med Cup, considérée comme le circuit mondial le plus professionnel du moment, s’est déroulée à Alicante du 12 au 17 mai dernier. Les deux classes qui participent à l’épreuve, les TP 52 et les GP 42 depuis cette année, ont largement tenu leurs promesses en termes de niveau sportif. Les places d’honneur se sont jouées dans les deux cas à un point sur les dernières des 9 manches (huit pour les GP 42). Chez les TP 52, catégorie reine, sept équipages se partagent les neuf victoires démontrant l’homogénéité de la fl otte. Seuls Matador et Emirates Team New Zealand (ETNZ) ont remporté deux parcours chacun.

Il faut dire que le plateau de cette première rencontre avait de quoi séduire. Avec Russell Coutts à bord d’Artemis, son dauphin Dean Barker sur le fl ambant neuf ETNZ, Terry Hutchinson, ancien tacticien du dauphin, à bord de Quantum Racing ou encore Jochen Schuemann, ancien directeur sportif du premier, nommé sur Marazzi Sailing. Les pontons avaient un petit air valencien d’il y a deux ans… Heureusement, ici, pas de bases closes ni d’espionnites aiguës. Les voiliers sont côte à côte et les containers qui font office de bases mobiles sont tous sur la même esplanade. Tous les équipages se côtoient dans une salle commune avant et après les régates. L’ambiance est presque bon enfant.

Côté bateau, la flotte de douze TP 52 est largement à la hauteur des marins et ne compte plus aucun traînard. Trois montures sont neuves, ETNZ, Artemis et Matador; les autres ont presque tous été construits l’année précédente. Seul Bribon est daté de 2007, mais son potentiel reste excellent, ce d’autant plus qu’il est mené par Thierry Peponnet. Les GP 42 qui ne courent qu’à six ne comptent, en revanche, aucun bateau neuf, la plupart étant de 2008. Ces derniers restent tous très proches les uns des autres.

Avec de tels ingrédients, le Trophée d’Alicante ne pouvait être qu’une réussite. La seule chose qui a sans doute manqué est le vent. La plupart des courses s’est en effet déroulée dans une brise thermique très oscillante de 8 à 10 nœuds, rarement 12. Ces conditions ont peut-être permis à certains de tirer leur épingle du jeu à certains moments, mais ces voiliers sont sans aucun doute plus intéressants dans du vent appuyé. Marazzi Sailing a particulièrement souffert de cette légèreté. Le TP 52 suisse termine à la 8e place, avec une victoire de course, ce qui constitue une réelle performance à ce niveau. Plutôt typé medium, le bateau aurait cependant apprécié deux ou trois nœuds de plus.

Au final, Matador, 4e à l’aube du dernier jour de régate l’emporte avec 36 points, suivis d’Artemis avec 37, ETNZ avec 38 et Quantum Racing avec 40. Côté GP 42, c’est Islas Canarias Puerto Calero qui s’impose devant les Italiens d’Airis (construit au chantier Décision) et de Roma. Avec également un point d’écart entre chaque bateau dans le trio de tête. Ces premiers résultats augurent d’une saison passionnante et disputée. Le dénouement final aura lieu à Carthagène mi-septembre.

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