Le bonheur est dans le près

Après avoir franchi l’équateur à 10 heures 02 samedi matin après 5 jours et 19 heures de mer et avec plus d’un jour d’avance sur le temps d’Orange, le maxi trimaran Groupama 3 a entamé sa descente dans l’hémisphère Sud. Face aux alizés de secteur Sud Est et dans une mer encore assez calme, Franck Cammas et ses neuf équipiers mettent le cap vers les côtes brésiliennes à vingt nœuds de moyenne.

Fini les grandes glissades sous gennaker. Terminé les grains orageux du Pot au Noir. Et place aux archives pour ce premier temps intermédiaire entre Ouessant et l’équateur qui positionne Groupama 3 version 2010 au second rang de l’histoire maritime avec 3 heures et 44 minutes de retard sur le meilleur temps, détenu depuis novembre 2009 par…Groupama 3 : « C’est vrai que nous sommes super content de ce chrono car ce n’était pas évident quand nous avons quitté les côtes bretonnes, dimanche dernier. C’est au-delà de ce que l’on pouvait espérer au départ » disait Franck Cammas lors de la vacation avec le PC du Trophée Jules Verne parisien.
Et de poursuivre : « Pourtant, nous nous sommes fait surprendre par le Pot au Noir qui s’est brusquement réveillé sur nous et qui a été compliqué à négocier avec des grains violents, des orages, des éclairs. Pendant sept heures, le vent n’a pas cessé de tourner et même de tomber complètement. En pleine nuit, ce n’était pas évident de zigzaguer entre les grains ».

Un futur incertain

En parvenant à tenir une moyenne de 22 nœuds (40 km/h) depuis le départ de Ouessant, Groupama 3 s’est constitué une jolie marge sur le temps de l’actuel détenteur du Trophée Jules Verne : 1 jour 7 heures et 49 minutes : « Les prévisions météo dont on dispose ne sont pas très favorables pour rejoindre les mers du Sud. Pour éviter les calmes, nous allons devoir nous rapprocher fortement des côtes brésiliennes et descendre très bas avant de pouvoir tourner à gauche vers le Cap de Bonne Espérance. On va perdre pas mal de milles sur Orange mais la route est encore longue. Il va falloir rester très concentré et être prêt à saisir les opportunités ».

Techniquement, le skipper de Groupama 3 est serein : « Nous avons fait plusieurs fois le tour du bateau mais nous n’avons rien découvert de suspect. Mis à part le radar qui n’a pas fonctionné pendant quelques heures hier mais qui marche bien depuis, tout va bien à bord, il n’y a pas de points d’usure particuliers. Le fait d’avoir navigué dans des conditions de mer assez clémentes jusqu’ici est une bonne chose car la structure n’a pas été très sollicitée. »

Quant à ses équipiers, Franck conclut : « Ils sont toujours à fond. La vie à bord suit son cours dans la bonne humeur. C’est vraiment une belle équipe. Et en plus, nous sommes propres car nous avons profité des grains pour prendre une bonne douche ».