Le film de la 10ème Transat AG2R LA MONDIALE

Prologue – 10 avril C’est par un prologue disputé en baie de Port La Forêt le dimanche 10 avril que tout a commencé. Profitant de conditions idéales, le duo Yann Eliès – Jérémie Beyou (Generali – Europ Assistance) faisait le show et affichait ses ambitions en s’imposant sur ce parcours de neuf milles.

Après les traditionnels adieux sur les pontons, les 25 duos engagés dans la 10e Transat AG2R LA MONDIALE s’élançaient, le dimanche à 14 heures pétantes, de Concarneau. Devant les étraves des concurrents, 3 890 milles et de très petits airs pour les premières heures de mer. A 16h20, Henry-Paul Shipman et Pierre Canevet (Maisons de l’Avenir – Urbatys) étaient les premiers à dépasser la bouée de Concarneau, ultime marque d’un petit parcours en baie

 

Jour 1 – 19 avril

« Tranquille et sympathique » : c’est ainsi, qu’à l’unanimité, les skippers joints à la première vacation de la course, décrivaient leur entrée en matière. De fait, après avoir quitté Concarneau dans de petits airs, les 25 duos hissaient peu à peu les spis à la tombée de la nuit. Lundi 19 avril, tous faisaient cap à l’Ouest, sous le soleil et portés par une jolie brise de nord-est d’environ 15 nœuds, se préparaient à empanner pour rejoindre le cap Finisterre.

 

Jour 2 – 20 avril

Cap au Sud, en direction du Cap Finisterre, pour la flotte de la 10e Transat AG2R LA MONDIALE en ce deuxième jour, après un empannage la veille en fin de journée. Course de vitesse de mise pour les duos, avant d’envisager un programme plus corsé. Première difficulté annoncée et premières alternatives stratégiques pour contourner une zone sans vent : une option au large ou une autre près des côtes portugaises, pour aller chercher des vents thermiques. En attendant, Joseph Brault – Antoine Koch (Gaspé 7) jouaient les leaders.

 Jour 3 – 21 avril

Après 48 heures de glisse sous spi et sous le soleil, les 25 duos de la Transat AG2R LA MONDIALE, dépassaient le Cap Finisterre dans la nuit et faisaient route au large du Portugal dans des vents instables. En cause, la négociation d’un petit minimum dépressionnaire qui devait nettement les ralentir dans leur progression vers le Sud. Bataillant aux avant-postes, Jeanne Grégoire – Gérald Véniard (Banque Populaire), Kito de Pavant et Sébastien Audigane (Groupe Bel) et Armel Tripon et Franck Le Gal (Gédimat) animaient les débats.

 Jour 4 – 22 avril

Nuit difficile, passée dans de tout petits airs – instables de surcroît – pour les 25 tandems de la Transat AG2R LA MONDIALE qui continuaient laborieusement leur descente vers le Sud et retrouvaient peu à peu du vent de Nord Nord-est autour de 8-10 nœuds. Au sein de la flotte, sans parler de grandes options, deux stratégies se dessinaient toutefois. Aux prémices de ce qui allait devenir le moment clé de la course, avantage était donné aux partisans de l’Ouest et notamment à Armel Tripon-Franck Le Gal (Gedimat). Mais des bouleversements étaient à attendre.  

 Jour 5 – 23 avril

Toujours malmenée par les caprices de la météo, la flotte du dixième anniversaire de la course s’en accommodait bon gré mal gré et campait sur ses différentes inspirations. Le chassé-croisé en tête de classement faisait les affaires d’Armel Tripon et Franck Le Gal, à la faveur de leur positionnement Ouest.

 

Jour 6 – 24 avril

Evoluant au large de Gibraltar, les 25 duos de la Transat AG2R LA MONDIALE étaient toujours empêtrés dans les petits airs générés par une dorsale anticyclonique. Mais l’embellie était annoncée, une grande majorité de la flotte devant retrouver progressivement du vent et ainsi accélérer pour descendre vers les Canaries.

 

Jour 7 – 25 avril

 

Après plus de 24 heures passées dans les griffes de la pétole, la bête relâchait son monde et faisait place aux sourires, à la bonne humeur et à la navigation sous spi à grande vitesse à bord des Figaro Bénéteau de la Transat AG2R LA MONDIALE. Côté classement, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye (Brit Air) étaient crédités d’une très belle remontée et partageaient la tête de la flotte avec Kito de Pavant et Sébastien Audigane (Groupe Bel). Si Banque Populaire complétait le podium, tous les regards convergeaient vers Savéol, concurrent attendu aux avant-postes dans les heures à suivre…

 

Jour 8 – 26 avril

 en ce lundi 26 avril, les duos de la Transat AG2R LA MONDIALE poursuivaient leur descente expresse en direction des Canaries. Lancée à plus de 10 nœuds de moyenne, la tête de la flotte – emmenée par Romain Attanasio et Samantha Davies – devait franchir la marque de parcours obligatoire à La Palma dans la soirée, le tandem Savéol ouvrant le bal à 22h21 (heure de Paris).

 Jour 9 – 27 avril

 Les passages se succédaient aux Canaries alors que la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE se trouvait privée d’un de ses plus sérieux prétendant ; Kito de Pavant et Sébastien Audigane (Groupe Bel), étant contraints à une escale technique à Tenerife à la suite d’une collision avec une baleine. A 2 400 milles de l’arrivée, un deuxième acte commençait.

  Jour 10 – 28 avril

 Les Canaries dans leur sillage, l’ensemble des bateaux de la Transat AG2R LA MONDIALE cavalaient désormais en direction des Antilles portés par un vent de Nord Nord-est soufflant entre 24 et 28 nœuds. Les premières stratégies se dessinaient tandis qu’en tête de la flotte, Romain Attanasio et Samantha Davies cédaient les commandes au tandem de Brit Air, Armel Le Cleac’h et Fabien Delahaye.

 

Jour 11 – 29 avril

 A 2000 milles de l’arrivée à Saint-Barth, la flotte de la dixième Transat AG2R LA MONDIALE poursuivait sa cavalcade dans les alizés. Dans des vents de Nord-Nord-Est, autour de 25 noeuds, les nuits de pleine lune faisaient le bonheur des marins qui jouaient la vitesse sur la route des Antilles. L’heure était aussi aux premiers choix et aux paris sur un avenir plus ou moins proche. Si les leaders mettaient du Sud dans leur route, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye imprimant toujours le pas, talonnés de près par Gildas Morvan et Bertrand de Broc, Adrien Hardy et Stanislas Maslard (Agir Recouvrement) tentaient, eux, un « coup de poker » en remontant au Nord.

 Jour 12 – 30 avril

 

Annoncé depuis plusieurs jours, l’affaiblissement du régime d’Alizés venait cueillir la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE. Les vents de 30 à 35 noeuds, combinés à une mer extrêmement inconfortable, faisaient place à un flux oscillant autant en force qu’en direction, ne rendant pas la navigation des plus simples. Les vitesses se stabilisaient entre 8 et 10 nœuds, que ce soit pour les Sudistes, qui naviguaient sous l’influence des dépressions Ouest Africaines, ou pour les Nordistes qui, eux, progressaient en marge de l’anticyclone des Açores.

 Jour 13 – 1er mai

 

Du Nord au Sud, les attaques fusaient de toutes parts. Après presque treize jours de course, les 25 tandems en étaient à assumer leurs choix et leurs divergences de points de vue. Toujours leaders, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye voyaient leur vitesse chuter mais restaient confiants pour l’avenir. Au Nord, Yann Eliès et Jérémie Beyou (Generali – Europ Assistance) et Adrien Hardy et Stanislas Maslard (Agir Recouvrement) jouaient les angles et étaient à la fête en ce 1er mai.

 

 

Jour 14 – 2 mai

 

Du Nord au Sud, les concurrents n’étaient pas soumis au même régime, les leaders provisoires au classement général accusant une nette désertion du vent, quand leurs concurrents trouvaient encore grâce dans un flux se maintenant autour de 12 noeuds de secteur Est. Etalée sur plus de 450 milles, la flotte attendait le verdict des placements et la possibilité de mettre le clignotant à droite.

 

 

Jour 15 – 3 mai

 

Complexe et inattendue, telle était la situation que rencontraient les 25 duos de la Transat AG2R LA MONDIALE sur l’Atlantique. Se contredisant depuis plusieurs jours, les fichiers météo – français et américains – étaient souvent bien loin de la réalité sur l’eau. En attendant, les centristes Antoine Koch et Joseph Brault étaient aux commandes de la flotte.

 

 

Jour 16 – 4 mai

 

La quasi totalité de la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE faisait à présent route en direction de Saint-Barth mais d’un camp à l’autre, le décor était radicalement différent ; les Nordistes peinant de petits airs instables, quand leurs copains au Sud passaient la surmultipliée et mettaient – enfin ! – le cap sur Gustavia tandis que les centristes continuaient de surprendre en maintenant le rythme.

 

 

Jour 17 – 5 mai

 

Idéalement placée, la petite « bande des quatre » composée de Cercle Vert, Brit Air, Banque Populaire et Savéol s’emparait des commandes de la flotte. Derrière, les autres duos s’accrochaient, tentant de se recaler au Sud, optimisant leurs trajectoires et anticipant leurs atterrissages sur Saint-Barth. Tous le savaient : les 1 100 milles qu’il restait à parcourir ne s’apparenteraient pas à une simple course de vitesse et les petits coups à jouer seraient nombreux.

 

 

Jour 18 – 6 mai

 

Passée sous la barre symbolique des 1 000 milles, la première partie de flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE chacun s’attachait à anticiper au mieux la conclusion de sa route vers Saint-Barth. A cinq jours de l’arrivée estimée aux Antilles, l’heure était à l’attaque, à la réduction des écarts ou au maintien de son leadership, selon que l’on se trouve au Nord, au Sud ou bien décidé à tout tenter. En tête depuis la veille au soir, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye reprenaient les commandes du groupe des inséparables.

 

 

Jour 19 – 7 mai

 

Alors que l’arrivée des leaders de la Transat AG2R LA MONDIALE à Saint-Barth se précisait, le suspense restait entier. A tous les étages, les duos se livraient de belles bagarres à coup d’empannages puis jouaient l’intox à la VHF. Et plus que jamais, le mode furtif était d’actualité, une bonne partie de la flotte n’y ayant encore pas eu recours.

 

 

 

Jour 20 – 8 mai

 

A trois journées de l’arrivée et du sacre des vainqueurs à Saint-Barth, la régate battait son plein sur la route des Alizés. Peu à peu, les Antilles distillaient aux concurrents de la Transat AG2R LA MONDIALE ces fameux grains souvent dignes d’une loterie nationale, impliquant d’exploiter les accélérations en bordure et d’éviter les zones de pétole à l’arrière. A 600 milles du dénouement, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye occupaient toujours la première place et réussissaient à maintenir leurs adversaires directs à une petite distance.

 

 

Jour 21 – 9 mai

 

Ce dimanche matin, alors qu’il leur restait 400 milles à parcourir avant de rallier Saint-Barth, les tandems de la 10e Transat AG2R LA MONDIALE profitaient d’un flux d’Est d’une quinzaine de nœuds relativement stable qui leur permettait d’afficher de jolies moyennes mais aussi de recharger un peu les batteries. En tête et en mode furtif, le duo de Brit Air creusait doucement l’écart sur ses poursuivants mais restait vigilant. Et pour cause, de nouveaux grains étaient attendus. Des grains qui devaient se faire de plus en plus fréquents et violents à l’approche des îles.

 

 

 

Jour 22 – 10 mai

  

A 250 milles de l’arrivée à Saint-Barthélémy, la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE en était au statu quo côté suspense. Invisibles sur les classements depuis la veille, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye goûtaient aux derniers moments de « clandestinité » au sein de la flotte, alors que pour le reste du groupe des quatre, la pression ne cessait de monter. En défense ou en attaque, tous étaient bien décidés à jouer leur va-tout et à déstabiliser l’adversaire. Huit duos choisissaient de passer en mode furtif, histoire d’ajouter encore un peu de suspense au final de cette Transat AG2R LA MONDIALE.

 

 

 

Epilogue – 11 mai

 

Coupant la ligne d’arrivée à Saint-Barthélémy le 11 mai à 00 heures 59minutes 11 secondes (6 heures 59 minutes 11 secondes heure de Paris), Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye s’adjugeaient la victoire sur la dixième Transat AG2R LA MONDIALE après 22 jours 16 heures 59 minutes et 11 secondes d’une course menée avec talent et maîtrise. Le jour même de ses 33 ans, le skipper de Brit Air s’offrait ainsi une entrée dans l’histoire de la course en devenant le premier marin à inscrire son nom une deuxième fois au palmarès. Quatre ans jour pour jour après sa victoire de 2006, acquise avec Nicolas Troussel, le Finistérien réitérait donc l’exploit en compagnie d’un bizuth de l’Atlantique qui signait, quant à lui, une entrée magistrale dans la cour des grands.