Les Gaulois, David et Goliath ne régatent pas dans la même catégorie

Pour celles et ceux qui ont loupé les salons européens de fin d’année* ou qui ne se sont pas encore décidés, la séance de rattrapage aura l’accent allemand ou du sud de la France. Par où commencer? Par le premier dans le calendrier, qui revendique également la première place en terme de taille. La 42e édition de Boot Düsseldorf se déroule toujours fin janvier (du 22 au 30) et réunit la bagatelle de 1550 exposants provenant de 50 pays. Parmi les 600 exposants étrangers, les Hollandais arrivent largement en tête (leurs 160 exposants ont réservé 10 000m2), suivis bien sûr des Français (65) et des Italiens (50). Importance du marché oblige, les unités exposées ne sont pas non plus les plus ridicules : les visiteurs qui l’auront manqué à Paris pourront ainsi admirer le Bordeaux 60 chez le leader mondial de la plaisance, ou l’inusable deux-mâts de 54 pieds chez Amel. Düsseldorf ne se visite pas comme n’importe quel salon, il faut s’y préparer, ou prévoir du temps : avec 17 halles, dont 11 dédiées aux 1700 bateaux, l’aller-retour dans la journée s’improvise difficilement. Certes, les voiliers se concentrent sur 3 halles (15 à 17) regroupant 150 chantiers. Nouveauté 2011, la halle 6 accueille une cinquantaine de grandes unités essentiellement à moteur (jusqu’à 30m et plus). Les équipementiers se partagent également 3 halles (10 à 12, les Français se concentrant dans la 11) et offrent l’embarras du choix parmi 350 exposants.

Do you Berne ?
Pour ceux qui ne profitent pas des vacances de février, Suissenautic devient comme tous les deux ans la capitale suisse du nautisme. A part sa durée (du 12 au 20 février) qui offre aux Suisses une relative souplesse pour s’y rendre, le salon nautique bernois n’a bien sûr rien de comparable avec ses voisins européens. L’organisation table sur 200 exposants répartis dans 6 halles (dont 1 provisoire pour cause de travaux), et vise les 30 000 visiteurs (+20% par rapport à 2009) dont un tiers de Romands. Les adeptes de la voile disposent cette fois de leur halle exclusive (220), ainsi que les accessoires (633), et les bateaux d’occasion (120), les moteurs et bateaux à moteur se taillant comme d’habitude la part du lion (halles 210 et 310). A l’heure du bouclage, il n’y avait encore aucune certitude quant au nom de l’exposant qui aura le plus grand stand dans la halle voile, le trio de tête comprenant sans doute Bénéteau (Jack Beck et Graf), J Boats (J Lane) et Hallberg Rassy (Bootswerft Rolf Müller). De son côté, l’importateur Archambault, François Séchaud, compte naturellement proposer le bateau le plus vendu en Suisse (il a encore vendu 20 Surprise en 2010, soit au total 730), et peut-être aussi le Multi23 qu’il importe de- puis peu, « un très joli trimaran de 6m50 facilement manœuvrable et dessiné par VPLP ». A nouveau présent, Swiss Sailing informera les membres sur les nouveautés de la fédération et les programmes en cours, tout en proposant de gagner une semaine sur un 36 pieds en Sardaigne, en collaboration avec le loueur My Charter. Au-delà de l’occasion trop rare de retrouver une bonne partie de la communauté nautique suisse rassemblée sur un même lieu, le principal intérêt de ce salon reste donc sa proximité.

Etraves au sud
Pour la première fois à la Grande Motte, du 14 au 17 avril 2011, les Salons du Multicoque montrent tout de suite la couleur. Pourquoi « Les Salons » ? Ils se déroulent en alternance sur les façades atlantique et méditerranéenne, même si l’équipe organisatrice reste la même, et c’est peut-être là que réside la clé du succès. Testée entre Genève et Zurich dans les années 1980-1990, il manquait à cette alternance une vision commune et un lien entre les deux organisations pour perdurer efficacement. Or, Philippe Michel (professionnel de la communication) et Frédéric Morvant (agent Alliaura et Lagoon) ont été plébiscités par l’ensemble des acteurs du marché du multicoque dès l’annonce du concept et surtout à l’heure des comptes de la première édition à Lorient en 2010. Les leaders mondiaux de ce créneau, certes de niche mais en progression constante (production annuelle mondiale inférieure à un millier, dont 60% réalisés par la France), s’y étaient donné rendez-vous, drainant dans leur sillage des plus petits chantiers français et étranger. Une soixantaine de catamarans et trimarans de 20 à 74 pieds, essentiellement à voiles, a pu ainsi être proposée à 12 000 visiteurs ravis de découvrir une telle concentration de multi- coques à flot. Au printemps 2011, l’espace à flot conçu pour faciliter les essais en mer, se complètera d’autres pôles thématiques autour du multicoque: équipement, charter & tourisme, architectes & innovation, animation & conférences. Première ville balnéaire à se voir décerner le label « Patrimoine du XXe siècle » par le Ministère français de la Culture, la Grande Motte à l’architecture si typique et aux sept kilomètres de plage de sable fin devrait donc d’autant plus séduire les amateurs de multis habitables, surtout à quelques heures d’autoroute des frontières suisses.

Egalement sur un marché de niche, celui des super yachts, mais beaucoup plus loin, le leader mondial de l’événementiel nautique Informa Yacht Group (notamment organisateur du Monaco Yacht Show et du World Yacht Racing Forum) organise pour la 3e année consécutive l’Abu Dhabi Yacht Show fin mars et pour la 1re fois le Singapore Yacht Show mi-avril. Mais ceci est déjà une autre histoire…