Les industries nautiques françaises confirment leur combativité

Confrontées à un repli de leur activité sur l’ensemble des marchés depuis l’automne 2008, les entreprises du secteur nautique français achèvent leur adaptation à la nouvelle donne économique. Depuis 2009, elles mettent l’accent sur la créativité, l’innovation et la préservation de l’environnement, encouragées par une pratique et un intérêt à l’égard des activités nautiques qui demeurent soutenus.

 

 

La pratique nautique et l’envie de naviguer restent très élevées

 

L’attrait de la plaisance et la pratique demeurent forts en 2010, comme en témoignent les premières tendances de la saison :

Le secteur de la location de bateaux et les shipchandlers enregistrent des résultats en ligne avec 2009 (184 millions d’euros de chiffres d’affaires pour les loueurs et 260 millions d’euros pour les shipchandlers). Les plaisanciers souhaitent préserver leurs loisirs nautiques, aussi le nombre d’entre eux optant pour la location ou l’achat d’équipements pour leur bateau est-il globalement équivalent, voire en progression, mais avec des budgets plus modestes. Signe encourageant, les réservations de locations pour l’automne / hiver sont d’ores et déjà en progression par rapport à l’an dernier.

 

„ Constat globalement similaire au niveau des Stations Nautiques, clubs et écoles de voile ou de canoë kayak, dont les premiers indicateurs semblent présager d’une progression de la fréquentation (plus de 420 000 stagiaires en Ecoles françaises de voile et une progression de plus de 18% des pratiquants occasionnels de canoë kayak). Une tendance à préserver les loisirs nautiques -le plus souvent ceux des enfants- aux dépends d’autres divertissements (restauration, notamment), parfois avec des budgets plus restreints (formules courtes) semble là aussi se dessiner.

 

Dans les ports de plaisance, le niveau d’activité s’est avéré globalement satisfaisant, avec toutefois des disparités au plan régional, principalement en raison des conditions météorologiques. La fréquentation demeure constante mais la durée des escales tend à raccourcir.

 

Le haut niveau de la pratique nautique en 2010 ainsi confirmé, est corroboré par un intérêt qui demeure fort à l’égard de tout l’événementiel nautique. La fréquentation des grands événements, courses nautiques et salons de printemps s’est révélée soutenue : Fête du Nautisme (450 000 visiteurs), Transat AG2R La Mondiale (85 000),  SPI Ouest France (40 000), Salon Marseille Provence (40 000), Nautiques de Port Camargue (48 000), Salon du Multicoque (12 000)…

 

Vers une redynamisation du marché

  

Dans ce contexte, les premiers signes d’une redynamisation du marché tendent à apparaitre :

„ Les constructeurs de bateaux, les réseaux de distribution ainsi que les fournisseurs d’accastillage et les motoristes abordent l’automne avec un niveau de stocks historiquement bas, qui témoigne d’un assainissement du marché.

 

Les immatriculations françaises de bateaux neufs sur la période septembre 2009/juillet 2010 tendent à se stabiliser (-3,7% contre -17,46% un an auparavant).

 

„ Une stabilisation corroborée par des signes de reprise particulièrement encourageants au niveau des ventes de moteurs, généralement promesses des ventes de bateaux à venir, qu’il s’agisse de moteurs hors bord (+ 4,5% contre -29,6%), de Z Drive/Stern Drive (+ 10,5% contre – 45,2%) ou de moteurs fixes (+ 4,4% contre – 47,4%).

 

Les entreprises confirment leur résistance et leur combativité

 

En cette fin de saison 2009/2010, les entreprises du secteur nautique français achèvent leur adaptation à la nouvelle donne économique. Depuis 2009, elles mettent l’accent sur la créativité et l’innovation afin de présenter un nombre de nouveautés très élevé sur l’ensemble des segments (139 nouveaux bateaux présentés à Cannes ; 150 nouveaux bateaux et 250 nouveaux équipements et produits présentés à La Rochelle). Elles poursuivent également leurs efforts pour intégrer encore plus significativement la préoccupation environnementale à leurs activités, en faveur d’un nautisme responsable (développement des motorisations hybrides et électriques, réflexion en cours sur un outil d’eco-conception, mise en place d’aires de carénage propre…).

 

Cette stratégie volontariste a été menée par les dirigeants en s’efforçant de préserver l’essentiel de l’outil de production et des ressources humaines de leurs entreprises, notamment par la mise en œuvre des outils publics disponibles (chômage partiel, par exemple). Une volonté de pérennisation de l’activité sur le long terme qui devrait permettre à l’industrie nautique française de conserver, voire renforcer, ses positions sur un marché mondial qui a souffert.

 

Afin d’accompagner les entreprises dans cette période de transition, La FIN organisera à l’automne deux réunions à l’attention des professionnels du nautisme à Nantes et à Marseille visant à faire le point sur la santé du secteur sur la base d’une étude réalisée par la Banque de France. Parce que la question des fonds propres est particulièrement cruciale pour les entreprises, les différentes offres en fonds propres temporaires et des différents organismes publics et privés existants seront également présentées à cette occasion.

 

Si la saison 2010/2011 semble s’ouvrir sur une tonalité encourageante, l’enjeu constitué par les salons d’automne s’avère, plus que jamais, particulièrement déterminant. Les professionnels abordent donc le Festival de la Plaisance de Cannes (du 8 au 13 septembre) et le Grand Pavois de la Rochelle (du 15 au 20 septembre) avec une forte détermination comme en témoigne le niveau élevé des nouveautés présentées