LES MOTS CHOCS DU PODIUM

Après la victoire des complices d’Initiatives-Novedia (De Lamotte-Hardy), les arrivées des duos de Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm), dans le milieu de la nuit de samedi à dimanche, complètent le podium de la première édition de la Solidaire du Chocolat entre la France et le Mexique. Une fois encore l’accueil à Progreso et la cérémonie maya offerte aux équipages ont été à la hauteur de la course. « Dure », « difficile », « extrême », « éprouvante » : les qualificatifs sont unanimes pour décrire ce qu’ils ont vécu. La succession de dépressions sur l’Atlantique et le duel en match-racing qu’ils ont livré jusqu’au bout en mer des Caraïbes n’ont en effet laissé aucun répit à ces quatre navigateurs, forts pourtant de leur très solide expérience sur toutes les mers du monde. Seules 18 minutes et 44 secondes les séparent à l’arrivée après plus de 27 jours de course d’une intensité rare. Réactions à chaud…

Giovanni Soldini (Telecom Italia) :  « 15 jours de tempête » 

 « Non, cela n’a pas été une souffrance : c’était une belle course même si elle s’est révélée très dure. Cette transat était éprouvante car il y avait beaucoup de près et donc pas mal de bleus. J’étais bien en mer, le problème c’était les 15 jours dans la tempête. Le bateau a beaucoup tapé dans les vagues et les creux générés par les dépressions en Atlantique. On a malheureusement cassé notre étai, une pièce toute bête au moment où il fallait qu’on gagne dans le sud, mais ça n’a pas été possible. On s’est quand même bien amusé avec Bernard et Bruno car ils étaient toujours avec nous à la bataille. Le parcours est très intéressant, mais on n’a pas eu l’alizé que l’on espérait. C’est une très bonne idée cet aspect solidaire et c’est très intelligent, et nous avons eu un super accueil ici au Mexique. »

  

Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat) :  « La plus difficile et la dernière… »

« Cet accueil, c’est inattendu, magique et cela fait du bien après une course aussi longue et surtout aussi dure. Nous avons quand même essuyé six à sept dépressions à suivre dans l’Atlantique où nous avons rencontré des conditions extrêmes. Sans compter que nous avons été au contact avec Telecom Italia sur 2 000 milles. Et 2 000 milles, ce n’est pas rien : pendant presque 4 000 km, nous n’avons jamais pu relâcher la pression. Nerveusement, on s’en sort toujours, mais physiquement cette course restera très éprouvante. C’est la transat la plus dure que j’ai jamais disputée et heureusement que j’étais avec Bernard avec lequel tout s’est très bien passé et aux côtés duquel j’ai eu plaisir à me bagarrer. Je suis content d’avoir disputé cette Solidaire du Chocolat, mais c’était ma dernière course au large en équipage réduit… Tanguy et Adrien ont très bien navigué, ils ont fait la plus belle régate : ils ont creusé suffisamment d’avance pour la conserver. La relève est en marche… »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : « Aussi belle que dure ! »

« Quel accueil ! C’est très impressionnant d’autant que je ne connais pas le Mexique et que j’ai découvert ici les cérémonies mayas… et je dois dire que je ne savais pas trop ce qu’on nous avait réservé ! Cette course a été aussi belle que dure. Nous avons rarement fait la route directe et les deux semaines de près avec les six dépressions ont été coriaces. A la gîte, on a dû se bagarrer tout le temps : pour s’habiller, pour manger, pour se déplacer, pour aller aux toilettes… Et quinze jours à mariner dans un ciré, ce n’est pas drôle. Quand on l’a retiré, on avait l’impression d’enlever aussi un bout de peau ! Ensuite, quand on a commencé à se réjouir à l’idée d’enfin glisser au portant, on a eu deux jours de copieux grains comme dans le pot au noir. Et puis, il y a eu cette régate de folie avec Telecom Italia qui a duré 2 000 milles et jusqu’au bout. Ce matin, nous étions même revenus à 400 mètres derrière, mais ils ont réussi à nous remettre 1 ou 2 milles. La première fois qu’on s’est retrouvé au contact en Atlantique, c’était plutôt sympa, mais à force cela rajoute un stress supplémentaire. D’habitude le match-racing, cela se passe entre trois bouées et cela dure la journée… Là, c’était une toute autre histoire ! Mais oui, c’est une course à refaire : de toutes façons, cela ne pourra pas être pire ! »