Lever de rideau sur l’Hydroptère.ch

Alain Thébault, concepteur et pilote du projet Hydroptère, et Jean-Mathieu Bourgeon, responsable scientifique du programme, accompagnés de leur Design Team, ont dévoilé, ce matin au chantier Decision SA à Ecublens (Suisse), leur nouveau prototype, l’Hydroptère.ch, un catamaran de 35 pieds qui sera mis très prochainement à l’eau sur le lac Léman.

Les programmes Hydroptère sont des projets scientifiques, technologiques et sportifs, dont l’ambition est de révolutionner le monde de la voile et pérenniser ce concept innovant de bateau volant. En 2009, l’Hydroptère, le trimaran de 60 pieds, est devenu le voilier le plus rapide au monde en décrochant le double record absolu de vitesse, à 51,36 noeuds (95 km/h) sur 500 mètres et 50,17 noeuds (93 km/h) sur le mille nautique, franchissant une étape historique dans le monde de la voile.

l’Hydroptère.ch s’inscrit dans cette démarche globale. Véritable laboratoire d’essais, il servira à concevoir l’Hydroptère maxi, dont l’objectif sera de battre l’ensemble des grands records océaniques et poursuivre le rêve de Jules Verne : voler autour de la planète. Trois bateaux pour s’attaquer à l’ensemble des grands records : vitesse pure, traversée de l’Atlantique, traversée du Pacifique et tour du monde. En présence de leurs partenaires principaux, le banquier privé Thierry Lombard, Associé-gérant de Lombard Odier Darier Hentsch & Cie, Philippe Merk, Directeur Général de la Manufacture horlogère Audemars Piguet, et de son conseiller scientifique officiel, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne représentée par Patrick Aebischer, son Président, Alain Thébault et Jean-Mathieu Bourgeon ont rappelé l’histoire et les fondements du projet, présenté le nouveau voilier volant et levé le voile sur ses principales innovations. « l’Hydroptère est une aventure humaine et technologique hors normes et l’Hydroptère.ch s’inscrit dans la continuité de ce programme. Bateau laboratoire destiné à concevoir l’Hydroptère maxi, ce catamaran va nous permettre de tester une nouvelle géométrie et notamment la formule bisafran.

L’objectif de ce premier voilier hybride : la polyvalence. Naviguer quasiment aussi vite que les voiliers classiques en mode archimédien, et avec une vitesse bien plus élevée en vol. D’abord sur le lac Léman puis en Méditerranée et à l’étranger, l’Hydroptère.ch devrait fournir des réponses à des problématiques précises en termes de dynamique du vol et sera un nouvel ambassadeur avec un petit supplément d’âme lié à sa genèse transfrontalière », indiquait Alain Thébault lors de la conférence.

Fruit d’une collaboration étroite entre les marins, le Design Team, l’EPFL, les chantiers Decision SA et B&B, les bureaux d’étude HDS et MSE et les « Papés », ces huit ingénieurs bénévoles retraités qui soutiennent Alain Thébault et le projet depuis de nombreuses années, l’Hydroptère.ch est un véritable bijou technologique. Voilier de 35 pieds (10,85 mètres de long et 10,40 mètres de large) avec coqueron central structurel, il est notamment équipé d’ensembles arrière relevables, d’un système de réglage des foils très pointu et de carènes planantes mobiles.

Tout comme l’Hydroptère de 60 pieds, l’Hydroptère.ch sera doté d’un système de mesures embarqué ultra sophistiqué. Patrick Aebischer, parrain de l’Hydroptère.ch, a brisé le champagne à l’issue de la conférence de presse et rappelé les liens qui unissent l’EPFL et le projet Hydroptère depuis 2006 : « Les recherches menées à l’EPFL ont déjà contribué aux deux records établis par l’équipe l’année dernière. l’Hydroptère.ch marque une nouvelle étape dans cette collaboration. Ce voilier laboratoire est une opportunité pour les chercheurs impliqués de valider les développements qu’ils effectuent et permettra d’expérimenter, en conditions réelles, des solutions novatrices pour repousser les limites de l’existant dans des domaines très variés. Ce projet est une réelle source de motivation pour les chercheurs mais aussi pour les étudiants qui sont impliqués dans l’aventure ».

L’ensemble du projet Hydroptère est soutenu par deux grandes Maisons, Lombard Odier Darier Hentsch & Cie et la Manufacture horlogère Audemars Piguet, qui partagent de nombreuses valeurs, telles que tradition, excellence et savoir-faire. Entrepreneurs, elles possèdent une histoire jalonnée d’engagements liés à l’innovation et à la découverte, et donc aux défis qui en découlent. Navigateur, féru de challenges, de voile et de technologie, Thierry Lombard soutient l’aventure depuis 2005. « Après les succès en 2009 de l’Hydroptère, l’arrivée de ce nouveau prototype hybride est très prometteuse. Cette formidable aventure, que j’ai eu le plaisir de rejoindre et de soutenir depuis 2005, prouve que les plus beaux rêves peuvent aboutir grâce à la passion d’une équipe et l’engagement inconditionnel de ses partenaires. S’associer à un tel défi, c’est se placer en précurseur, affirmer sa capacité d’innovation et montrer à tous l’esprit pionnier qui caractérise notre Maison », déclarait-il devant l’Hydroptère.ch.

Pour Philippe Merk, « ce nouveau prototype ambitieux rejoint pleinement l’esprit pionnier d’Audemars Piguet qui, depuis 1875, repousse toujours plus loin les limites de son art au travers de sa quête d’innovation technologique, d’audace et d’excellence. C’est non seulement le travail d’une équipe enthousiaste, déterminée et expérimentée que nous saluons avec ce partenariat mais aussi la recherche et la mise en oeuvre de solutions novatrices et révolutionnaires, valeurs que nous partageons ».

L’équipe de l’Hydroptère.ch va s’atteler aux essais statiques et étalonnages de la plateforme avant de se concentrer sur l’armement du voilier. Heureux et émus de voir le fruit de trois années d’étude, de conception et de fabrication prendre forme, impatients de récolter les premiers résultats mais conscients des mises au point à effectuer sur un tel prototype, Alain Thébault et son équipage tireront leurs premiers bords sur le Léman début octobre.

« Ce baptême est une journée très importante pour mon équipe et moi-même. Je suis à la fois fier et ému. l’Hydroptère.ch est le résultat d’années d’études et navigations sur l’Hydroptère mais aussi du travail et de l’implication d’une équipe hors normes. Après quelques petites semaines de réglages et finitions, nous pourrons voler sur le Léman », conclut Alain Thébault.

Voir aussi notre article sur le projet http://www.skippers.ch/record-et-proto/article.php?article=195&sousCategorie= ainsi que les vidéos du record sur skippers.tv