L’express Bénodet – Martinique

Ca va vite, très vite même dans la Transat Bénodet – Martinique. Partis depuis trois jours du port breton, les solitaires avalent les milles – 240 en 24 heures pour les premiers – et affichent des moyennes très élevées à bord de leurs monotypes. Après un épisode musclé au large du cap Finisterre, les dix-sept marins pansent leurs plaies et renouent avec le plaisir de la glisse. Dans des conditions de vent de retour à la modération et l’anticipation d’une phase de transition sensible, sonne l’heure des premiers placements pour une flotte toujours emmenée par le tenant du titre, Gildas Morvan (Cercle Vert).

 

Passées les inquiétudes ressenties dans la journée d’hier, les voix du large allaient aujourd’hui dans le sens d’un retour à la normale et d’une évaluation plus ou moins optimiste des dégâts occasionnés par le bras de fer avec les éléments. Le coup de vent est dans le sillage des solitaires, laissant des traces plus ou moins prononcées. En la matière, il y a les taiseux, les « anciens » de la série, qui savent que la moindre information lâchée sur les ondes est une arme donnée à un adversaire qui saura s’en servir au moment voulu. Alors, quelle que soit l’étendue d’éventuels problèmes, on ne dit mot, privilégiant le plaisir d’une glisse retrouvée. Puis il y a les nouveaux venus, ces petits jeunes qui ont très souvent expérimenté sur cet épisode ibérique le premier tête à tête avec la frayeur, la peur, en solitaire. C’est par exemple le cas d’un Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) dont le bateau a enfourné jusqu’au mât avant de se retrouver couché après un malheureux enchaînement, de Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham) victime de la perte de son petit spi et de chocs à répétition avec des billes de bois, ou encore de Frédéric Rivet (Vendée 1) qui confiait ce midi à la vacation avoir multiplié les figures de style. Visiblement sonnés, ces bizuths éprouvaient tous le besoin de revenir sur « leur » passage du cap Finisterre, pour raconter, partager et évacuer dans leur sillage une première confrontation virile avec le large. Mais loin de s’appesantir sur ce passé chahuté, tous savaient que l’heure était à l’attaque, à la maîtrise éventuelle d’une hémorragie de milles sur les premiers et surtout à la culture intensive d’un moral d’acier.

Gérer la transition

« L’avenir stratégique est vaste! », cette expression toute droit sortie de la bouche de Jeanne Grégoire (Banque Populaire) à l’occasion de la vacation de la mi-journée, résumait à elle seule la situation actuelle et à venir. Ainsi, sur l’échiquier, chacun a-t-il choisi une tendance plus ou moins marquée pour affronter le prochain obstacle. En cause, une zone de transition générée par la succession d’une dorsale, synonyme de petit temps pour la journée de demain, et d’une dépression à suivre qui se creuse au Sud des Açores. Pour résoudre cette équation et de se sortir au mieux de cette situation, les solitaires ont choisi trois tendances. Au plus proche de la route directe, le leader, Gildas Morvan et son dauphin, Thomas Rouxel (Bretagne – Crédit Mutuel Performance), ont choisi l’Ouest. Avec une centaine de milles d’écart en latéral, Eric Drouglazet (Luisina), Frédéric Rivet ou encore Yannig Livory (One Network Energies) ont choisi le plongeon et une voie sudiste. Rassemblant une large majorité de solitaires, l’inspiration centriste est emmenée par le duo Nicolas Lunven (Generali)/Erwan Tabarly (Nacarat). Première dissidence au sein de la flotte, ces choix marqués pour assumer la transition et contourner la dépression par le Nord pour une majorité, par le Sud pour un plus petit nombre, ne livreront bien évidemment pas leur verdict avant 48 heures. En attendant, il faudra aux marins composer avec du petit temps – un flux de secteur Nord Est faiblissant – et rester convaincus du bien fondé de leurs engagement ; moins de vent sur le chemin le plus court, ou une route plus longue mais plus rapide… Un peu de piment pour épicer une Transat Bénodet – Martinique déjà pourtant bien relevée !

Ils ont dit…

Gildas Morvan (Cercle Vert)

« C’est tout simplement du bonheur. Depuis une heure, le soleil est revenu et la mer s’est calmée, c’est donc vraiment super agréable. Depuis le départ, c’est un peu secoué. Il y avait de la mer dans le Golfe de Gascogne. Il y a eu 40 nœuds et 3 à 4 mètres de houle au Cap Finisterre et depuis ce matin, la mer s’est aplatie. Tout va bien.

J’ai eu quelques petits trucs mais rien de méchant, des bricoles. Depuis le début, ça n’a pas été facile de dormir. Cette nuit, j’ai pu réussir à m’allonger un peu sur le pont à côté de la barre et dormir par tranches de quelques minutes. Maintenant, ça va être plus calme. Je vais essayer de récupérer. J’essais de regarder les prévisions météo pour la suite, les cartes et les changements annoncés. Il y a des phénomènes prévus pour la suite, un dorsale et un front qui arrivent. Tout ça à traverser. Je cherche le meilleur endroit pour couper dans tout ça. Chaque transat est variée au niveau météo. On est dans un schéma classique. C’est bon pour le moral d’être bien classé. Mais être bien classé, ça ne veut pas dire que c’est la meilleure position par rapport au schéma météo. Il faut donc attendre que ces phénomènes météo soient passés ».

Thomas Rouxel (Bretagne – Crédit Mutuel Performance)
 


« Les conditions sont bien plus agréables, 15/20 nœuds et toujours sous spi. Le soleil commence à percer. On peut donc faire sécher son bateau et ses affaires et ça c’est plutôt pas mal. J’ai dû faire de la couture pour réparer mon petit spi, car pour le renvoyer, je l’avais réparé avec un peu du scotch et ça n’a pas tenu. Du coup, je me suis refais de la couture. J’ai fait aussi un peu de bricolage ce matin sur le pilote, mais rien de grave. Ces conditions, c’est l’occasion de faire un tour du bateau, de bricoler. J’aimerais bien savoir si j’ai pris la bonne option. C’est le doute, je me pose des questions. J’ai fais tourner pas mal de routages, chargé les fichiers météo et c’est un peu l’incertitude. Je ne sais pas à quelle sauce on va être mangé. C’est rassurant de ne pas être tout seul mais c’est quand même un peu stressant d’être avec Gildas (Morvan) car on se jauge en vitesse, ce qui ne permet pas d’avoir du temps pour manger. J’ai en effet un rythme pas très très bon. Je ne dors pas assez, je ne mange pas assez. Mais ça va venir petit à petit. Il faut que je trouve le rythme si je veux finir la course dans un bon état. J’ai pleins de bons trucs à manger. Il faut que je me force. J’ai des fruits, des gâteaux, du chocolat mais même ça ça ne me donne pas envie. C’est fou ! »

Nicolas Lunven (Generali)
 


« Ca va bien. Le moral est parfait. J’étais entrain de discuter à la VHF avec Erwan Tabarly qui est dans mon tableau arrière depuis un petit moment maintenant. Tout va bien, les conditions sont supers : 15/18 nœuds de vent au portant, c’est facile. Du coup j’en profite pour me reposer et commence à tout sécher un peu. J’en ai même profité pour enlever mes bottes pour les aérer pour éviter que ça ne sente trop le fennec ! Après ces heures musclées qu’on a eu au cap Finisterre, on s’organise un peu plus calmement. Avec Erwan, ça ne va pas vous étonner, on parlait bateau. On comparait notre passage au cap Finisterre. Moi j’ai pris un ris dans la grande voile que lui n’avait pas pris au final. Du coup, j’arrive à sortir devant lui, sans avoir fait de vrac, sans avoir cassé de matériel. En étant prudent, j’ai été performant. C’est parfait. On va s’installer dans un rythme plus cool au niveau météo. Les stratégies commencent à se décanter.
Erwan Tabarly est une personne que j’apprécie beaucoup et avec qui c’est agréable de discuter. C’est intéressant de comparer les points de vue de chacun pour les prochaines fois. Mon classement me convient, J’ai Gildas (Morvan), Thomas (Rouxel), Frédéric (Rivet) et Eric (Drouglazet) à vue. Il faut être un peu réaliste et fataliste. Tu ne peux pas en même temps contrôler ceux du Nord et ceux du Sud en se mettant devant eux. Moi, j’ai choisi une route médiane. J’avais choisi avant de voir le choix des autres. Les fichiers météo n’apportent pas de réel bien ou perte à partir sur une route Nord ou Sud. Tant que la situation météo n’était pas claire, j’étais en attente. La situation maintenant s’est décantée. Je fais route directe, je pense que c’est pas si idiot que ça. J’ai peut être tort, mais j’ai décidé de faire ça et la route est encore longue ».

Frédéric Rivet (Vendée 1)

« Il y a eu de belles figures de style. J’ai fait un beau planté, c’est impressionnant. J’ai eu un peu de casse comme tout le monde mais rien de trop trop grave. J’avais un peu de mal hier soir, mais j’ai bien dormi cette nuit et bien mangé donc ca va beaucoup mieux. J’ai eu un petit doute hier soir sur mes options ; mais le problème c’est que j’avais un peu trop attaqué en début de course, le sommeil me manquait. C’est conforme à ce que j’avais prévu ! Aujourd’hui le programme c’est de faire avancer la bourrique ! Le bateau est bien rangé, il n’y a pas trop de soucis. Au niveau technique j’ai un petit spi à réparer, mais ca va être facile. Là, faut attaquer ce n’est pas le moment de décrocher. J’ai environ 18 nœuds de vent, un peu refusant et puis on va chercher un petit point au sud des Acores. La mer est belle, le ciel un peu couvert, ca se réchauffe doucement, c’est assez agréable ! Hier j’étais content de moi, de maintenir la cadence, mais à attaquer trop on s’est pris les pieds dans le tapis ! J’ai été impressionné car je n’avais jamais fait ça en Figaro ; les safrans sont sortis de l’eau ! »

Erwan Tabarly (Nacarat)

« Ca va, ça se passe bien. Ce sont plutôt des conditions tranquilles par rapport à ce que nous avons eu dans la nuit d’avant-hier et la journée d’hier. On est sous spi avec 15 nœuds de vent et donc ça glisse tout seul. On peut en profiter pour récupérer un petit peu et faire sécher nos affaires qui sont mouillées.

On ne s’est pas trop quitté depuis le départ, bizarrement. Il y a deux jours on était à vue. Quand il y a eu du vent fort sous spi, on ne se voyait pas et puis à un moment donné on s’est croisé et depuis ce moment là nous sommes à vue. Je ne me suis pas fait encore à l’idée vraiment d’être tout seul. Je vois bien qu’il y a des bateaux pas très loin notamment Nico (Nicolas Lunven). Je suis peut être un peu moins dans l’ambiance transat où l’on est tout seul. Mais ce n’est que le début, on va vite se disperser et dans peu de temps on sera à perte de vue.

J’aime bien être tout seul. Etre un peu plus libre dans mes choix de trajectoire. Quand il y a un bateau tout près on a un peu plus l’œil rivé dessus et ça m’est arrivé quelques fois de ne pas faire ce que j’avais envie de faire parce que je regardais l’autre bateau.

Quand on est tout seul, on se pose beaucoup moins de questions et la navigation est plus facile.

Le gros avantage d’être à deux c’est de pouvoir voir si on va vite. Et quand ça ne va pas, on peut modifier les réglages.

J’ai vu que des bateaux étaient partis dans le sud. Je regarde attentivement ce qu’il se passe aussi bien pour Gildas Morvan, Cercle Vert, dans le nord que les bateaux plus au Sud.

Par rapport à Gildas on va faire un peu la même option. On est un peu décalé mais pas de grand-chose, par contre ce que fait Luisina par exemple, ça va être complètement différent de nous je pense. Donc il va falloir regarder ça.

Ca y est la régate est partie, comme on dit. Les premiers choix sont fait. Il faut avoir confiance en ce que l’on a décidé, continuer dans la réflexion et essayer de faire la meilleure trajectoire ».

Jean-Paul Mouren (Groupe SNEF)

« On est dans un bon très train. La pression était soutenue au début, mais maintenant, c’est un peu plus relax. Donc on met un peu d’ordre, je prends position de ma navette qui me transite. Je fais attention que tout marche. Je veille à l’entretien. J’ai eu quelques petits déboires. J’essaye de gérer mon quotidien, tout va bien. Pour l’instant. Le départ était cadencé et fort. Mais je pense être revenu dans le bain. On ne part pas comme si on faisait un tour de jardin, car le jardin est immense et il y a de quoi s’y perdre. Je fais ça comme un chemin initiatique. En solitaire, seul responsable de ma carcasse et de mon matériel. Ca ne va pas être un grand pas pour le monde mais un tout petit pas pour moi d’arriver à cela. Avant le départ, je n’étais pas au bar à rigoler, je me concentrais sur la préparation. Aujourd’hui, je suis rassuré, tout va bien. Le côté nautique va pouvoir prendre le pas sur le côté préparatif. Depuis un mois, j’étais sur le grill. Maintenant je vais pouvoir passer au Tome 2 : naviguer en haute mer. Au cap Finisterre, j’étais sous spi lourd, il y avait une mer vive, rapide qui allait plus vite que la vitesse du bateau. Ambiance haute mer, pas loin du danger, en zone orange, on va dire. Au bout d’un moment, j’étais crevé, j’ai affalé le spi et je suis resté sous grande voile pour me reposer pour gérer au mieux mon sommeil et mon énergie. Dès que le vent a repris, j’ai remis le spi lourd. Ces 24 heures autour du cap Finisterre ont été violentes, mais on s’y attendait. On peut commencer maintenant à faire du ménage, un peu de propreté, à écrire des mails et faire sa vie de voyageur sur la mer. J’ai cassé une poulie de bras de spi. J’ai réparé et renforcé sa voisine. Le bateau est donc à 100% de ses possibilités. J’ai géré avec prudence et maturité ma monture et ma carcasse comme un bon père de famille et un bon marin, avec sérénité. Je n’ai pas pris de risque à partir trop vite. Il reste moins de 20 jours. Il ne fallait pas flamber toutes les cartouches dans ces prémices de la course ».

Romain Attanasio (Savéol)

« Maintenant on est dans la course. Je vais faire dans quelques secondes mon premier plat chaud de la course. On commence vraiment à se mettre dans l’ambiance. Ce n’est pas très original c’est un plat lyophilisé qui s’appelle « chicken Korma », c’est celui que je préfère.

C’était un gros morceau le cap Finisterre. C’était quand même super chaud cette histoire là, comme on l’attendait. J’ai vu qu’il y avait eu pas mal de dégâts d’ailleurs sur certains bateaux donc moi j’étais content d’avoir assuré le coup.

Maintenant on se remet la tête dans la météo, ce n’est pas aussi simple que ça en avait l’air avant de partir.

Ca veut dire qu’il y a un chemin à trouver qui n’est pas simple devant nous. Il y a quelque chose à gérer. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant mais il faut réfléchir.

Je suis content d’être revenu avec les premiers. J’avais cravaché juste avant au cap Finisterre dans la brise pour y arriver et j’étais bien content hier d’être revenu là et surtout de n’avoir rien cassé, de ne pas avoir déchirer le spi. Je n’ai eu aucun problème. Avoir un bateau nickel, c’est le premier objectif pour moi.

On s’est un peu étalé cette nuit. J’ai voulu redescendre un peu, donc j’ai fait un petit empannage qui m’a couté cher sur le classement parce que ce n’est pas de la route directe par rapport à Gildas (Morvan). J’étais 100 mètres devant lui hier soir mais bon voilà il faut prendre ses marques. Depuis hier soir, je navigue tout seul. Alors maintenant c’est stratégie, perso et on fait au mieux.

Pour l’instant on se place, on va voir ce n’est pas figé, on regarde comment ça va passer. Je réfléchi et quand je réfléchi je ne me ferme pas de porte ».

Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir)

« Ca a été dur, mais au final je suis content car je ne pensais pas pouvoir continuer la traversée. Après le Golfe de Gascogne, le vent s’est renforcé, à un moment j’ai affalé le spi pour être prudent. Puis je l’ai remis car le vent a faibli. A ce moment une vague est passée. Dans le creux, le bateau s’est arrêté net, a enfourné jusqu’au pied de mat et après est parti à l’abattée. Tout était dans le mauvais sens, les ballasts bien sous le vent, mes bras et mes écoutes ont pété et le spi s’est enroulé autour du mât en faisant une grosse cloche et c’est ce qui a fait que je suis resté couché.

Je ne voyais pas du tout comment m’en sortir. J’ai essayé quelques trucs, mais ca ne fonctionnait pas, j’étais épuisé. Du coup je suis allé dormir, je n’étais plus en mode course, je devais attendre une molle pour monter dans le mât. A un moment le bulbe était en dehors de l’eau, j’ai pu affaler la grande voile, mais tout bâtait, le génois sous le bateau, le spi enroulé … je voyais le bateau rempli d’eau ; il fallait juste trouver la solution pour remettre le bateau droit !

Là j’ai dormi et bien récupéré ! J’ai passé beaucoup de temps à bricoler, réparer les petits trucs … Je n’ai pas beaucoup barré, je réorganise ma vie à bord et mes bidouilles pour avoir le bateau en mode course. Je pensais être dernier, mais au niveau météo les choses vont se jouer. Moralement ça revient tout doucement et je suis dans le match ».

Jeanne Grégoire (Banque Populaire)

« Bonjour à tous, tout va bien à bord, on aimerait bien un peu de soleil et quelques degrés en plus. On avait pris l’habitude d’aller plus vite dans le sud sur les précédentes transats, là il fait un peu frisquet ! Il y avait de l’air au cap Finisterre, comme prévu. J’avais prévu d’être sage car au portant dans la brise je ne suis pas super à l’aise et physiquement je ne tiens pas le coup. J’ai beaucoup dormi, donc j’ai tout affalé, j’ai rien cassé mais j’ai pris du retard ! J’aurai pu faire 2/3 heures de spi en plus, mais pour ne pas prendre de risque j’ai affalé. J’ai beaucoup de retard, mais il faut espérer que la situation en Atlantique redistribue les cartes, car j’ai perdu beaucoup de terrain ! L’avenir stratégique est vaste. On ne va pas passer par trop loin des Acores. J’ai du vent très instable. On va avoir une grosse transition bien merdique, et j’espère du vent pour lequel je vais accepter cette transition ! »

Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham)

« Ca allait jusqu’à ma journée noire d’hier. Sur les deux premiers jours de course, j’ai tapé plusieurs fois des billes de bois. Je suis parti en vrac avec un bout de bois coincé dans le safran. J’ai été obligé d’affaler et quand il y a 25 noeuds, ce n’est pas terrible. Une autre fois, j’étais dans le bateau et j’ai fait un arrêt buffet à 11/12 noeuds. Visiblement il n’y a rien sous la coque, donc ça va. J’ai repris ma route hier . Je me suis fait surprendre par le vent qui est rentré fort. J’étais sous petit spi dans 35 noeuds, avec une mer qui commençait à devenir vraiment mauvaise. J’avais prévu de réduire mais c’est monté à 40 noeuds et j’ai fait un gros planté, je suis parti à l’abattée. Il y a eu un peu de dégâts et j’ai passé du temps à remettre tout en ordre. J’ai perdu pas mal de terrain mais je pensais que ce serait pire. Le problème c’est que dans le départ à l’abattée, j’ai mon petit spi qui est mort. Mon tangon aussi, mais ça va j’en avais deux. Ca ne m’empêche pas de continuer à naviguer et de retrouver le potentiel du bateau. Ca m’a pas mal fatigué, du coup j’ai beaucoup dormi la nuit dernière. Je suis en pleine forme, la tête dans la météo, dans les fichiers. Je répare tous les petits bobos du bateau et j’essaie de voir ce qu’il va se passer ».