Lionel Lemonchois, l’autre doublé

Après Roland Jourdain (Veolia Environnement) auteur du premier doublé en monocoque Imoca dimanche, Lionel Lemonchois a remporté à son tour lundi après-midi la Route du Rhum pour la deuxième fois consécutive. Après son triomphe en 2006 à la barre de Gitana 11, Lemonchois s’est imposé cette année en catégorie Multi 50 sur Prince de Bretagne.

  Les arrivées s’enchaînent à Pointe-à-Pitre sur un rythme de plus en plus soutenu. Après Marc Guillemot (Safran), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) et Vincent Riou (PRB), arrivés cette nuit respectivement 3e, 4e et 5e en monocoque Imoca, c’était au tour de Philippe Monnet (La Boîte à Pizza) de terminer lundi matin (en Guadeloupe) en 5e position de la catégorie Ultime. Il ne reste plus que deux concurrents en mer dans cette catégorie, Gilles Lamiré (Défi Cancale) et Servane Escoffier (Saint-Malo 2015). Chez les Class 40, nordistes et sudistes ont fini par se rejoindre à 600 milles de l’arrivée. Thomas Ruyant (Destination Dunkerque), incontestable leader depuis 13 jours, s’est recalé à côté de son principal rival, Nicolas Troussel (CMB), à 69 milles en retrait.
 
 
Ultimes : Dernière ligne droite pour Gilles Lamiré et Servane Escoffier
Avec l’arrivée de Philippe Monnet aujourd’hui à Pointe-à-Pitre, ils ne sont plus que deux concurrents encore en course dans la catégorie des Ultimes. En coupant la ligne d’arrivée à 14 heures 10 minutes et  50 secondes ce lundi, le skipper de La Boite à Pizza en a donc terminé avec sa Route du Rhum – La Banque Postale, avec un temps de course de 15 jours 01 heures 08 minutes et 50 secondes, s’adjugeant ainsi la cinquième place. A un peu plus de 200 milles de la Guadeloupe, Gilles Lamiré (Défi Cancale) entame la dernière ligne droite dans des conditions de vent qui lui laissent espérer une arrivée sur la ligne demain mardi dans la soirée. 60 milles derrière, Servane Escoffier garde le sourire et la bonne humeur qui la caractérisent. La navigatrice est attendue à la barre de Saint-Malo 2015 dans la nuit de mardi à mercredi. Redouté et redoutable, le tour de l’île jouera les derniers arbitres et pourrait venir pimenter la fin de course des deux marins.
 
Philippe Monnet (La Boîte à Pizza) : « C’est un drôle d’Atlantique qu’on a eu cette année. Je crois que c’est la première course que je fais où je n’ai pratiquement pas touché les voiles. Je n’ai pas pris un ris dans la grand-voile et j’ai juste changé de gennaker quand le premier était fatigué. C’est quand même incroyable de traverser l’Atlantique sans toucher aux voiles ! Ce n’est pas pour ça que ç’a été plus rapide. »
 
Imoca : encore trois en mer !
L’un rit, l’autre pas ! Marc Guillemot (Safran) a de la mémoire. En 1998, il avait perdu la 3e place en restant englué sous le vent de Basse-Terre, pendant qu’un certain Franck Cammas le doublait par le large pour sa première grande course en trimaran. Douze ans plus tard, Guillemot a réalisé le même tour à Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3), 3e au moment d’aborder le tour de l’île papillon, mais collé à la piste par le dévent des hauts reliefs. Le skipper de Safran a donc arrondi cette zone sans vent pour transformer un retard de 30 milles le matin en une avance de 3 heures au passage de la ligne d’arrivée ! Gentleman, Jean-Pierre Dick reconnaissait son erreur et sa déception, lui qui visait le podium pour sa première course sur son nouveau 60 pieds Imoca signé VPLP/Verdier. Vincent Riou (PRB) était aussi déçu et constatait qu’il fallait essuyer les plâtres lors d’une première course de machines aussi sophistiquées. Entre autres problèmes, Riou a connu des soucis d’énergie et de ballast avant qui se remplissait tout seul à grande vitesse ! Derrière, Michel Desjoyeaux (Foncia) est attendu mardi matin en 6e position, quelques heures avant l’autre partisan de la route sud Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Pour Christopher Pratt (DCNS 1000), qui ferme la marche, la fin de course tourne au purgatoire. Privé d’énergie depuis jeudi, le jeune skipper doit barrer son bateau 20h sur 24. A moins de 200 milles de l’arrivée, il pourrait encore rester deux jours en mer avant une arrivée salvatrice.
 
Marc Guillemot (Safran) : « Autant j’aurais bien aimé la gagner, autant eux (Jourdain et Le Cléac’h, ndlr) la méritent vraiment parce qu’ils ont fait une course superbe tous les deux. Je suis bien content de partager un podium avec deux marins que j’apprécie beaucoup, et de grandes compétences. Ça me fait vraiment plaisir d’être avec eux sur une des trois marches. »
 
Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) : « Je pensais qu’il y aurait une brise de mer plutôt dans l’après-midi. J’ai attaqué trop tôt. Finalement, Marco (Guillemot, ndlr) a été impressionnant de lucidité. Il a fait l’option parfaite. Et moi je me suis un peu vautré dans mes choix. »
 
Vincent Riou (PRB) : « Personnellement, je suis déçu de ma 5e place. Ce n’était pas des conditions idéales pour un bateau neuf. Je ne connaissais pas très bien le bateau, il n’est pas encore éprouvé. Les conditions étaient assez radicales. Il fallait attaquer tout le temps. Les conditions de vent et de mer étaient difficiles. »
 
 
Les Multi50 : Lemonchois vers le doublé
A 17h52min48sec ce lundi, Lionel Lemonchois a franchi en grand vainqueur la ligne d’arrivée de cette 9e édition de la Route du Rhum – La Banque Postale, réalisant ainsi un doublé après sa victoire, en 2006, dans la catégorie Orma. Derrière le skipper de Prince de Bretagne, la progression de Lalou Roucayrol (Région Aquitaine – Port Médoc), Loïc Féquet (Maître Jacques) – remonté ce matin en deuxième position au pointage – et Philippe Laperche (La mer révèle nos sens) se fait dans un flux de nord-est d’une dizaine de noeuds. Ces concurrents, arrivés par trois routes bien différentes, doivent à présent négocier au mieux le contournement de l’île en évitant les zones de molles présentes sous le vent et composer avec la levée des brises. Leurs arrivées sont prévues au plus tôt en milieu de nuit. Pour leurs poursuivants, Erwan Leroux (FenétréA-Cardinal) et Erik Nigon (Axa Atout Cœur pour Aides) positionnés au sud-est de l’arc Antillais, l’alizé est toujours présent et irrégulier. De quoi promettre un joli duel entre les deux hommes – distants de seulement 9 petits milles – jusqu’à l’arrivée.
 
Class 40 : Vers un ralentissement devant…
Il reste 500 milles aux premiers concurrents de la Class 40 pour s’expliquer et défendre leurs intérêts. Toujours leader, Thomas Ruyant a dû affronter une nuit difficile mais productive qui lui a permis de creuser l’écart et de tenir en respect sa principale menace, Nicolas Troussel. 69 milles derrière, contre 38 hier à la même heure, le skipper de Crédit Mutuel de Bretagne a donc vu son retour entravé. Mais à bord de Destination Dunkerque, l’heure n’était pas pour autant aux réjouissances quant au fait d’avoir doublé la mise tant la météo ne laisse rien pour acquis. Ainsi le nordiste confiait-il ce midi s’attendre à un net ralentissement dans les prochaines heures. Il serait alors le premier à subir le coup de frein, voyant avec une angoisse certaine, le finistérien revenir dans son sillage. A 127 milles du leader, Jorg Riechers  (Mare.de) entretient sa place sur le podium, même s’il a vu lui aussi l’écart au premier s’accentuer en 24 heures.
 
Catégorie Rhum : Les deux leaders tiennent la cadence
Passés sous la barre symbolique des 1000 restant à parcourir jusqu’à l’arrivée, Andrea Mura (Vento du Sardegna) et Luc Coquelin (Pour le rire médecin) poursuivent leur duel à 160 milles de distance, un écart stable depuis maintenant quatre jours. Derrière les skippers Sarde et Guadeloupéen, pas facile de suivre la cadence d’autant que les conditions sont difficiles : vent de 30-35 nœuds avec des rafales à 35-40 nœuds sous les grains toujours très fréquents et une mer casse-bateau. Une situation qui corse les choses pour Julien Mabit (Monopticien.com) – toujours 3e au pointage – handicapé depuis hier par la perte de son solent mais aussi et surtout depuis ce matin par un problème de moteur dont l’huile s’est répandue à l’intérieur de son bateau. Heureusement, pour lui et pour les autres, avec l’éloignement de la dépression au cours des prochaines 48 heures, les conditions vont s’améliore rapidement. Ils vont en effet retrouver des vents portants d’ici à mercredi. De son côté, Yves Ecarlat (VALE Nouvelle Calédonie), poussé par un alizé très irrégulier, est toujours contraint de mettre du sud dans sa route