Logistique en cours pour l’escale technique de FONCIA

Vendredi 14 janvier, Michel Desjoyeaux et François Gabart devraient être sur les quais de Recife ou d’un port voisin pour remplacer la crash box de leur bateau. La logistique de ce pit-stop technique est en cours. Les travaux sur place pourraient durer une vingtaine d’heures. Vingt heures malheureusement nécessaires avant que les deux marins ne reprennent le fil d’une course qu’ils mènent depuis 11 jours tambour battant.

Les faits

Dimanche soir autour de 18h15 alors que FONCIA naviguait à pleine vitesse au portant, dans le nord de l’archipel du Cap Vert, Michel Desjoyeaux a contacté Jean-Paul Roux, le responsable sécurité du bateau, pour lui indiquer que le carénage de la crash box s’était arraché. La crash box est une pièce de mousse rapportée sur l’étrave, au niveau de la flottaison, qui sert de fusible en cas de choc avec un objet flottant.

La perte du carénage (couches de carbone qui recouvrent le pain de mousse) n’est pas un lourd handicap dans l’immédiat mais  » il est hors de question d’aller dans les mers du sud sans ce pare-choc qui a visiblement déjà rempli son rôle « , explique Michel.

L’équipe a donc décidé de faire une escale technique à Recife (5e ville du Brésil située sur la corne orientale de l’Amérique du Sud, dans l’hémisphère sud) ou dans un port voisin. Le choix de cette destination est un moindre mal : il permet de donner du temps à l’équipe technique pour s’organiser et évite aux marins de trop se détourner de la route normale de la Barcelona World Race.

Logistique en cours

Marc Liardet et Jean-Philippe Guillemot, les responsables de l’équipe technique de FONCIA, ont pris l’avion ce mardi et arriveront à Recife vers 21 heures. Avec l’aide d’un contact local, ils sont chargés de finir d’organiser la logistique d’arrivée du monocoque : remorquage, amarrage au port, levage éventuel…

Parallèlement, les spécialistes du composite au sein du Team Foncia sont en train terminer la fabrication d’une nouvelle crash box. Mercredi, ils prendront l’avion à leur tour avec le pain de mousse et du matériel de stratification. Pour pouvoir remplacer la pièce endommagée (retirer la mousse existante ou ce qu’il en restera, la remplacer par le nouveau bout d’étrave, coller celui-ci puis stratifier le tout avec du tissu carbone), toute la partie avant du monocoque doit être hors de l’eau. Pour ce faire, les moyens de levage de l’étrave et les conditions atmosphériques doivent être optimales (mer calme, absence de pluie). Il est donc très difficile, à cet instant, d’évaluer la durée des travaux. Jean-Paul Roux table toutefois sur une vingtaine d’heures pour mener à bien l’opération.

Le timing, le moral

FONCIA est attendu sur les quais brésiliens ce vendredi 14 janvier dans la journée. Il pourrait donc en repartir dès le matin suivant. Avec cette escale que tout le monde espère éclair, Michel Desjoyeaux et François Gabart vont certainement perdre quelques places au classement. Mais leur moral n’est pas entamé. Ils vivent un très beau début de tour du monde, au coude à coude avec Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron. Et la route est encore très longue. Au dernier classement de 15 heures ce mardi, FONCIA était toujours en deuxième position, à 83 milles de Virbac-Paprec 3. Dans quelques heures, la tête de course entrera dans le pot au noir et mercredi soir, François Gabart traversera l’équateur pour la première fois de sa jeune carrière de marin…

Ils ont dit :

Michel, à propos de l’état d’esprit de l’équipage :  » Le but du jeu est de repartir le plus vite possible du Brésil. La Barcelona World Race, c’est long. Il y a encore 22 000 milles à parcourir et plein de choses à faire. C’est un incident de mer auquel nous ne pouvons rien, du coup cela n’affecte pas particulièrement notre moral. Cela fait partie de la course. Bien sûr, cela ne fait pas plaisir de s’arrêter, ce n’était pas prévu au programme, mais cela ne nous empêche pas de continuer à avancer, à faire marcher le bateau. Lorsque nous repartirons du Brésil, une partie du paquet sera peut-être repassée devant nous, mais c’est le jeu, nous n’avons pas trop le choix.  »

A propos du démâtage de Jean Le Cam et Bruno Garcia (Président), survenu lundi en fin de journée :  » Le mât, malgré toutes les attentions qu’on lui prête, fait partie des éléments sensibles de ces Imoca 60. A ce sujet, nous avons fait une figure libre il y a deux jours et nous ne faisons pas les malins. Nous avons aussi cassé une écoute de voile d’avant. Cela a fait un énorme crack et avec François, notre première réaction a été de penser que nous venions de démâter ! Tout cela ne faisait pas partie des plans de Jean et Bruno, c’est sûr. Nous sommes désolés pour eux, ça ne doit pas être drôle d’autant qu’ils réalisaient un joli début de course. «