Majan a repris la mer aujourd’hui au départ de Singapour

L’équipage du maxi trimaran Majan a repris la mer ce matin au départ de Singapour pour boucler la 5ème et dernière étape de son tour de l’Océan Indien, entrepris le 6 mars dernier au départ du Sultanat d’Oman.

 Le A100 aux couleurs d’Oman Sail est donc sur le point d’achever une navigation riche d’enseignements sur son potentiel et son extrême fiabilité sur un parcours de  15 000 milles passant par le travers de 5 grands caps : Ras Al Haad à Oman, Agulhas en Afrique du Sud, Leeuwin en Australie, Plai en Malaisie et Comorin en Inde.

 Il reste cependant encore 2 300 milles à Majan et un passage devant le Cap Comorin au sud de l’Inde, presqu’à mi-chemin entre Singapour et Oman, pour achever cette grande boucle à laquelle participe Sidney Gavignet, futur skipper du A100 pour la Route du Rhum 2010.

 Le français qui a embarqué à Cap Town, au départ de la 3ème étape, continue de s’imprégner de sensations, peaufine ses réglages tout en participant à la formation des Omanais embarqués sur cette magnifique monture de 32m. Le partage de connaissance avec les deux élèves de la section Course de l’Académie de Voile d’Oman fait partie intégrante de la philosophie du projet Oman Sail, et Sidney n’a pas hésité pas à les faire entrer dans son univers « pré-Route du Rhum. »

 Si le parcours de reconnaissance de cette 5 Capes Race n’est pas une compétition à part entière, Sidney l’a cependant abordée comme telle. Dès qu’il monte sur le pont, il surveille les réglages comme si un classement intermédiaire en dépendait, et ne cède rien à la barre. Un rythme qui fait prendre à Moshin et Mohammed toute la mesure de l’intensité des grandes épreuves de course au large.

 Pour cette dernière étape, petit changement dans le rôle d’équipage. Yann Regnault a débarqué, chargé d’informations précieuses qui serviront à dessiner les futures voiles de Majan pour la prochaine Route du Rhum. L’étape entre Fremantle et Singapour a offert en effet suffisamment de combinaisons météo pour permettre au  maître voilier North Sail de repartir avec des idées très précises sur la prochaine garde robe du maxi trimaran.

 Yann sera remplacé par un troisième Omanais, Ali Ambusaidi, l’un des piliers de la toute nouvelle Académie de voile du Sultanat. Membre de l’Oman Air Force pendant 22 ans, Ali est désormais complètement dédié, comme instructeur, à la formation de la jeunesse omanaise aux pratiques de la voile sportive et récréative, un sport qu’il avait déjà pratiqué pendant sa carrière dans l’Air Force. C’est un équipier qui sera particulièrement attentif au comportement de Sidney en mer puisqu’Ali ne cache pas ses ambitions d’être le premier Omanais à disputer une épreuve de voile en solitaire.

 Il retrouvera à bord Mohammed et Mohsin qui sont sur Majan depuis le départ de Mascat en mars dernier.

une dizaine de jours d’escale, j’ai hâte de retrouver le bateau en action.  Je continue à apprendre et je me sens de plus en plus en harmonie avec sa respiration, que ce soit dans le petit temps ou dans les coups de chien, comme nous en avons connus dans le sud de l’indien. Majan est un bateau particulièrement sain. Si j’avais un peu d’appréhension en abordant cette préparation à la Route du Rhum, puisque que ce sera ma première course en solitaire sur multicoque (et quel multi !), tout a disparu  maintenant car je sais que je peux compter à 200% sur Majan. »

 La seule petite ombre au tableau de cette 5ème et dernière étape sera la chaleur écrasante qui va présider à cette dernière navigation. Chaleur, mais aussi manque de vent. Pas de quoi démoraliser Sidney cependant.

 « Nous sommes en pleine zone de transition météo, entre la mousson de Nord-Est et celle de Sud-Ouest. Il n’y a pas grand-chose à faire à part rester stoïques ! Pour couvrir ces 2 300 milles, nous estimons que nous pouvons en avoir entre 10 et 15 jours. Pas facile en effet d’être précis avec ces conditions de navigation. Mais cela me va,  il y a toujours quelques chose à apprendre pour moi sur Majan, quelque que soient les conditions extérieures. »

Rendez-vous donc à Mascat vers le 10-11-12 mai où une immense fête populaire est en préparation pour accueillir l’équipage pour son retour au pays.

L’équipage de Majan pour cette 5ème étape : Singapour – Mascat

Marc Lagesse (Afrique du Sud)

Mark Covell (GB)

Mohammed Al Ghailani (Oman)

Mohsin Al Busaidi (Oman)

Paul Standbridge (GB)

Sidney Gavignet (F)

Ali Ambusaidi (O)

 Rappel des caractéristiques du A100 MAJAN

Le premier A100 a été mis à l’eau en août 2009 à Oman. Construit en Australie et assemblé à Oman, Majan est la première unité d’une flotte de trimarans monotypes imaginée par Oman Sail et qui devrait s’imposer dans les années à venir dans un calendrier de courses moyen-orientales et asiatiques. Grâce notamment à un plan de voilure polyvalent, le A100 est conçu pour évoluer aussi bien dans les conditions extrêmes des mers du Sud que dans les petits airs du nord de l’Océan Indien. Dépourvu de mât basculant ou de foils, et équipé d’un plan de pont différent de ses concurrents, les courbes de performances du A100 sont très proches de celles de son sistership Sodeb’O dont les moules de coques et de bras de liaisons ont été utilisés pour construire Majan.

 OMAN SAIL

Le projet Oman Sail a été mis en place en 2008 avec pour objectif de contribuer à raviver la culture maritime du Sultanat d’Oman et d’être une source d’inspiration pour la jeunesse du pays. La feuille de route d’Oman Sail comprend des navigations océaniques hi-tech et de la régate professionnelle au plus haut niveau avec en ligne de mire de susciter l’intérêt de la jeunesse omanaise  à monter sur un bateau pour la première fois et de se créer ses propres rêves.

Ce cœur de ce projet est l’Ecole de voile Oman Sail qui permet aux jeunes garçons et filles d’Oman de s’essayer à la navigation pour leur propre plaisir et développement. L’objectif est de permettre aux écoles d’utiliser la Voile comme outil pédagogique pour construire chez les enfants la notion d’esprit d’équipe, la compréhension des mathématiques ou de la géographie et de créer une large plateforme d’où émergeront des marins de différentes régions du pays qui poursuivront leur formation dans l’Ecole de Course Oman Sail, ou qui se tourneront vers des métiers de la mer comme l’industrie nautique et les infrastructures qui permettront un développement durable de la voile à Oman.

La création de modèles comme Mohsin Al Busaidi, le premier Arabe à naviguer sans escale autour du globe en mars 2009, comme les Omansais engagés sur Tour de France à la Voile et  sur le circuit de l’European Extreme a déjà commencé à porter ses fruits. Deux ans après la mise en place du projet Oman Sail, de nombreux jeunes Omansais et Omansaises ont retiré de ces exemples un enseignement précieux : avec de la détermination et beaucoup de travail, tout est possible.