Mets du charbon, t’occupe pas des signaux…

  Comme une locomotive folle, la flotte des Class 40 profite des conditions de vent soutenu sur zone pour filer à grande vitesse vers la pointe de l’Espagne. Les records de vitesse tombent les uns après les autres et Telecom Italia ouvre toujours la route devant une bande de furieux qui dansent devant le buffet d’une première place qui, sauf incident, semble promise à Giovanni Soldini et Karine Fauconnier. Sur une route un peu plus nord, Wilfrid Clerton et Loïc Lehelley (CG Mer) ont réussi à s’emparer de la deuxième place.

  

Journée pour hommes forts… Quand le vent monte, il faut savoir tenir alors que le bateau s’emballe, que la moindre faute de barre peut entrainer le bateau dans un départ au lof qui se solde au mieux par un arrêt complet, au pire par une avarie (spi déchiré, tangon malmené). On est bien tenté de lever le pied, mais la surenchère de la concurrence l’empêche et la griserie d’une conduite sur le fil ôte toute velléité de devenir un peu plus raisonnable. A ce petit jeu, les meilleurs équipages sont ceux qui conservent la lucidité suffisante pour continuer de s’alimenter correctement, pour trouver des temps de repos et passer le temps minimum nécessaire sur la table à cartes. Quelques équipages ont d’ores et déjà signalé quelques petits soucis techniques comme « EDF énergies nouvelles Vestas » ou bien encore « PLAN, les enfants changeront le monde » : déchirure dans le spi pour l’un, rupture de la sangle de point d’amure pour l’autre, rien de dramatique mais l’obligation de transformer une part du plancher du bateau en atelier couture.

 Des milles qui vaudront cher  

Tenir le rythme est d’autant plus nécessaire que les prévisions météorologiques annoncent un nouvel affaiblissement à venir du vent sur zone. Dans ce cas, les milles gagnés ou perdus prendront d’autant plus de valeur que, convertis en temps, ils contribuent largement au gonflement ou la perte du capital des uns et des autres. Rester le plus longtemps possible à l’avant du petit front qui affecte la zone permettra aussi de garder des moyennes élevées plus longtemps. Ce n’est peut-être pas un hasard si l’on voit certains équipages à la couenne endurcie par le nombre de milles parcourus en course réaliser quelques unes des meilleures moyennes, à l’instar de Groupe Partouche (Christophe Coatnoan – Halvard Mabire) qui se maintient en huitième position tout en comblant son déficit en latitude. Pendant ce temps, Telecom Italia poursuit son travail de sape…

 Ils ont dit

Christian Chardonnal  (Neurodon)

« On marche à 12-13 nœuds en permanence. On a de la brume et du crachin, ce n’est pas très drôle. On essaye de rattraper notre retard, mais je ne vois pas beaucoup d’options possibles. Pour l’instant on essaye surtout de faire de la vitesse. Cette nuit, on a bien bossé sur le pont, donc on était un peu fatigué.»

 

Karine Fauconnier (Telecom Italia)

« On essaye de se faufiler entre la dorsale au sud et le vent fort au nord. Pour l’instant, ça marche bien, on a 16-17 noeuds.  Pour les gars qui sont au nord, on va les laisser attaquer par ce côté là, mais nous on n’a pas envie d’y aller. Ça risque de revenir un peu par derrière avec la prochaine petite dépression qui est entrain de se former, mais bon, c’est l’effet accordéon.» 

  

Classement au 18 juillet à 14h (TU+2)

1 – ITA 55 Telecom Italia (Giovanni Soldini – Karine Fauconnier) à 657 milles de l’arrivée

2 – FRA 64 CG Mer (Wilfrid Clerton – Loïc Lehelley) à 16 milles

3 – GBR 43 Palanad II (Nicholas Brennan – Alex Alley) à 25 milles

4 – GER 53 Tzu-Hang (Axel Strauss – Juerg Burger) à 30 milles

5 – GBR 42 Keysource (Paul Worswick – Ian Bartlett) à 31 milles

6  – BEL 81 Zed 4 (Gérald Bibot – Didier Le Vourc’h) à 37 milles

7 – FRA 50 Techneau (Gilles Dutoît  – Benoît Daval) à 53 milles

8 – FRA 60 Groupe Partouche (Christophe Coatnoan – Halvard Mabire) à 65 milles

9 – FRA 25 Appart City (Yvan Noblet – Damien Guillou) à 76 milles

10- FRA 71 Rev’ 86 Fantasy Forest (Pierre-Marie Bazin – Jean-Christophe Caso) à 79 milles