MICHEL ROTACH EN GRAND SURPRISE REMPORTE LA 37ÈME TRANSLEMANIQUE EN SOLITAIRE

 

Genève, le 29 août 2010 – Ce sont des conditions typiquement lacustres qui ont accueilli les 99 concurrents au départ de cette 37ème édition de la Translémanique en solitaire. Avec de bonnes conditions de vent dès les premiers bords, les navigateurs ont pu s’extirper rapidement du petit lac en direction de Lutry, marque de mi-parcours. L’imposante flotte des 20 Grand Surprise, ainsi que l’armada des 42 Surprise, s’est vite dispersée sur le plan d’eau, privilégiant telle ou telle option tactique pour prendre le large. Au terme d’une course à suspens, comme seul le Léman sait en produire, Michel Rotach sur TWISTER (Grand Surprise – SUI38) remporte l’épreuve en temps compensé (tenant compte des coefficients de rating), alors que Serge Patry sur PERCHETTE (Luthi 34 – SUI34) s’impose pour la troisième fois en temps réel. 

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Malgré un ciel peu avenant et des conditions de température plutôt fraîches, les 99 marins solitaires au départ ont eu l’heureuse surprise de constater que la brise était au rendez-vous samedi matin, à 9h30, lors du coup de canon donné au large de la Société Nautique de Genève. Situation automnale donc pour cette course mythique qui soufflait ses 37 bougies.

Dans ces conditions typiques du Léman, avec ses trous de vent, ses brises locales et ses renverses soudaines, il faut avoir le cœur bien accroché pour parcourir les 60 miles du parcours. Il n’est alors pas rare de voir devant soi un bateau bâbord amure à quelques dizaines de mètres, alors que l’on se trouve tribord amure. Pis, il faut rester concentré lorsque le concurrent qui se trouve à quelques encablures sous le vent prend d’un seul coup « une pompe » qui le propulse loin devant en quelques secondes, alors que l’on reste immobile, le spi en berne. Mais la roue tourne et le retard concédé peut bien vite être comblé au bénéfice d’une risée bien négociée.

Une course dans la course

Parmi les séries les plus représentées, les Surprise n’alignent pas moins de 42 unités, avec certains des meilleurs spécialistes à leur bord, combinant une longue expérience du lac, du bateau et des manœuvres en solitaire. On pense notamment à Christian Toso sur Séchard Express, Olivier Beck sur BechO Menuiserie, Cyrus Golchan sur Mirabaud 1 ou encore les sœurs Metraux, Justine et Elodie, respectivement sur CER 1 et 2. Au final, c’est Christian Toso qui l’emporte en 12h43min devant Nicolas Anklin sur CER 3. Au classement final compensé, pas moins de neuf Surprise se glissent parmi les vingt premiers.

Chez les Grand Surprise également la bataille fait rage, poussant les concurrents à se surpasser pour devancer « la meute » de 20 navires inscrits. Le bateau est rapide et parfaitement adapté pour les courses en solitaire. Preuve en est, les barreurs de Grand Surprise sont de plus en plus nombreux chaque année à prendre le départ. De plus, grâce un bon coefficient de rating, le Grand Surprise est un sérieux prétendant à la victoire finale. Cette année, Michel Rotach s’impose dans la classe des Grand Surprise mais également au classement général en temps compensé, au terme d’une superbe course qu’il mena au coude à coude avec Ad Maiora (FRA176), skippé par Benoît Morelle. Une minute seulement sépare les deux concurrents sur la ligne d’arrivée, alors que Morelle avait trois minutes d’avance sur Rotach à la marque de mi-parcours à Lutry.

 

Récit de la course :

Lors du départ, l’axe du vent quelque peu chaotique a rapidement permis aux navigateurs de se mettre dans le bain. Une grande concentration est alors de mise pour ne pas manquer le train des premiers airs et prendre les devants pour s’échapper des conditions perturbées de la ligne. Un groupe de bateaux se dégagent rapidement au pré bon plein jusqu’à Versoix. Puis, après un léger trou de vent, la bise s’installe et permet au groupe de tête de filer le long de la côte française en direction d’Yvoire, puis de Lutry lors d’un long bord bâbord amure. Parmi eux, Cross System (F 581), un First 40.7 barré par Eric Arnulf prend le large, alors que les Grand Surprise Ad Maiora (F176) de Benoît Morelle, Wahou Two (SUI222) de François Séchaud et Twister (SUI38) de Michel Rotach lui emboîtent le pas. Les Luthi Perchette (SUI34) de Serge Patry et 50ème Hurlants (SUI27) de Olivier Pictet se tiennent en embuscade. Après la marque de mi-parcours, la bise continue son effet bénéfique et pousse ainsi les premiers concurrents en direction de Saint Prex sous spi asymétrique. Cross System mène encore ce peloton de tête, alors que derrière un gros trou s’est formé sur les poursuivants, principalement des Grand Surprise. A la bouée de Saint Prex, Ad Maiora passe en tête, suivi de Twister et Cross System relégué en troisième position. La fin de journée approche et le vent se fait capricieux. Les risées sont éparses, les bascules soudaines jusqu’à ce que la bise puisse s’établir à nouveau. Tantôt le spi se gonfle pour imprimer une bonne vitesse au bateau, puis, en quelques mètres il pend dans l’eau, comme pour tester les nerfs du barreur qui jette un coup d’œil frénétique à son concurrent direct. A ce petit jeu, Twister accroche soudain le bon wagon lui permettant de prendre 800 mètres d’avance, lorsque le vent tourne en bise jorassante pour accompagner les concurrents de tête jusqu’à Genève. Dans ces conditions idéales, Perchette accélère vite et Serge Patry refait son retard au prix de quelques départs au lof.

Sur la ligne d’arrivée, Perchette s’impose finalement après 10h23min de course. Les 10 premiers bateaux se tiennent quasiment dans un mouchoir et le suspens a tenu les concurrents et les spectateurs en haleine jusqu’au bout de la course. Michel Rotach, vainqueur en temps compensé confie : « Avec Ad Maiora, nous avons fait toute la course au contact, sans jamais se quitter de plus de 800 mètres. Au final, je suis une minute devant lui, soit une cinquantaine de mètres seulement après plus de 10h30min de course. C’est la troisième fois que je gagne cette course dans la classe des Grand Surprise, mais c’est la première fois en temps compensé. Je me suis bien amusé. C’était vraiment sympa de se retrouver au contact avec les autres bateaux en permanence. Je vais maintenant me remettre de mes courbatures après tant d’heures passées à la gîte sur les cale-pieds… et puis les bras qui tétanisent à la barre, c’est sympa pour envoyer le spi… ! »